MONTREAL, le 15 nov. /CNW Telbec/ - Les citoyens et les organismes
communautaires, regroupés autour de la table de concertation Action-Gardien de
Pointe-Saint-Charles, sont intervenus à plusieurs reprises depuis le début de
l'année 2008 pour dénoncer, auprès de l'arrondissement Sud-Ouest, les
nuisances liées à l'utilisation des anciens bâtiments et terrains du CN. Bien
que le camionnage lourd dans les rues résidentielles ait été au coeur des
problèmes soulevés, l'utilisation de ces immenses bâtiments laissés à
l'abandon par la compagnie JC Fibers pour stocker des tonnes de papier n'était
pas sans inquiéter les résidants voisins du site.
Rappelons que l'entreposage illégal de tonnes de papier recyclé a débuté
dès 2007 dans les ateliers du CN. Les risques d'incendie liés à cet
entreposage de papier dans des conditions non sécuritaires et illégales ont
été maintes fois soumis aux élus. Les citoyens ont sonné l'alarme, ils ont
requis des solutions immédiates pour faire respecter la réglementation et
s'assurer d'un milieu sécuritaire.
Ce n'est qu'après plusieurs mois de pressions du milieu que
l'arrondissement Sud-Ouest imposait finalement, en juillet dernier, une date
limite à JC Fibers pour vider les lieux et cesser ces opérations le 31 octobre
2008 au plus tard. Rien n'y fit. Au contraire, des citoyens résidants aux
alentours ont continué de subir le va et vient de camions. Après le 31
octobre, l'arrondissement s'est contenté d'imposer des amendes minimes à la
compagnie.
Des démarches avaient aussi été faites auprès des autorités de la Ville
de Montréal. Ainsi, le 26 mai 2008, une citoyenne recevait la réponse suivante
de la Direction de la prévention et de l'intervention du Service de sécurité
et d'incendie concernant ses préoccupations sur les risques d'incendie: "Dans
le but de vous rassurer, nos constats sur place démontrent que les activités,
bien que non autorisées par la Direction de l'aménagement urbain et des
services aux entreprises de l'Arrondissement, DAUSE, du Sud-Ouest, ne
représentent pas de risque pour la population de votre secteur".
L'épreuve des faits nous démontre le contraire. Les citoyens avaient vu
juste, oui il y avait danger et l'arrondissement et les autorités municipales
ont laissé faire. Cet événement aurait pu et dû être évité. Nous parlons ici
de négligences et les conséquences auraient pu être dramatiques. N'eut été de
la pluie et du vent contraire qui soufflait vers le fleuve Saint-Laurent,
l'incendie qui a anéanti aujourd'hui ce secteur du site du CN, identifié comme
le complexe nord, aurait détruit une partie du quartier.
Cet incendie survient alors que l'Office de consultation publique de
Montréal tient des consultations sur le développement des terrains du CN d'une
superficie de 3,5 millions de pieds carrés vendu pour la somme symbolique de
1$ et autres considérations à Vincent Chiara du Groupe Mach. Soulignons aussi
que le bâtiment détruit par les flammes fait l'objet d'une réserve foncière du
gouvernement du Québec en faveur d'une utilisation par l'AMT pour l'entretien
de matériel roulant et des négociations avaient lieu entre le propriétaire et
l'AMT sur le transfert de la propriété.
La destruction d'une partie des ateliers du CN, qui signifie aussi une
immense perte patrimoniale, aura des impacts importants sur l'avenir de ce
site. La communauté entière de Pointe-Saint-Charles est en droit de demander
des réponses claires sur toutes les circonstances entourant les événements de
ce jour et aussi sur les agissements ayant conduit à un tel laissé faire de la
part des autorités concernées, des propriétaires et utilisateurs des lieux.
Ces événements ne font qu'accentuer la perte de confiance de la population
envers le propriétaire, l'arrondissement et la Ville de Montréal.
Renseignements: Dimanche: Porte-parole francophone: Lise Ferland, (514)
937-6556; Porte-parole anglophone: Patricia Murphy, (514) 794-6202, Lundi:
Action-Gardien: (514) 509-0795; Source: Action-Gardien, la Table de
concertation communautaire de Pointe-Saint-Charles; www.actiongardien.org