MONTREAL, le 20 mars /CNW Telbec/ - La Coalition solidarité santé
constate que l'augmentation de 5,7% annoncée dans le budget en santé ne fait
qu'assurer le maintien des coûts du système actuel. La solution que semble
avoir trouvé le gouvernement pour injecter des nouveaux fonds passe par la
politique de financement des services publics déposée au même moment. Cette
politique ramène le spectre de l'utilisateur-payeur.
La Coalition est particulièrement inquiète de voir que le gouvernement
ait choisi de sortir des tablettes le rapport Montmarquette qui avait fait
l'objet d'une levée de boucliers. Nous avons de vives inquiétudes sur la
tendance à la tarification de l'utilisateur-payeur en santé. "Le danger auquel
nous faisons face, c'est de financer les services publics en santé par la
tarification directe. C'est ce que la ministre nous promet lorsqu'elle annonce
qu'elle va mettre en oeuvre une politique de financement qui, selon elle, va
permettre d'assurer la pérennité des services publics", mentionne Claudelle
Cyr, porte-parole de la Coalition solidarité santé.
Selon cette politique, les soins de santé sont considérés par le
gouvernement comme un bien mixte et devront être financés conjointement par
les impôts et taxes ainsi que par la tarification. Il est donc assuré qu'on se
fera imposer de nouveaux tarifs.
Le budget permet de passer en douce la marchandisation des soins de
santé. "Le gouvernement modifie fondamentalement la nature du système public
de santé. Il prévoit des entrées budgétaires provenant de la tarification sans
qu'il n'y ait eu de débat public", ajoute Mme Cyr.
Rien de nouveau pour les services sociaux
Ce budget ne prévoit pas de mesures de rattrapage concernant les carences
dans le financement des services à domicile. "Comment la ministre peut-elle
prétendre qu'elle accorde de l'importance au vieillissement de la population
alors qu'aucune mesure concrète n'a été annoncée concernant les services de
maintien à domicile?" questionne Mme Cyr.
Il est tout aussi déplorable qu'aucun nouvel argent ne soit annoncé pour
combler les besoins de financement des organismes communautaires en santé et
services sociaux. "La population s'appauvrit, les besoins s'accroissent, et
les groupes sont de plus en plus sollicités. Dans le budget, tout ce qu'on
retrouve en investissement pour le développement social se résume au soutien à
l'économie sociale, à l'entreprenariat et au microcrédit" déplore la porte
parole de la Coalition.
Des mesures contraires aux principes d'universalité, de gratuité et
d'accessibilité
"Non seulement le gouvernement n'a pas abandonné l'idée d'ouvrir toute
grande la porte au privé, il va encore plus loin en proposant une tarification
aux utilisateurs du système public. Utiliser le budget pour concrétiser la
mise en place d'un système de santé à deux vitesses est inacceptable et
irresponsable" conclut Claudelle Cyr
Renseignements: Claudelle Cyr, (514) 268-7320; Source: Coalition
Solidarité santé