• 12 décembre 2008 15:26
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Les TCA anticipent le chaos économique si on laisse s'effondrer les constructeurs d'automobiles


    TORONTO, le 12 déc. /CNW/ - Les dirigeants des TCA ont vivement réagi
aujourd'hui à la décision prise par le Sénat des Etats-Unis d'abandonner le
secours financier prévu pour les constructeurs d'automobiles nord-américains,
anticipant des conséquences économiques très dangereuses advenant
l'effondrement d'une ou plusieurs sociétés.
    "Ce n'est pas le moment pour les politiciens de jouer au plus fin, de
montrer du doigt ou d'inventer des boucs émissaires", a déclaré Ken Lewenza,
président des Travailleurs canadiens de l'automobile. "Cette industrie est le
gagne-pain de millions d'Américains et de Canadiens; nous devons donc nous
efforcer de la maintenir en vie."
    M. Lewenza a demandé au président des Etats-Unis, George W. Bush,
d'utiliser une portion des fonds de restructuration financière déjà approuvés
(soit des 700 milliards de dollars approuvés plus tôt cette année par le
Congrès américain) pour permettre aux constructeurs d'automobiles du pays de
poursuivre leurs activités jusqu'à l'entrée en fonction de la nouvelle
administration. Il a également demandé au gouvernement fédéral du Canada
d'approuver un forfait financier d'un montant proportionnel,
conditionnellement à l'approbation éventuelle d'un plan aux Etats-Unis, afin
de permettre aux filiales canadiennes de ces constructeurs de poursuivre leur
exploitation pendant les mois à venir.
    "De toute évidence, le Canada ne peut pas assurer à lui seul la
sauvegarde de ces sociétés mondialisées", a expliqué M. Lewenza. "Mais nous
pouvons aider à rompre l'embâcle étasunien en reconnaissant la gravité de la
situation et en manifestant notre volonté d'assumer notre juste part de cette
lourde charge."
    "Le gouvernement canadien a la responsabilité de se servir de son pouvoir
pour assurer la survie des usines et des emplois au Canada. Nous ne pouvons
pas nous permettre de demeurer passifs pendant que d'autres gouvernements de
par le monde agissent."
    M. Lewenza a souligné que l'approbation proactive d'un soutien
proportionnel par le gouvernement canadien (sous réserve d'un appui semblable
aux Etats-Unis) prouverait aux législateurs étasuniens que d'autres
gouvernements s'apprêtent bel et bien à seconder leurs mesures.
    M. Lewenza a insisté sur le fait que le secours financier aux
constructeurs d'automobiles ne constitue pas un "sauvetage" en ce qu'il
n'impose aucun fardeau aux contribuables. Il a appelé Ottawa à mobiliser
exactement les mêmes mesures (garanties de prêt, crédit à court terme et
échanges sur actif) qui ont permis au gouvernement fédéral d'appuyer les
banques canadiennes à hauteur de 150 milliards de dollars depuis septembre.
    "Il est important de soutenir notre système bancaire", a déclaré M.
Lewenza. "Mais il est tout aussi important de soutenir notre économie réelle."
    M. Lewenza a souligné l'importance de remédier rapidement aux effets du
gel du crédit sur le marché de l'automobile. Les bras financiers des trois
Grands (y compris au Canada) ont été forcés de réduire leurs prêts et
d'éliminer pratiquement la location à long terme en raison du gel du crédit,
ce qui a des effets très délétères sur les constructeurs d'automobiles. "Nous
ne pouvons pas laisser cette crise des institutions financières privées
détruire à jamais un pilier essentiel de notre prospérité à long terme", a
plaidé M. Lewenza, qui presse le gouvernement fédéral et la Banque du Canada
de prendre immédiatement des mesures visant à soutenir les prêts pour l'achat
de voitures neuves au Canada.
    M. Lewenza a également lancé un avertissement quant aux graves
conséquences, y compris pour les gouvernements, de l'effondrement d'un ou
plusieurs constructeurs. Des études économiques laissent entendre que les
gouvernements canadiens perdraient plus de 10 milliards de dollars par an en
recettes fiscales si cette industrie cessait ses activités.
    M. Lewenza a vertement critiqué l'exigence formulée par les républicains,
à savoir que les travailleurs syndiqués de l'automobile abaissent leurs
salaires aux niveaux consentis dans les usines non syndiquées du Mississippi
et de l'Alabama. "Les politiciens essaient de rejeter sur les travailleurs de
l'automobile le blâme pour un échec beaucoup plus général des politiques
publiques nord-américaines."
    "Certains de ces politiciens veulent vraiment que les trois Grands
échouent, avec le faux espoir que leur Etat en tire un surcroît d'emplois. Ils
ont donc le culot de blâmer le syndicat américain de l'automobile, qui
travaille plus fort que n'importe qui pour sauver des emplois aux Etats-Unis."
    La réduction des salaires aux niveaux consentis dans les usines non
syndiquées du sud des Etats-Unis n'aurait absolument aucune incidence sur la
survie des trois Grands, a expliqué M. Lewenza, car celle-ci dépend d'une
reprise de la situation financière et des ventes de véhicules.
    Les usines canadiennes du secteur de l'automobile bénéficient d'un
important avantage en termes de coûts sur les producteurs des autres pays
industrialisés, grâce à des taux horaires plus bas et à une productivité
supérieure. M. Lewenza a réitéré l'engagement des TCA à maintenir et à
protéger cet avantage.



Renseignements: Shannon Devine, Communications des TCA, (416) 302-1699
(cell.)