• 7 avril 2008 08:00
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Le temps presse: Le réchauffement climatique va nous coûter la santé si nous n'agissons pas maintenant, clame la communauté médicale


    Le Collège des médecins de famille de l'Ontario a passé en revue les
    recherches portant sur le réchauffement climatique; son examen a jeté la
    lumière sur les conséquences dudit réchauffement sur la santé des
    Canadiens.

    TORONTO, le 7 avril /CNW/ - Le Collège des médecins de famille de
l'Ontario (CMFO) a publié aujourd'hui un examen de la littérature scientifique
sur les effets directs et indirects du réchauffement climatique sur la santé
des Canadiens et sonne l'alarme concernant les problèmes de santé à venir liés
au réchauffement climatique. Le rapport s'intitule Addressing the Health
Effects of Climate Change: Family Physicians Are Key (Comment répondre aux
effets du réchauffement climatique sur la santé : Le rôle clé des médecins de
famille).
    "Lorsque nous pensons réchauffement climatique, nous pensons généralement
aux conséquences sur notre environnement, mais nous devons aussi commencer à
penser aux répercussions sur notre santé", a déclaré Dre Renée Arnold,
présidente du CMFO. "Les effets néfastes du réchauffement climatique sur la
santé sont profonds et seront irréversibles si nous n'agissons pas ensemble
maintenant et si nous n'arrêtons pas d'endommager notre environnement."
    L'examen de la littérature scientifique effectué par le CMFO est le plus
complet de son genre dans le monde entier. Il prodigue des conseils sur ce que
les Canadiens et les médecins de famille doivent faire pour s'adapter aux
effets du réchauffement climatique sur la santé, pour minimiser notre impact
sur l'environnement, et pour assurer une planète en bon état aux générations
futures.
    Selon cet examen, certains des effets du réchauffement climatique les
plus importants sur la santé comprennent :-   Les maladies liées à la chaleur et au smog : les températures
        globales sont en hausse et des vagues de chaleur fréquentes et plus
        intenses sont à prévoir. Cela peut engendrer des urgences médicales,
        y compris des coups de chaleur, et peut avoir un impact majeur sur la
        santé publique, résultant en une mortalité significative. Par exemple
        en France en 2003, une vague de chaleur de deux semaines a provoqué
        15 000 décès prématurés. La hausse des températures a également
        conduit à une hausse des niveaux d'ozone, engendrant une aggravation
        de la pollution atmosphérique et du smog. La pollution atmosphérique
        et le smog peuvent tous deux avoir des effets aigus et chroniques sur
        la santé, y compris des infections respiratoires comme les
        bronchites, une aggravation de l'asthme, des maladies cardiaques et
        des accidents cérébrovasculaires. Selon les estimations de
        l'Association médicale de l'Ontario, la pollution atmosphérique en
        2026 sera responsable de ce qui suit : 10 061 décès prématurés,
        24 587 admissions à l'hôpital et 87 963 visites aux urgences. La
        gastroentérite due à la contamination des systèmes d'eau est
        également associée à la hausse des températures et aura un impact
        significatif, en particulier dans les pays en voie de développement.

    -   Même une faible hausse des températures moyennes pourrait avoir un
        effet très prononcé sur notre santé, en particulier pour les plus
        vulnérables, y compris les nourrissons et les enfants, les personnes
        âgées, les personnes avec une maladie préexistante comme l'asthme ou
        une maladie cardiaque ou pulmonaire chronique, les personnes sans
        domicile et ceux qui sont les plus exposés comme les sportifs ou ceux
        qui travaillent en plein air.

    -   La propagation des maladies infectieuses : au fur et à mesure que
        notre climat change, les médecins de famille canadiens doivent
        acquérir de l'expertise dans des états pathologiques rarement
        observés dans le passé au Canada. Par exemple, la malaria et la
        dengue, bien que peu susceptibles d'être observées au Canada,
        apparaissent maintenant dans des régions où elles n'étaient pas
        endémiques autrefois et les Canadiens voyageant aux Caraibes et en
        Amérique centrale risquent d'être infectés et de rentrer malades au
        Canada. La communauté médicale doit être prête à reconnaître et à
        traiter ces maladies. En outre, comme notre climat devient plus
        chaud, les tiques porteurs de la maladie de Lyme pourront survivre
        dans des régions plus nordiques, portant ainsi la maladie encore plus
        loin au nord en Ontario, en Nouvelle-Ecosse, en Colombie-Britannique,
        ainsi qu'en Alberta et en Saskatchewan. Si elle n'est pas traitée, la
        maladie de Lyme peut causer une arthrite chronique et des symptômes
        neurologiques. Un climat plus chaud peut également permettre un
        nombre accru de cas de Virus du Nil occidental, pouvant provoquer une
        méningite, une encéphalite ou un syndrome similaire à la polio.

    -   Les effets sur la santé que causent des phénomènes météorologiques
        extrêmes comme les tempêtes, les inondations et les sécheresses : le
        réchauffement climatique apportera des ouragans d'intensité accrue.
        Ces phénomènes météorologiques extrêmes, comme les tempêtes violentes
        et les inondations dues aux tempêtes marines ou à de fortes
        précipitations, peuvent avoir un impact significatif sur la vie et la
        santé des Canadiens. Entre 1992 et 2001, plus de 1,2 milliard de
        personnes dans le monde ont été affectées et presque 100 000 ont été
        tuées rien que par les inondations. L'ouragan Katrina est un exemple
        de phénomène météorologique extrême qui a engendré une perturbation
        sociale sévère et a résulté en plus de 1 300 morts et un nombre
        inestimable d'autres maladies, y compris les infections et les
        maladies diarrhéiques. Le Canada n'est pas immunisé contre ce genre
        de catastrophes. Le verglas massif au Québec en 1998 a causé six
        morts et bien des dommages à travers la province. Le verglas massif
        peut ne pas avoir eu sa source dans le réchauffement du climat, mais
        il est un exemple de la force destructrice des phénomènes
        météorologiques extrêmes qui deviendront vraisemblablement plus
        fréquents. Une pluie très forte peut également causer des épidémies,
        comme cela a été le cas avec l'épidémie d'E-coli à Walkerton, dans la
        province de l'Ontario en 2000, qui a tué sept résidents et a rendu
        2 300 personnes sérieusement malades. Finalement, certaines parties
        du Canada, et certainement beaucoup de pays en voie de développement,
        seront affectés par la sécheresse due au réchauffement climatique,
        avec les conséquences économiques et sanitaires qui lui sont
        associées. Les pays en voie de développement sont plus vulnérables et
        souffriront beaucoup plus que les pays développés.Que devrions nous faire ?

    Tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la minimisation de notre
impact sur l'environnement et dans la préparation à l'adaptation à ces
maladies, selon le CMFO.
    "Même si nous réduisons dramatiquement notre impact sur l'environnement
maintenant, ses effets sur nos écosystèmes et notre santé continueront pendant
de nombreuses décennies à venir", a déclaré Dr Alan Abelsohn, maître de
conférences au Département de médecine familiale à l'Université de Toronto et
l'un des auteurs de cette étude. "Les Canadiens doivent faire tout ce qui est
en leur pouvoir pour réduire leur empreinte carbone."Voici certaines des mesures recommandées aux Canadiens par le CMFO :
    -   A la maison : plus de recyclage, utiliser des globes fluorescents
        compacts, laver les vêtements à l'eau froide pour utiliser moins
        d'eau chaude, éviter les produits avec beaucoup d'emballage, planter
        des arbres, éteindre les dispositifs électroniques lorsqu'ils ne sont
        pas utilisés et ajuster les thermostats de deux degrés à chaque
        saison.

    -   Sur la route : les Canadiens devraient utiliser les transports en
        commun, se déplacer à vélo ou marcher chaque fois qu'ils le peuvent
        au lieu de conduire leur auto. Pour chaque mille qu'ils ne conduisent
        pas, ils économiseront une livre de dioxyde de carbone, et cela aura
        également un impact positif sur leur poids, la santé de leur coeur
et
        de leurs poumons, et affermira leurs muscles."Nous devons tous devenir des partisans pour le futur de notre planète
terre," a déclaré Dr Val Rachlis, ancien président du CMFO et l'un des auteurs
de cette étude. "Cela signifie que nous devons faire pression sur nos élus
afin qu'ils comprennent ces questions et qu'ils s'engagent, au nom de
l'intérêt public, dans la sauvegarde de notre planète pour les générations
futures."
    Nous devrons également nous adapter au réchauffement climatique. Les
médecins de famille doivent collaborer avec le Département de la santé
publique et les autres professionnels de la santé pour mettre au point des
stratégies susceptibles d'aider leurs patients et les communautés à gérer les
effets du réchauffement climatique.
    "Nous savons que les Canadiens commencent à être sensibilisés à
l'importance de l'arrêt du processus de réchauffement climatique", a déclaré
Jan Kasperski, directeur exécutif et directeur général du Collège des médecins
de famille de l'Ontario, et l'un des auteurs du rapport. "Nous devons
continuer à renforcer ce message car la réduction des émissions de dioxyde de
carbone est notre objectif ultime, et cela demandera un effort substantiel à
tous les niveaux du gouvernement, de la part des Canadiens en tant
qu'individus, et de la communauté médicale."
    Le rapport du CMFO Addressing the Health Effects of Climate Change:
Family Physicians Are Key peut être consulté sur le site Internet
www.ocfp.on.ca.

    Le Collège des médecins de famille de l'Ontario est une section
provinciale du Collège des médecins de famille du Canada et une association de
volontaires à but non lucratif qui fait la promotion de la médecine familiale
en Ontario au moyen de leadership, de pédagogie et d'engagement. Le CMFO
représente plus de 8 236 médecins de famille fournissant des soins aux
populations isolées, rurales, suburbaines, urbaines en Ontario.
L'établissement et le maintien de standards élevés de pratiques de la médecine
et l'amélioration en continu de l'accès à des services de médecine familiale
de qualité sont au coeur de cette organisation.




Renseignements: Kate Carroll, Environics Communications,
kcarroll@environicspr.com, (416) 969-2732; Jessica Davidson, Environics
Communications, jdavidson@environicspr.com, (416) 969-2735