WINNIPEG, le 8 déc. /CNW/ - Le Syndicat des Métallos, l'Association
internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de
l'aérospatiale, ainsi que la Fraternité internationale des ouvriers en
électricité sollicitent une réunion d'urgence avec Gary Doer, premier ministre
du Manitoba, Dave Chomiak, ministre de la Justice du Manitoba, et Nancy Allan,
ministre du Travail du Manitoba, à la suite d'une enquête longue et coûteuse
du tribunal sur la mort de Steve Ewing, survenue en 2000. L'enquête a produit
"si peu de résultats à la suite d'une affaire ayant tourné terriblement mal",
que la sécurité des travailleurs de cette province est remise en question.
"Au Manitoba, les enquêtes sont devenues une entreprise de gaspillage.
Elles se prolongent tant et si bien qu'on finit par perdre de vue ses
responsabilités envers les victimes, les travailleurs et le public. Dans le
rapport, on recommande que la loi du Manitoba fasse l'objet de modifications
pour assurer une prise en charge claire et efficace des responsabilités.
Pourtant, le rapport ne parvient pas à justifier l'omission, au départ, d'un
danger aussi connu que le mélange de l'eau et du métal liquide, dans le cadre
d'un processus de gestion prévisionnelle qui a été interminable", a déclaré
Stephen Hunt, directeur des Métallos pour le district des provinces de
l'Ouest, qui figurait également parmi les dirigeants syndicaux ayant enquêté
sur l'explosion, il y a huit ans.
"Nos membres ne sont pas satisfaits du résultat de cette enquête et du
rapport publié par la suite. Ils exigent qu'on entame des discussions
complémentaires, pour insister sur la nécessité d'instaurer des changements
visant à protéger des travailleurs qui souhaitent tout simplement se rendre au
travail et retourner dans leur famille sains et saufs à la fin de chaque
journée", a renchéri Brian Short, représentant de l'Association internationale
des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale
(AIMTA), syndicat représentant également les travailleurs de la fonderie.
"Le fait d'avoir traversé une procédure judiciaire particulièrement
longue et alambiquée, et de n'avoir obtenu aucune réponse à leurs questions
procure une bien maigre consolation aux survivants et aux membres de la
famille. Mais pourquoi donc tout cela est-il arrivé?", a commenté Brian
Murdoch, représentant de la Fraternité internationale des ouvriers en
électricité (FIOE) dont l'un des membres, Steve Ewing, a trouvé la mort dans
l'explosion fatale.
Les Métallos, l'AIMTA et la FIOE ont recommandé des modifications à la
loi sur la santé et la sécurité en milieu de travail, afin de clarifier les
responsabilités de la haute direction, de préciser la réglementation sur
l'identification des dangers et l'établissement des priorités en matière de
prévention, d'instaurer des règlements spécifiques aux activités de
transformation du métal liquide et du métal chaud, et d'éclaircir les rôles
des comités notamment grâce à la nomination, par le syndicat, de représentants
à temps plein en santé et sécurité au travail, dans certains cas. La
Fédération du travail du Manitoba a exprimé d'autres préoccupations à l'égard
d'accidents mortels de nature similaire.
Dans son rapport, le juge a recommandé qu'on modifie la loi pour accorder
la priorité à la prévention. En revanche, il a conclu que le mélange mortel
d'eau et de métal liquide constituait un danger imprévu. Il a également fourni
des justifications aux retards ayant ponctué l'enquête menée dans le cadre de
cette procédure judiciaire.
L'affaire, qui a entraîné des dépenses totalisant des centaines de
milliers de dollars, a donné lieu à près de cinq ans de reports et
d'audiences. La décision a finalement été rendue au début du présent mois,
après la présentation d'arguments juridiques remettant le pouvoir du juge en
question face à l'achèvement de son rapport, étant donné sa nomination à un
tribunal supérieur.
"Comme il fallait s'y attendre, le juge lui-même n'y a vu absolument
aucun inconvénient. Dans cet univers de procès, il s'agit d'actes de procédure
habituels. Dans le cas d'une enquête dont l'objectif ne repose pas sur le
blâme, il ne devrait pas en être ainsi. Cette enquête vise plutôt à définir
les pratiques sous-jacentes qui préviendraient d'autres tragédies, si on s'y
conformait différemment. Au Manitoba, on transforme les enquêtes en champs de
batailles juridiques, où on s'attarde davantage sur les principes juridiques
plutôt que sur les faits et les causes", a déclaré Ken Neumann, directeur
national du Syndicat des Métallos.
Le 27 novembre 2001, l'entreprise, Hudson Bay Mining and Smelting, a
plaidé coupable à des accusations portées en vertu de la Loi sur la santé et
la sécurité au travail, relativement à l'explosion. Elle a subi la sanction
maximale prévue par la loi à cette époque, soit une amende de 250 000 $.
L'explosion a provoqué le décès d'une personne et engendré des séquelles
permanentes chez plusieurs autres.
Renseignements: Brian Murdoch, Représentant international, Fraternité
internationale des ouvriers en électricité, Téléphone: (204) 781-8078; Brian
Short, Représentant de la Grande Loge, Association internationale des
machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale, Téléphone:
(204) 988-3111, Cellulaire: (204) 771-9989; Andrew King, Coordonnateur
national, santé, sécurité et environnement - Directeur, service de la santé,
de la sécurité et de l'environnement, Syndicat des Métallos, Bureau national
du Canada, Téléphone: (416) 544-5996, Cellulaire: (416) 407-5271