UNE ÉTUDE PRÉVOIT UNE IMPORTANTE PÉNURIE DE MAIN-D'ŒUVRE ET DE PERSONNEL QUALIFIÉ DANS LE SECTEUR DES TECHNOLOGIES AU CANADA

Les emplois des TIC se transforment. La main-d'œuvre et les compétences doivent se renouveler. Le secteur est prêt à agir.

TORONTO, le 29 mars /CNW/ - Le secteur canadien des TIC, qui englobe les travailleurs des technologies de l'information et des communications au pays, aura à faire face à une inquiétante pénurie de main-d'œuvre et de personnel qualifié au cours des cinq prochaines années. De concert avec l'Association canadienne de la technologie de l'information (ACTI), le Conseil des technologies de l'information et des communications (CTIC) publie aujourd'hui un rapport intitulé Perspective sur les ressources humaines dans le marché du travail des technologies de l'information et des communications - 2011 à 2016. Ce rapport met en lumière la pénurie envisagée et brosse le tableau actualisé du marché de l'emploi des TIC, lequel a considérablement changé. Le CTIC signifie par ailleurs que tous les intervenants du secteur (l'industrie, l'éducation, les associations pertinentes et le gouvernement) sont au fait de la pénurie de personnel qualifié appréhendée, et qu'ils sont prêts à agir.

Ce nouveau rapport met en évidence le fait que la plupart des régions du pays connaîtront une situation où la demande de main-d'œuvre en TIC surpassera largement l'offre disponible, et ce, pour la majorité des groupes professionnels du secteur. Ainsi, les employeurs qui voudront embaucher des travailleurs pour occuper des postes des TIC nécessitant cinq ans ou plus d'expérience se buteront à une pénurie systémique. Cette dernière sera encore plus marquée pour les employeurs qui seront à la recherche de spécialistes des TIC disposant de compétences de pointe dans certains domaines, comme le marketing, la comptabilité ou les finances.

Les conclusions de l'étude dessinent par ailleurs un nouveau portrait du marché de l'emploi dans le secteur des TIC, résultat de profonds changements. L'industrie a désormais besoin de travailleurs disposant d'un ensemble de compétences de pointe (notamment pour la conception et l'analyse de systèmes dans le cadre d'activités de marketing, d'exploitation ou de gestion des RH), ou encore de travailleurs capables de jumeler une expertise des TIC et une expérience pertinente dans un autre domaine (comme la télésanté, les services financiers électroniques ou les médias numériques).

Au cours des cinq prochaines années, les employeurs canadiens auront besoin d'environ 106 000 travailleurs des TIC. Voici quelques-uns des autres faits saillants du rapport.

  • Il existe un écart indiscutable entre les besoins de l'industrie en matière de main-d'œuvre et la capacité du marché du travail à fournir le personnel qualifié nécessaire, un état de fait qui touche l'ensemble des régions du pays.
  • La pénurie la plus importante restera celle des analystes et des consultants de systèmes d'information (soit le principal groupe professionnel des TI au Canada) étant donné que l'offre disponible figure bien en deçà de la demande pour de tels postes exigeant des compétences complexes.
  • La plupart des nouveaux diplômés dont la formation comprenait un stage ou une portion d'enseignement coopératif n'auront aucun mal à décrocher un emploi pertinent; ceux pour qui ce n'était pas le cas devront attendre davantage avant de trouver l'emploi qui leur convient.
  • Le déséquilibre entre les sexes observé dans les emplois des TIC (c'est-à-dire la prédominance masculine, à raison de 75 % de tous les postes des TIC) est de nature à limiter le bassin de travailleurs qualifiés pour répondre aux besoins de l'industrie, ce qui n'aide en rien la pénurie de personnel qualifié au Canada.
  • Les professionnels formés à l'étranger arrivés récemment au Canada, qui n'ont aucune expérience canadienne, éprouveront d'énormes difficultés à obtenir un emploi en TIC qui correspond à leurs qualifications, à moins qu'ils ne soient à l'aise en français ou en anglais.

« L'éventuelle crise liée à la pénurie de main-d'œuvre et de personnel qualifié apparaît comme l'un des enjeux les plus déterminants auxquels fait face aujourd'hui le secteur des TIC, affirme Bernard Courtois, président et directeur général de l'ACTI. La mobilité professionnelle mondiale, les changements technologiques, la démographie, la baisse des effectifs et les pratiques d'investissement changeantes convergent ici pour provoquer une insuffisance marquée du nombre de travailleurs qualifiés du secteur des TIC. L'ACTI et les autres intervenants sectoriels ont confié au CTIC le mandat de clarifier les facteurs qui expliquent ces tendances et de préparer des prévisions en fonction des différentes régions et des divers groupes professionnels, rappelle M. Courtois. Nous disposons maintenant de données d'enquête récentes et de l'analyse novatrice d'experts bien en vue au Canada afin d'évaluer les tendances et les perspectives qui nous permettront de recommander et de mettre en œuvre des mesures correctives. »

L'étude confirme les nouvelles tendances déjà constatées par le CTIC, par l'ACTI et par d'autres associations nationales, ainsi que par le gouvernement fédéral et la communauté de l'éducation postsecondaire. Les perspectives du marché du travail publiées en 2008 par le CTIC mettaient en lumière des conclusions probantes, si bien que les intervenants sectoriels se sont employés depuis à réduire l'ampleur du manque à gagner en matière de main-d'œuvre et de personnel qualifi��. Plus d'une centaine de ces organismes, y compris le CTIC et l'ACTI, ont pris les devants et ont conseillé le gouvernement du Canada en vue de mettre sur pied la Stratégie sur l'économie numérique qui doit prendre forme au cours des prochains mois.

En outre, le CTIC a voulu mettre l'accent sur l'intégration de professionnels formés à l'étranger au sein de l'industrie canadienne. D'une part, il a mis à contribution son initiative éducative « Focus sur les technologies de l'information » (FTI), destinée aux élèves du secondaire, afin de mieux faire connaître les possibilités d'emplois dans le domaine des TIC. D'autre part, le Conseil a tenu compte de la complexité et des changements qui caractérisent le marché du travail des TIC en intégrant des renseignements sur la télésanté et les médias numériques dans les données de recherche liées au marché de l'emploi sur lesquelles se penche l'organisme. Par ailleurs, le CTIC met au point un programme complet visant à reconnaître le professionnalisme des travailleurs canadiens des TIC en fonction des profils de compétences nationaux qu'il a établis.

Il faudra toutefois redoubler d'ardeur pour y arriver. « Désormais, les divers intervenants de l'industrie, du gouvernement, du monde de l'éducation et des associations devront continuer de se mobiliser pour tenter ensemble de trouver une solution à la perspective inquiétante que pose cette pénurie de main-d'œuvre et de personnel qualifié, affirme Paul Swinwood, président et directeur général du CTIC. De tels partenariats donneront lieu à l'effort concerté nécessaire pour élaborer et mettre en œuvre des stratégies et des programmes intégrés en vue d'affronter les enjeux et les défis qui se poseront d'ici les cinq prochaines années. »

Cinq instruments de changement :

Le CTIC a ciblé cinq instruments de changement et formulé des recommandations pertinentes afin de s'attaquer aux enjeux définis dans l'étude sur le marché du travail :

  1. En vue de répondre à la demande du Canada pour une main-d'œuvre hautement qualifiée en TIC, encourager le pays à maintenir et, idéalement, à accroître le nombre d'inscriptions à des programmes postsecondaires en TIC au-delà du niveau actuel.
  2. Chercher à perpétuer l'intégration de professionnels formés à l'étranger afin d'assurer à l'industrie un accès à ce bassin de travailleurs déjà disponibles.
  3. Veiller à ce que les établissements du niveau postsecondaire favorisent les programmes intégrés et interdisciplinaires comprenant des stages et des possibilités de perfectionnement professionnel afin que les diplômés aient les compétences que recherchent les employeurs.
  4. Inciter les employeurs à investir dans l'embauche de candidats « quasi qualifiés » et à faire en sorte que le perfectionnement professionnel soit accessible, souple et axé sur l'acquisition des compétences nécessaires aux employés qui auront à s'adapter à l'évolution rapide des besoins.
  5. Favoriser la diversité et l'inclusion des groupes sous-représentés au sein de l'industrie des TIC afin de procurer aux entreprises canadiennes des gains de productivité et des avantages concurrentiels cruciaux sur le marché mondial.

À propos du Conseil des technologies de l'information et des communications (CTIC)
Le CTIC est un conseil sectoriel sans but lucratif qui vise à créer une industrie et une main-d'œuvre canadiennes en TIC préparée, diversifiée et très instruite. Le CTIC joue un rôle de catalyseur de changements et soutient les innovations propres à établir des normes, à fournir de l'information sur le marché du travail, à proposer des cheminements de carrière et à favoriser des initiatives en matière d'immigration, et ce, à l'intention du secteur canadien des TIC, des enseignants et des gouvernements. Nous avons comme objectif de tisser des liens qui aideront à obtenir le nombre et la qualité voulus de professionnels en TIC afin de maintenir et d'améliorer la position du Canada en tant que chef de file sur le marché mondial.

À propos de l'Association canadienne de la technologie de l'information (ACTI)
L'ACTI est la porte-parole de l'industrie canadienne des technologies de l'information et des communications (TIC). Elle représente une diversité d'entreprises du secteur des TIC englobant les télécommunications et les services Internet, les services-conseils, la fabrication de matériel, la microélectronique, la conception de logiciels et la création de contenu électronique. Ces entreprises comptent pour plus de 70 % des 572 000 emplois dans le secteur des TIC et apportent tous les ans une contribution substantielle à l'économie canadienne grâce à des revenus de 140,5 milliards de dollars, à des investissements en R et D de 6 milliards de dollars, à des exportations de l'ordre de 31,4 milliards de dollars et à des dépenses en capital de 11,4 milliards de dollars. L'ACTI plaide ardemment en faveur d'une expansion de la capacité d'innovation du Canada et d'un accroissement de la productivité, dans tous les secteurs, par le recours stratégique à la technologie.

L'annonce entourant le dépôt du rapport sera disponible en webdiffusion à l'adresse :
http://event.on24.com/r.htm?e=301400&s=1&k=AFD06C8D65825E8990DFD044275E5187

Renseignements:

Pour obtenir de plus amples renseignements ou des données régionales ou nationales, ou encore pour solliciter une entrevue, communiquez avec :

Wendy Cumming
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