• 17 mars 2009 11:30
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Le fléau du recours aux briseurs de grève - La CSN réclame une rencontre urgente avec le ministre du Travail


    MONTREAL, le 17 mars /CNW Telbec/ - Devant la volonté de plus en plus
flagrante des employeurs à contourner les dispositions du Code du travail du
Québec interdisant l'utilisation des briseurs de grève, la CSN a, aujourd'hui,
demandé une rencontre urgente avec le ministre du Travail, David Whissell.
    "Certains employeurs adoptent toutes sortes de stratagèmes et d'astuces
afin d'échapper à cette partie centrale de notre Code du travail", a commenté
la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, en s'adressant aux grévistes du
Sheraton Four Points Centre-ville et aux lock-outés du Journal de Montréal,
réuni lors d'une manifestation devant l'hôtel de la rue Sherbrooke,
aujourd'hui.
    Ces deux conflits de travail se distinguent par la détermination des
parties patronales d'esquiver des dispositions anti-scab. "Nous voulons
sensibiliser le ministre sur ce sujet avant que la situation ne dégénère
d'avantage", a expliqué Claudette Carbonneau.
    Le Code du travail a rendu illégale, dans les cas de grève ou lock-out,
l'utilisation des travailleurs de remplacement au Québec, afin d'établir un
équilibre entre l'employer et ses employé-es. Cette disposition est reconnue
pour avoir grandement contribué à l'importante réduction du nombre et de la
durée des conflits de travail au Québec, depuis son adoption en 1977.
    "Cependant, il y a, aujourd'hui, une tendance vers l'allongement des
conflits de travail et une multiplication des lock-outs, et c'est en partie dû
au fait que des employeurs ont recours aux briseurs de grève, a insisté Madame
Carbonneau.

    Du "bénévolat", aux agences de placement

    Le président de la Fédération du commerce (FC-CSN), Jean Lortie, a
observé que le propriétaire du Sheraton Four Points, le Northampton Group de
Toronto, fait fit des lois du travail au Québec. Depuis le début de la grève
des 67 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Four Points
Sheraton Centre-Ville, le 25 août 2008, l'employeur a été condamné à trois
reprises déjà pour avoir utilisé des travailleurs de remplacement, qu'il
qualifiait de "bénévoles."
    La FC - CSN déposera, cette semaine, une nouvelle plainte à la Commission
des relations du travail, preuves vidéo à l'appui, alléguant que l'employeur a
engagé une agence de placement afin de faire le travail des grévistes de
l'hôtel.
    "Or, il a fallu qu'on mène notre propre enquête au Sheraton Four Points",
a ajouté Jean Lortie en dénonçant la pratique courant des inspecteurs du
ministère du Travail d'annoncer leurs visites à l'avance aux entreprises. "Il
est inacceptable que les inspecteurs du ministère avertissent ainsi les
employeurs, qui peuvent alors facilement cacher leurs briseurs de grève."
    Il rappelle également que la bataille menée au Sheraton vise à obtenir
les mêmes conditions de travail que celles des autres syndicats CSN de ce
secteur.

    Des scabs de l'information

    Le secrétaire général de la Fédération nationale des communications
(FNC-CSN), Pierre Roger, a, lui aussi, annoncé le dépôt prochain d'une plainte
contre le Journal de Montréal pour l'utilisation illégale des scabs dans le
lock-out des 253 membres du Syndicat des travailleurs de l'information du
Journal de Montréal (STIJM-CSN), que Quebecor a décrété le 24 janvier.
    "Déjà, nous sommes privés des professionnel-les de l'information au
Journal, a noté Pierre Roger. Quebecor nous offre, en remplacement, des
reportages bidon rédigés par des gens embauchés comme cadres dans les semaines
précédant immédiatement ce lock-out."
    Il n'y a eu aucune séance de négociation depuis le lock-out et plusieurs
craignent que le conflit au Journal de Montréal ne perdure. "Il faut que le
ministère agisse afin de limiter le recours aux briseurs de grève au Journal,
a déclaré Pierre Roger. Quebecor doit respecter notre Code du travail."



Renseignements: Lyle Stewart, Service des communications de la CSN,
(514) 796-2066; Source: CSN