MONTREAL, le 11 janv. /CNW Telbec/ - Les syndicats des croupiers (FTQ)
des trois casinos de Montréal, Charlevoix et Lac-Leamy ont pris la décision de
boycotter le tournoi de poker à l'occasion du "dry run" qui se tiendra dans
ces casinos de lundi à jeudi prochains. Par ce boycott, les employés syndiqués
veulent protester contre l'ouverture, dans les trois casinos québécois, de
salons de poker équipés de tables électroniques.
D'autres groupes d'employés des casinos ont déjà signifié qu'ils
participeront aussi au boycott. C'est déjà chose acquise pour les syndicats de
l'unité générale, la sécurité et la surveillance du casino du Lac-Leamy
(Gatineau) ainsi que de tous les syndiqués FTQ du casino de Charlevoix
(sécurité et resto-casino).
Les trois syndicats des croupiers considèrent comme illégale
l'utilisation d'appareils de poker électroniques. Ils ont d'ailleurs
conjointement déposé une plainte formelle à cet égard auprès de la Régie des
alcools, des courses et des jeux. A ce jour, la Régie n'a rendu aucune
décision.
Un "dry run"
Il y a quelques jours, les trois casinos du Québec ont convié leurs
employés à un essai de nouvelles machines de poker électroniques que la
Société des casinos du Québec (SCQ) appelle "dry run". Pour les trois casinos,
ce "dry run" sert de répétition générale à l'ouverture au grand public des
salons de poker électronique prévue pour le 18 janvier. A Montréal, le casino
a même organisé un tournoi à l'intérieur de cette activité. Ce tournoi a fait
l'objet d'une plainte à la Régie le 8 janvier dernier.
Des prix à gagner
L'invitation au "dry run" a été faite exclusivement aux employés des
trois casinos. On y précise que les employés qui voudront jouer au poker
devront le faire en dehors des heures de travail. On y lit aussi que
"conformément à la politique de la SCQ, aucune somme d'argent véritable ne
sera misée ni gagnée". On ajoute toutefois que les employés participants
"pourront remplir une carte de commentaires qui servira à effectuer des
tirages de prix de présence (et qu'il y aura) au total, plus de 5 000 $ en
prix à gagner!"
La plainte des croupiers
Le 7 décembre dernier, les trois syndicats FTQ représentant les quelque
1450 croupiers des casinos de Montréal, du Lac-Leamy et de Charlevoix ont
déposé une plainte sur la légalité des appareils que la Société des casinos
veut implanter sur le territoire québécois. Malgré une seconde intervention
auprès de la Régie le 3 janvier dernier, celle-ci ne s'est toujours pas
prononcée.
La plainte déposée vise les "appareils de type Texas Hold'EM fabriqués
par la compagnie Poker Tek", qui seront installés dans les nouveaux salons de
poker. Pour les trois syndicats représentant les croupiers, l'introduction de
ces appareils est "totalement illégale et va à l'encontre, non seulement du
Règlement sur les jeux de casino (c.S-13.1, r.1.01), mais également à
l'encontre du projet d'amendement de ce règlement qui fut publié dans la
Gazette officielle du Québec".
Du côté des croupiers, on estime que, pour qu'un salon de poker soit
conforme à la loi, entre autres, les cartes doivent être distribuées par une
personne. Au Québec, l'utilisation de machines à sous est encadrée légalement.
Dans ce cas, le résultat d'un jeu sur une machine à sous doit reposer sur le
hasard, même lorsque le joueur peut faire des choix, ce qui n'est pas le cas
avec les machines électroniques de poker.
Rappelons que les syndicats des croupiers SCFP et TUAC affiliés à la FTQ,
représentent quelque 1450 croupiers et que 550 autres employés des casinos de
Montréal, du Lac-Leamy et de Charlevoix sont aussi membres de la FTQ.
Renseignements: Jean-Pierre Proulx, conseiller syndical, (514) 244-9577;
Jean Laverdière, Information FTQ, (514) 383-8032; Source: FTQ