Les Canadiens plus malades atteints de maladies chroniques sont confrontés à de nombreux obstacles en matière d'accès aux soins de santé

Le Conseil canadien de la santé publie les résultats du Sondage international 2011 du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé
TORONTO, le 12 déc. 2011 /CNW/ - Le Conseil canadien de la santé a fait paraître aujourd'hui les résultats du Sondage international 2011 du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé. Le bulletin, intitulé Comment les Canadiens plus malades atteints de maladies chroniques évaluent-ils le système de soins de santé?, compare les expériences vécues par les Canadiens plus malades atteints de maladies chroniques à celles du grand public.
Les Canadiens plus malades déclarent utiliser davantage les services de santé que l'ensemble de la population. Ils sont plus susceptibles d'être hospitalisés, de subir une intervention chirurgicale, d'aller aux urgences et de prendre des médicaments sur ordonnance que le grand public. La plupart des répondants de ce groupe sont âgés de 50 ans ou plus, 34 % étant des adultes de moins de 50 ans.
En plus d'utiliser plus fréquemment les services de santé, les Canadiens plus malades se trouvent confrontés à des obstacles considérables d'accès aux soins de santé - les coûts étant l'un des principaux d'entre eux. Près d'un quart (23 %) disent avoir sauté une dose de médicament ou ne pas avoir fait remplir une ordonnance en raison des coûts, contre seulement 10 % de l'ensemble de la population. C'est un facteur notable, car 90 % des Canadiens plus malades prennent au moins un médicament sur ordonnance, tandis que 54 % en prennent quatre ou plus. En outre, un répondant sur huit (12 %) dit ne pas avoir fait un examen médical ou un suivi recommandé en raison des coûts, contre seulement 5 % de l'ensemble de la population.
Les Canadiens plus malades disposent généralement (59 %) d'un revenu du ménage inférieur à la moyenne et ont un niveau d'instruction inférieur à celui de l'ensemble de la population. En plus des coûts primaires des soins et des médicaments, ces facteurs peuvent entraîner des coûts secondaires qui mettent un frein à l'accès aux soins - par exemple coûts des déplacements pour aller à un rendez-vous, frais de garde des enfants et absences du travail. En fait, 12 % des Canadiens plus malades disent ne pas consulter de médecin en raison de considérations financières, contre seulement 4 % de l'ensemble de la population. Plus d'un quart des services de santé au Canada sont pris en charge par des sources privées, c'est-à-dire directement par les patients ou par des régimes d'assurance privés.
« Les expériences vécues par les patients atteints de maladies chroniques peuvent nous en dire long sur la qualité du système de santé dans son ensemble et sur les progrès que nous avons accomplis, a déclaré John G. Abbott, chef de la direction du Conseil canadien de la santé. Ces données nous indiquent que nous devrions nous préoccuper du grand nombre de Canadiens qui n'ont pas toujours pas les moyens financiers de traiter leurs maladies chroniques. Nous devons remédier immédiatement à ce problème, car les médicaments qui permettent de prévenir les complications dues aux maladies chroniques sont essentiels pour améliorer la qualité de vie des particuliers et réduire les coûts pour le système de soins de santé. »
Le sondage montre aussi que les Canadiens plus malades sont confrontés à plus de problèmes de coordination des soins. Les patients atteints de maladies chroniques sont plus susceptibles de consulter de multiples prestateurs de soins et spécialistes, et pourtant ils sont moins nombreux à dire qu'ils bénéficient toujours de l'aide du cabinet de leur médecin pour coordonner les autres soins dont ils ont besoin.
Par ailleurs, les Canadiens plus malades se sentent moins mobilisés envers leurs soins de santé que le grand public. Seuls 64 % considéraient que leurs médecins leur donnaient des explications aisément compréhensibles et un pourcentage encore moindre (55 %) pensait ne pas disposer d'assez de temps avec leur médecin. « Nous devons aider les Canadiens plus malades à se sentir davantage mobilisés, car nous savons que les patients plus mobilisés se considèrent en meilleure santé et font une meilleure utilisation des services et des ressources de santé », a déclaré M. Abbott.
« C'est important que mes médecins connaissent mes antécédents médicaux et soient au courant de mes résultats de santé, car il peut être difficile de gérer des maladies multiples, a expliqué Frank Austin, un défendeur des patients et un survivant d'AVC. Il faut améliorer les communications entre les prestateurs de soins pour ne pas gaspiller de temps et pour réduire les risques d'erreur pour mes soins. »
Mais ce sondage a aussi donné certains résultats positifs pour les Canadiens plus malades : un plus grand nombre d'entre eux avaient un médecin attitré ou une clinique habituelle (96 %, contre 86 % pour l'ensemble de la population). Ils trouvaient aussi plus facile d'obtenir des soins après les heures de service ou d'avoir un rendez-vous avec un médecin le jour même ou le lendemain. Bien que ces résultats s'annoncent prometteurs dans l'ensemble, ils montrent qu'il nous reste certainement du travail à faire.
Le rapport présente des recommandations sur les moyens d'éliminer les obstacles financiers à l'achat des médicaments sur ordonnance et les entraves qui empêchent les patients d'obtenir des examens et des traitements recommandés. Le rapport considère aussi des solutions autres que les visites personnelles - comme la télémédecine, les consultations par courriel et au téléphone - afin de réaliser des économies de coûts, de temps de déplacement et de ressources. Pour améliorer la coordination des soins, les dossiers médicaux électroniques constituent un outil important dont la mise en place se fait trop attendre au Canada. Enfin, le rapport incite les médecins, les décideurs de politiques et les patients à travailler ensemble à des solutions pour accroître la mobilisation des patients et renforcer leur participation aux soins de santé.
À propos du sondage
Le Sondage international 2011 du Fonds du Commonwealth sur les politiques
de santé reflète les perceptions d'un échantillon aléatoire d'environ
19 000 adultes dans 11 pays membres de l'OCDE : Australie, Canada,
France, Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Suède, Suisse,
Royaume-Uni et États-Unis. Les participants, parmi lesquels se
trouvaient 3 958 Canadiens, ont été interviewés au téléphone de mars à
juin 2011. Le Conseil canadien de la santé a parrainé une partie de
cette étude avec Qualité des services de santé Ontario et le
Commissaire à la santé et au bien-être du Québec.
www.cmwf.org.
À propos du Conseil canadien de la santé
Créé dans la foulée de l'Accord de 2003 des premiers ministres sur le renouvellement des soins de
santé, le Conseil canadien de la santé est un organisme national indépendant
qui prépare des rapports sur les progrès dans le renouvellement des
soins de santé au Canada. Le Conseil offre une perspective globale du
système de santé face à la réforme des soins au Canada et diffuse à
travers le pays de l'information sur les pratiques novatrices et
l'innovation. Ses conseillers sont nommés par les gouvernements
provinciaux et territoriaux participants et par le gouvernement du
Canada.
Pour télécharger les rapports du Conseil canadien de la santé et d'autres renseignements le concernant, consultez le www.conseilcanadiendelasante.ca.
Bas de vignette : "Comment les Canadiens plus malades atteints de maladies chroniques évaluent-ils le système de soins de santé? (Groupe CNW/Conseil Canadien de la Santé)". Lien URL de l'image : http://photos.newswire.ca/images/download/20111212_C5590_PHOTO_FR_8113.jpg
Renseignements : Pour plus de renseignements ou pour obtenir une entrevue, veuillez communiquer avec :
Yeena Peng, gestionnaire, Relations avec les médias, Conseil canadien de la santé
ypeng@conseilcanadiendelasante.ca, B : 416 480-7100, C : 416 407-2635