• 13 février 2007 16:06
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Le système national de télédiffusion n'appartient pas à Pierre-Karl Péladeau !


    MONTREAL, le 13 fév. /CNW Telbec/ - Le Syndicat des communications de
Radio-Canada (FNC-CSN) estime que la crise artificielle provoquée par les deux
grands câblodistributeurs cache un mal plus profond, celui de l'érosion du
modèle de financement de l'ensemble du système canadien de radiodiffusion.
N'oublions pas que ses objectifs sont, de par la loi, de protéger la
souveraineté de nos ondes et de renforcer notre production nationale.
    Dans ce modèle financier en crise, la Société Radio-Canada est également
en crise profonde. Les restrictions budgétaires de la décennie précédente se
sont traduites par un transfert d'une partie des crédits parlementaires
destinés au diffuseur public vers les producteurs privés. Des producteurs
privés qui ne réinvestissent pas plus de 3 % de leurs fonds propres dans la
production, comme le démontrent les données de l'Institut québécois de la
statistique. Les règles du FCT obligent Radio-Canada à faire affaire avec ces
producteurs grassement subventionnés pour remplir sa programmation, des règles
qui handicapent la créativité et les économies d'échelle de tous les
diffuseurs hertziens, publics comme privés. Le Syndicat estime que la crise
actuelle du financement de la production télévisuelle a clairement démontré la
faillite du système mis en place à la fin des années 80. Ce système n'a pas
permis de créer une industrie privée de la production en santé, mais plutôt un
système de bien-être social déguisé.
    Autre conséquence des excès subventionnels aux producteurs privés : les
difficultés de la régionalisation de la production, souhaitée sur papier tant
par les parlementaires que par le CRTC. La montréalisation selon le modèle du
"Plateau Mont-Royal" ne reflète pas le Québec et encore moins le Canada. Seul
un financement adéquat de la production destiné à une institution nationale
responsable permettra le maintien d'une culture identitaire dont le Canada a
besoin.

    Dans ce contexte pressant, le SCRC préconise les mesures suivantes :- La définition rapide par le gouvernement et le Parlement d'une nouvelle
      politique de financement du système de radiodiffusion canadien
      recentrée sur l'intérêt public et rétablissant l'équilibre entre le
      diffuseur public et la production privée
    - La modification des règles de fonctionnement du FCT afin de permettre
      aux diffuseurs conventionnels, publics et privés, de produire une large
      part de leurs productions sans passer par des tiers.
    - L'intervention du Parlement pour mettre de l'ordre dans le financement
      public de la production indépendante. Revenu Canada et le Vérificateur
      général ont tour à tour soulevé des doutes sur la manière dont les
      fonds publics sont utilisés. Il est grand temps que la lumière soit
      faite sur l'utilisation de ces subventions déguisées.
    - Le Syndicat des communications de Radio-Canada appelle enfin le
      Parlement canadien, de qui relève la Société Radio-Canada, à appuyer
      fermement le diffuseur public en allouant un financement pluriannuel
      stable qui puisse permettre la production d'émissions de télévision de
      qualité reflétant l'originalité de la culture propre à ce pays.Le Syndicat des communications de Radio-Canada représente 1500 employés
au Québec et à Moncton, oeuvrant en ondes comme à la production.



Renseignements: veuillez communiquer avec : Alex Levasseur au (418)
951-3052 ou au (514) 842-4020