• 17 mars 2009 10:57
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Réaction de la CSQ au rapport sur la persévérance scolaire et la réussite éducative


    Une belle contribution du "citoyen Ménard" et de son groupe de travail...
    mais quelques bémols

    MONTREAL, le 17 mars /CNW Telbec/ - "Nous sommes agréablement surpris de
constater que plusieurs des propositions de la CSQ trouvent écho dans le
rapport du groupe de travail présidé par Jacques Ménard, c'est-à-dire obtenir
un consensus social sur la nécessité de valoriser l'éducation et la
persévérance scolaire en faisant de l'éducation une priorité nationale,
intervenir dès la petite enfance pour contrer le décrochage scolaire, investir
davantage en éducation et considérer les dépenses en éducation comme des
investissements, préconiser le dépistage précoce des retards d'apprentissage
et offrir des services d'aide personnalisée. Nous espérons maintenant que ce
rapport ne viendra pas trôner sur les tablettes de notre gouvernement",
affirme le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean
Parent, réagissant au dépôt du rapport Ménard.

    La concurrence entre les établissements : un grand oublié !

    La CSQ constate toutefois que le rapport fait complètement abstraction
des enjeux concernant la concurrence entre les établissements, qui mine
l'école publique. Pas un mot sur l'érosion de l'école publique vers l'école
privée, ni sur la concurrence entre les établissements qui sélectionnent les
élèves pour des projets sélectifs en vidant les classes de leurs meilleurs
éléments.
    "Nous sommes profondément convaincus que le plan d'action proposé ne sera
pas suffisant pour régler le problème du décrochage scolaire et améliorer la
réussite éducative. Alors, si le gouvernement n'a pas le courage de s'attaquer
à l'épineuse question du financement public de l'école privée, du déplacement
de la clientèle du secteur public vers le secteur privé et de la concurrence
malsaine que se livrent les écoles publiques entre elles à travers des projets
sélectifs, nous reviendrons à la case départ", explique Réjean Parent.

    Un objectif de taux de diplomation timide

    De plus, l'objectif de porter à 80 % le taux de diplomation d'ici 2020
semble bien timide comparativement à la cible des Etats généraux sur
l'éducation qui était de 85 % pour 2010. "Il est clair que ces beaux efforts
seront anéantis si on ne revoit pas la composition des classes, entre autres,
l'intégration des élèves en difficultés et le nombre trop élevé d'élèves dans
les classes. Nous risquons de nous retrouver, en 2020, avec un autre brave
citoyen qui devra revoir à la baisse ses objectifs parce que nous aurons joué
une fois de plus à l'autruche avec certaines questions et que le Québec
stagnera encore avec un taux de diplomation de 70 %, comme c'est le cas depuis
10 ans", ajoute le président de la CSQ.
    La CSQ rappelle aussi la nécessité d'inclure le personnel de l'éducation
dans la démarche proposée puisqu'il oeuvre au quotidien avec les élèves et
qu'il a à coeur la réussite du plus grand nombre d'entre eux. "Le rapport
n'est pas très loquace sur la participation du personnel à la réussite
éducative et semble oublier que l'école, cela se fait d'abord et avant tout à
l'intérieur d'un établissement avec les élèves et le personnel. Ce dernier est
en première ligne et, dans bien des régions, nous collaborons et entretenons
des liens étroits avec les organismes de persévérance scolaire avec succès",
déclare Réjean Parent.
    De plus, le rapport omet de mettre l'accent sur l'importance de déceler
les difficultés en lecture dès la première année du primaire, et celle de
reconnaître très tôt les troubles d'apprentissage et de leur assurer un
soutien professionnel.

    L'Etat doit reprendre le leadership et convoquer un sommet

    Pour le président de la plus importante organisation syndicale en
éducation, "les constats sont faits et il est temps d'agir. Le rapport Ménard
est clair à ce sujet, il faut un leadership fort. L'heure est à la recherche
d'un consensus des acteurs de la société pour améliorer la réussite scolaire.
La CSQ réaffirme la nécessité pour le gouvernement de convoquer, dès ce
printemps, un sommet sur la question du décrochage scolaire des jeunes, des
jeunes adultes, des autochtones et des communautés culturelles, de manière à
définir les grands axes de ce que devrait comprendre une politique
interministérielle contenant un plan d'action avec des objectifs clairs et des
échéanciers précis pour y parvenir. Il revient au premier ministre de présider
ce sommet et au comité des priorités d'en assurer le suivi. Les ministres
responsables de l'Education, de la Famille, de la Santé et des Services
sociaux, de l'Immigration, des Affaires autochtones, des Finances, de l'Emploi
et de la Solidarité sociale doivent y être associés, car le décrochage
scolaire concerne tous ces ministères.
    "Le rapport présenté aujourd'hui s'ajoute aux nombreuses interventions
des principaux acteurs de l'éducation qui demandent un sérieux coup de barre
pour améliorer la réussite éducative. Après les syndicats, les instances
régionales de concertation, les chercheurs, les représentants de la santé
publique, les gens d'affaires et les citoyens, c'est maintenant à l'Etat de
prendre le relais et à jouer pleinement son rôle", conclut Réjean Parent.

    Profil de la CSQ

    La CSQ représente près de 170 000 membres, dont plus de 100 000 dans le
secteur public. Elle est l'organisation syndicale la plus importante en
éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la
santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des
loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.



Renseignements: Marjolaine Perreault, Attachée de presse CSQ, Cell.:
(514) 235-5082, perreault.marjolaine@csq.qc.net