• 3 avril 2008 14:28
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Projet de loi de l'ADQ sur la mixité de la pratique médicale - "Les médecins ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre" - Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP)


    MONTREAL, le 3 avril /CNW Telbec/ - "Les médecins doivent choisir. Ils ne
peuvent avoir à la fois le beurre, c'est-à-dire, la rémunération de la Régie
de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) et l'argent du beurre, c'est-à-dire,
la contribution payante à l'acte des usagers. Pour pratiquer dans le secteur
privé, ils doivent donc absolument se désengager de la RAMQ et absorber tous
les risques relatifs à une entreprise privée."
    Telle est la réaction des présidentes et présidents syndicaux membres du
Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) au projet de loi 392
modifiant la loi sur l'assurance maladie qui a été déposé hier à l'Assemblée
nationale par l'Action démocratique du Québec (ADQ).

    Une diminution des services publics

    Les cinq porte-parole syndicaux du SISP, Réjean Parent (CSQ), Michèle
Boisclair (FIQ), Dominique Verreault (APTS), Michel Sawyer (SFPQ) et Gilles
Dussault (SPGQ) dénoncent les effets qui seraient engendrés par une pratique
mixte sur le système public.
    "Une pratique mixte aurait pour conséquence de renverser les paramètres
d'exercice dans le secteur public. La dernière négociation avec les médecins a
enlevé les quotas d'heures permises et donc de rémunération, leur permettant
ainsi d'offrir davantage d'heures au secteur public. Une pratique mixte les
obligerait donc à faire un minimum d'heures dans le secteur public",
soutiennent les porte-parole du SISP.
    Les dirigeantes et les dirigeants syndicaux du SISP se disent convaincus
que cela inciterait certainement les médecins à réduire le temps offert au
public pour élargir celui effectué au privé. "Conséquemment, cela entraînerait
une diminution des services publics pour les personnes ne pouvant se payer des
services privés", affirment-ils.

    Des médecins au service de leurs intérêts

    Le SISP craint également que cela ne favorise un plus grand exode des
médecins des régions puisque cette pratique privée n'est payante que dans les
grands centres.
    "Les régions seront, encore une fois de plus, pénalisées davantage. De
plus, nous tenons à rappeler à l'ADQ que les expériences étrangères démontrent
que les médecins travaillant à la fois dans le public et dans le privé ont
tendance à maintenir leur liste d'attente publique longue afin d'inciter les
patients à aller les consulter dans leur pratique privée. En outre, les
médecins du Québec n'étant pas différents de ceux d'ailleurs, il y a fort à
parier que le même phénomène se produirait ici", soutiennent les présidentes
et les présidents syndicaux du SISP.

    Un projet de loi pour les mieux nantis

    En terminant, les porte-parole du SISP disent ne pas comprendre les
motivations de l'ADQ de présenter un tel projet de loi qui ne fera
qu'avantager les gens bien nantis au détriment de l'ensemble de la population.
    "Nous comprenons mal la présentation de ce projet de loi par l'ADQ sur la
mixité dans la pratique médicale, car cela est lié avec l'assurance privée
duplicative qui vient renforcer une pratique médicale à deux vitesses puisque
seules les personnes fortunées et en santé peuvent se payer des assurances et
des services privés", concluent Réjean Parent (CSQ), Michèle Boisclair (FIQ),
Dominique Verreault (APTS), Michel Sawyer (SFPQ) et Gilles Dussault (SPGQ).

    Profil du SISP

    Le SISP regroupe 300 000 membres, issus de cinq organisations syndicales
(CSQ, FIQ, SFPQ, APTS et SPGQ), dont près de 245 000 proviennent des secteurs
public, parapublic et péripublic. La CSQ représente près de 160 000 membres,
dont près de 100 000 oeuvrent au sein des secteurs de l'éducation et de la
santé. La FIQ regroupe 57 000 membres du secteur de la santé. Le SFPQ
représente 43 000 membres, dont 40 000 sont issus de la fonction publique
québécoise. Quant à l'APTS, elle représente 26 000 travailleuses et
travailleurs occupant des postes professionnels ou techniques au sein du
réseau public de la santé et des services sociaux. Pour sa part, le SPGQ
regroupe plus de 19 000 personnes de la fonction publique, des sociétés
d'Etat, des réseaux de l'éducation et de la santé du Québec.



Renseignements: Claude Girard, CSQ, tél. cell.: (514) 237-4432; Sandra
Gagné, FIQ, tél. cell.: (514) 796-5093; Chantal Mantha, APTS, tél. cell.:
(514) 236-9287; Stéphane Caron, SFPQ, tél. cell.: (418) 564-4150; Sylvie
Goupil, SPGQ, tél. cell.: (514) 213-4192