Zimbabwe - Un cameraman indépendant retrouvé mort deux jours après avoir été kidnappé à son domicile



    MONTREAL, le 5 avril /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières demande
qu'une enquête indépendante soit menée sur la mort d'Edward Chikomba,
cameraman free-lance et ancien collaborateur de la chaîne publique Zimbabwe
Broadcasting Corporation (ZBC), retrouvé mort le 31 mars 2007, deux jours
après avoir été kidnappé par des inconnus soupçonnés d'être des agents des
services de renseignements.
    "Ce crime nous plonge dans la consternation. Il intervient à un moment
critique pour les journalistes indépendants, où, après des années de
harcèlement, une violence extrême est exercée à leur encontre. Cet acte odieux
ne doit pas rester impuni. Or, la police n'est pas crédible pour mener une
enquête sérieuse. Nous appelons donc les chefs d'Etat qui continuent à
dialoguer avec le président Robert Mugabe à lui faire réaliser qu'il serait
incompréhensible et dangereux que les responsables de la mort d'Edward
Chikomba ne soient pas clairement identifiés et punis. Dans le Zimbabwe
d'aujourd'hui, seul un tiers indépendant serait capable d'établir les faits",
a déclaré l'organisation.
    Egalement propriétaire d'un échope, l'ancien cameraman de la ZBC a été
kidnappé par quatre hommes, qui se sont présentés à son domicile de Glen View,
une banlieue populaire de la capitale, le 29 mars, en demandant à acheter des
boissons. Forcé de monter à bord d'un véhicule tout-terrain blanc, sous la
menace d'armes à feu, Edward Chikomba a été retrouvé mort, le 31 mars, à
Darwendale (60 km à l'ouest de Harare). Son corps se trouve depuis cette date
à la morgue de Chinhoyi, à 115 km de la capitale.
    L'un de ses proches, cité par l'Union des journalistes du Zimbabwe (ZUJ,
principal syndicat professionnel), a affirmé qu'il avait tenté de retenir
Edward Chikomba au moment où ce dernier était forcé de monter à bord du
véhicule. Les agresseurs l'en ont empêché en le frappant à coups de crosse de
fusil. Selon la même source, le véhicule tout-terrain a été retrouvé à
Mapinga, près de Banket (80 km à l'ouest de Harare).
    L'un de ses anciens confrères a affirmé qu'Edward Chikomba était accusé
d'avoir vendu à des médias étrangers des images de l'opposant Morgan
Tsvangirai, au visage déformé, après qu'il avait été passé à tabac pendant sa
détention. Selon la même source, le cameraman était également un sympathisant
du parti d'opposition Movement for Democratic Change (MDC). "Mais il a sans
doute été ciblé parce qu'il était connu en tant que cameraman", a expliqué à
Reporters sans frontières un journaliste de Harare. Depuis son départ de
l'équipe de production de l'émission "Vision 30", diffusée jusqu'en 2001 par
la ZBC, Edward Chikomba continuait à réaliser des films de manière
indépendante pour des particuliers ou des médias.
    Les images de Morgan Tsvangirai défiguré, sortant du tribunal pour se
rendre à l'hôpital, ont été filmées par plusieurs médias, y compris par Mighty
Movies Zimbabwe (Pvt) Ltd, une importante maison de production zimbabwéenne,
qui a fourni ces images à des chaînes ou des agences étrangères.
    De nombreux opposants, militants des droits de l'homme ou journalistes,
ont été arrêtés par les services de renseignements ces dernières semaines,
dans des circonstances similaires. Gift Phiri, collaborateur de l'hebdomadaire
publié à Londres The Zimbabwean, est détenu depuis le 1er avril et inculpé
d'"exercice illégal du journalisme", tandis que Luke Tamborinyoka, ancien
rédacteur en chef du quotidien disparu Daily News, a été hospitalisé sur ordre
d'un tribunal de Harare, après avoir perdu connaissance lors de son procès, le
30 mars. Sérieusement blessé à la suite des mauvais traitements subis depuis
son arrestation, deux jours plus tôt, Luke Tamborinyoka et 34 militants du MDC
avaient été arrêtés au cours d'une rafle menée par les forces de police dans
les bureaux du parti.

    Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la
liberté de la presse dans le monde. L'organisation compte neuf sections
nationales (Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Espagne, France, Italie,
Suède et Suisse), des représentations à Bangkok, Londres, New York, Tokyo et
Washington, et plus de 120 correspondants dans le monde.




Renseignements :

Renseignements: Emily Jacquard, Responsable de la section canadienne,
Reporters sans frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Fax: (514)
521-7771, rsfcanada@rsf.org

Profil de l'entreprise

REPORTERS SANS FRONTIERES

Renseignements sur cet organisme

Actualités - Médias

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.