Le Collège des médecins de famille de l'Ontario a passé en revue les
recherches portant sur le réchauffement climatique; son examen a jeté la
lumière sur les conséquences dudit réchauffement sur la santé des
Canadiens.
TORONTO, le 7 avril /CNW/ - Le Collège des médecins de famille de
l'Ontario (CMFO) a publié aujourd'hui un examen de la littérature scientifique
sur les effets directs et indirects du réchauffement climatique sur la santé
des Canadiens et sonne l'alarme concernant les problèmes de santé à venir liés
au réchauffement climatique. Le rapport s'intitule Addressing the Health
Effects of Climate Change: Family Physicians Are Key (Comment répondre aux
effets du réchauffement climatique sur la santé : Le rôle clé des médecins de
famille).
"Lorsque nous pensons réchauffement climatique, nous pensons généralement
aux conséquences sur notre environnement, mais nous devons aussi commencer à
penser aux répercussions sur notre santé", a déclaré Dre Renée Arnold,
présidente du CMFO. "Les effets néfastes du réchauffement climatique sur la
santé sont profonds et seront irréversibles si nous n'agissons pas ensemble
maintenant et si nous n'arrêtons pas d'endommager notre environnement."
L'examen de la littérature scientifique effectué par le CMFO est le plus
complet de son genre dans le monde entier. Il prodigue des conseils sur ce que
les Canadiens et les médecins de famille doivent faire pour s'adapter aux
effets du réchauffement climatique sur la santé, pour minimiser notre impact
sur l'environnement, et pour assurer une planète en bon état aux générations
futures.
Selon cet examen, certains des effets du réchauffement climatique les
plus importants sur la santé comprennent :- Les maladies liées à la chaleur et au smog : les températures
globales sont en hausse et des vagues de chaleur fréquentes et plus
intenses sont à prévoir. Cela peut engendrer des urgences médicales,
y compris des coups de chaleur, et peut avoir un impact majeur sur la
santé publique, résultant en une mortalité significative. Par exemple
en France en 2003, une vague de chaleur de deux semaines a provoqué
15 000 décès prématurés. La hausse des températures a également
conduit à une hausse des niveaux d'ozone, engendrant une aggravation
de la pollution atmosphérique et du smog. La pollution atmosphérique
et le smog peuvent tous deux avoir des effets aigus et chroniques sur
la santé, y compris des infections respiratoires comme les
bronchites, une aggravation de l'asthme, des maladies cardiaques et
des accidents cérébrovasculaires. Selon les estimations de
l'Association médicale de l'Ontario, la pollution atmosphérique en
2026 sera responsable de ce qui suit : 10 061 décès prématurés,
24 587 admissions à l'hôpital et 87 963 visites aux urgences. La
gastroentérite due à la contamination des systèmes d'eau est
également associée à la hausse des températures et aura un impact
significatif, en particulier dans les pays en voie de développement.
- Même une faible hausse des températures moyennes pourrait avoir un
effet très prononcé sur notre santé, en particulier pour les plus
vulnérables, y compris les nourrissons et les enfants, les personnes
âgées, les personnes avec une maladie préexistante comme l'asthme ou
une maladie cardiaque ou pulmonaire chronique, les personnes sans
domicile et ceux qui sont les plus exposés comme les sportifs ou ceux
qui travaillent en plein air.
- La propagation des maladies infectieuses : au fur et à mesure que
notre climat change, les médecins de famille canadiens doivent
acquérir de l'expertise dans des états pathologiques rarement
observés dans le passé au Canada. Par exemple, la malaria et la
dengue, bien que peu susceptibles d'être observées au Canada,
apparaissent maintenant dans des régions où elles n'étaient pas
endémiques autrefois et les Canadiens voyageant aux Caraibes et en
Amérique centrale risquent d'être infectés et de rentrer malades au
Canada. La communauté médicale doit être prête à reconnaître et à
traiter ces maladies. En outre, comme notre climat devient plus
chaud, les tiques porteurs de la maladie de Lyme pourront survivre
dans des régions plus nordiques, portant ainsi la maladie encore plus
loin au nord en Ontario, en Nouvelle-Ecosse, en Colombie-Britannique,
ainsi qu'en Alberta et en Saskatchewan. Si elle n'est pas traitée, la
maladie de Lyme peut causer une arthrite chronique et des symptômes
neurologiques. Un climat plus chaud peut également permettre un
nombre accru de cas de Virus du Nil occidental, pouvant provoquer une
méningite, une encéphalite ou un syndrome similaire à la polio.
- Les effets sur la santé que causent des phénomènes météorologiques
extrêmes comme les tempêtes, les inondations et les sécheresses : le
réchauffement climatique apportera des ouragans d'intensité accrue.
Ces phénomènes météorologiques extrêmes, comme les tempêtes violentes
et les inondations dues aux tempêtes marines ou à de fortes
précipitations, peuvent avoir un impact significatif sur la vie et la
santé des Canadiens. Entre 1992 et 2001, plus de 1,2 milliard de
personnes dans le monde ont été affectées et presque 100 000 ont été
tuées rien que par les inondations. L'ouragan Katrina est un exemple
de phénomène météorologique extrême qui a engendré une perturbation
sociale sévère et a résulté en plus de 1 300 morts et un nombre
inestimable d'autres maladies, y compris les infections et les
maladies diarrhéiques. Le Canada n'est pas immunisé contre ce genre
de catastrophes. Le verglas massif au Québec en 1998 a causé six
morts et bien des dommages à travers la province. Le verglas massif
peut ne pas avoir eu sa source dans le réchauffement du climat, mais
il est un exemple de la force destructrice des phénomènes
météorologiques extrêmes qui deviendront vraisemblablement plus
fréquents. Une pluie très forte peut également causer des épidémies,
comme cela a été le cas avec l'épidémie d'E-coli à Walkerton, dans la
province de l'Ontario en 2000, qui a tué sept résidents et a rendu
2 300 personnes sérieusement malades. Finalement, certaines parties
du Canada, et certainement beaucoup de pays en voie de développement,
seront affectés par la sécheresse due au réchauffement climatique,
avec les conséquences économiques et sanitaires qui lui sont
associées. Les pays en voie de développement sont plus vulnérables et
souffriront beaucoup plus que les pays développés.Que devrions nous faire ?
Tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la minimisation de notre
impact sur l'environnement et dans la préparation à l'adaptation à ces
maladies, selon le CMFO.
"Même si nous réduisons dramatiquement notre impact sur l'environnement
maintenant, ses effets sur nos écosystèmes et notre santé continueront pendant
de nombreuses décennies à venir", a déclaré Dr Alan Abelsohn, maître de
conférences au Département de médecine familiale à l'Université de Toronto et
l'un des auteurs de cette étude. "Les Canadiens doivent faire tout ce qui est
en leur pouvoir pour réduire leur empreinte carbone."Voici certaines des mesures recommandées aux Canadiens par le CMFO :
- A la maison : plus de recyclage, utiliser des globes fluorescents
compacts, laver les vêtements à l'eau froide pour utiliser moins
d'eau chaude, éviter les produits avec beaucoup d'emballage, planter
des arbres, éteindre les dispositifs électroniques lorsqu'ils ne sont
pas utilisés et ajuster les thermostats de deux degrés à chaque
saison.
- Sur la route : les Canadiens devraient utiliser les transports en
commun, se déplacer à vélo ou marcher chaque fois qu'ils le peuvent
au lieu de conduire leur auto. Pour chaque mille qu'ils ne conduisent
pas, ils économiseront une livre de dioxyde de carbone, et cela aura
également un impact positif sur leur poids, la santé de leur coeur
et
de leurs poumons, et affermira leurs muscles."Nous devons tous devenir des partisans pour le futur de notre planète
terre," a déclaré Dr Val Rachlis, ancien président du CMFO et l'un des auteurs
de cette étude. "Cela signifie que nous devons faire pression sur nos élus
afin qu'ils comprennent ces questions et qu'ils s'engagent, au nom de
l'intérêt public, dans la sauvegarde de notre planète pour les générations
futures."
Nous devrons également nous adapter au réchauffement climatique. Les
médecins de famille doivent collaborer avec le Département de la santé
publique et les autres professionnels de la santé pour mettre au point des
stratégies susceptibles d'aider leurs patients et les communautés à gérer les
effets du réchauffement climatique.
"Nous savons que les Canadiens commencent à être sensibilisés à
l'importance de l'arrêt du processus de réchauffement climatique", a déclaré
Jan Kasperski, directeur exécutif et directeur général du Collège des médecins
de famille de l'Ontario, et l'un des auteurs du rapport. "Nous devons
continuer à renforcer ce message car la réduction des émissions de dioxyde de
carbone est notre objectif ultime, et cela demandera un effort substantiel à
tous les niveaux du gouvernement, de la part des Canadiens en tant
qu'individus, et de la communauté médicale."
Le rapport du CMFO Addressing the Health Effects of Climate Change:
Family Physicians Are Key peut être consulté sur le site Internet
www.ocfp.on.ca.
Le Collège des médecins de famille de l'Ontario est une section
provinciale du Collège des médecins de famille du Canada et une association de
volontaires à but non lucratif qui fait la promotion de la médecine familiale
en Ontario au moyen de leadership, de pédagogie et d'engagement. Le CMFO
représente plus de 8 236 médecins de famille fournissant des soins aux
populations isolées, rurales, suburbaines, urbaines en Ontario.
L'établissement et le maintien de standards élevés de pratiques de la médecine
et l'amélioration en continu de l'accès à des services de médecine familiale
de qualité sont au coeur de cette organisation.
Renseignements: Kate Carroll, Environics Communications,
kcarroll@environicspr.com, (416) 969-2732; Jessica Davidson, Environics
Communications, jdavidson@environicspr.com, (416) 969-2735