Vers une approche de développement local intégré



    ROUYN-NORANDA, QC, le 11 juin /CNW Telbec/ - Le Comité consultatif de
lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale a rendu public aujourd'hui,
devant des représentantes et des représentants de tous les milieux de
l'Abitibi-Témiscamingue, son quatrième avis, intitulé Améliorer la capacité
d'agir des collectivités : miser sur un développement local intégré. Rappelons
que le Comité consultatif a été créé il y a trois ans pour conseiller le
ministre responsable de la mise en oeuvre de la Loi visant à lutter contre la
pauvreté et l'exclusion sociale sur les actions à entreprendre en ce sens.
    "Il faut mettre le développement local au coeur de la lutte contre la
pauvreté et l'exclusion sociale et miser sur la sagesse des milieux. Il faut
libérer leur imagination et leurs capacités d'innovation en donnant aux
collectivités locales les marges de manoeuvre nécessaires pour travailler à un
développement intégré qui concilie le développement économique et le
développement social, en tenant compte des besoins des générations futures."
C'est en ces termes que la porte-parole du Comité et présidente du groupe de
travail qui a élaboré l'avis, Mme Jeanne Lavoie, a expliqué le sens des
recommandations du Comité consultatif.
    Le Comité espère que cet avis contribuera, d'une part, à aider les
collectivités locales fortement touchées par la pauvreté à se réapproprier
leur développement, et, d'autre part, à renforcer la mobilisation et la
concertation de l'ensemble des acteurs intéressés.

    Du "mur à mur" au "sur mesure"

    Selon le Comité, le choix du territoire visé par un plan intégré de
développement doit revenir aux acteurs des collectivités locales. Le
gouvernement doit renoncer à une approche "mur à mur" et choisir d'accompagner
les milieux dans la prise en charge de leurs efforts de lutte contre la
pauvreté et l'exclusion sociale. Dans cette même optique, chaque milieu local
doit pouvoir déterminer son mandataire et organiser sa mobilisation autour du
leader qui convient à sa réalité et à sa dynamique. Dans cette approche, les
conférences régionales des élus auront un rôle de coordination à jouer.
    Mme Lavoie a indiqué qu'"il faut soutenir la prise en charge de manière
durable. L'effort doit être constant et au-delà de l'horizon du mandat
habituel d'un gouvernement".

    Miser sur la sagesse du terrain

    Selon le Comité, il faut laisser les milieux se réapproprier leur
développement et faire confiance aux collectivités pour trouver les solutions
qui sont les mieux adaptées à leur réalité. Il faut leur donner des marges de
manoeuvre quant aux actions à entreprendre et veiller au processus qui
favorisera le résultat souhaité plutôt que de préciser les normes : un
processus où tous les acteurs doivent être mobilisés, qui doit être
démocratique et favoriser la participation citoyenne, particulièrement celle
des personnes en situation de pauvreté et d'exclusion sociale.
    Toujours selon le Comité, le gouvernement doit recourir aux tables de
concertation existantes comme base de la mobilisation des intervenants dans
une véritable approche intégrée de développement. De plus, le gouvernement
doit indiquer à ses ministères et organismes que, lors de l'adoption de
politiques sectorielles, les tables responsables du développement local
intégré et les organismes qui en assument le leadership constituent les
interlocuteurs pour toute mise en oeuvre d'actions à l'échelle locale. Les
collectivités locales doivent aussi avoir un droit de regard sur la mise en
oeuvre des plans d'action sectoriels.

    Des ressources à utiliser autrement

    Le Comité souligne que la plupart des ministères et organismes touchés
par le développement local et régional, surtout les plus importants, ont des
budgets particuliers qu'ils consacrent aux territoires défavorisés. Mais ces
budgets sont dépensés en fonction des priorités spécifiques des ministères
sectoriels, le plus souvent sans que les acteurs locaux conviennent de cette
utilisation et, surtout, en fonction de normes de programme prédéterminées.
    Il y a là pour le Comité un bassin important de ressources qui pourraient
être utilisées autrement, selon les priorités du milieu. Pour Mme Lavoie, "les
interventions en silo constituent le principal obstacle à un développement
intégré. Il faut que les gestionnaires publics locaux puissent s'engager
concrètement dans la mise en oeuvre des priorités locales".
    Ainsi, le Comité recommande que, sous le leadership du ministre
responsable de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, une entente
interministérielle soit conclue avec l'ensemble des ministères et des
organismes visés. Une telle entente servirait à établir les ressources qui
seront mises à la disponibilité des territoires prioritaires d'intervention
convenus avec les régions et les villes à même les budgets de ces ministères
et organismes. Le Comité est également d'avis que le Conseil du trésor doit
permettre qu'à l'intérieur de leurs budgets de programmes ou d'interventions
alloués pour les territoires prioritaires les ministères et organismes
gouvernementaux disposent de sommes qui ne sont pas régies par les normes
courantes des programmes.

    Assurer le droit à la mobilité sur tout le territoire

    Dans les régions étendues et où vit une population très dispersée,
l'enjeu du transport collectif représente évidemment un élément essentiel de
toute stratégie visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. La
possibilité de se déplacer pour avoir accès à l'emploi, à la formation, aux
services de santé, aux loisirs ou à la culture représente plus que jamais une
condition déterminante de l'inclusion sociale des personnes.
    Le Comité propose donc que le ministère des Transports renforce son
action afin que le transport collectif soit assuré dans l'ensemble des
territoires défavorisés où de tels services n'existent pas encore. "Dans le
cadre du prochain plan d'action gouvernemental en matière de lutte contre la
pauvreté et l'exclusion sociale, des actions concrètes doivent être mises en
oeuvre afin d'assurer l'accès à des services de transport collectif local,
intrarégional et interrégional partout au Québec", a affirmé la porte-parole
du Comité, ajoutant que, en priorité, "il faut agir là où l'absence de
transport collectif nuit à l'insertion sociale et économique des personnes".

    Vers des pactes de solidarité

    Selon Mme Lavoie, "peu importe l'enjeu qui conduit à la mobilisation des
acteurs sur un territoire, quand celle-ci permet que les forces vives d'une
communauté se réunissent pour travailler ensemble autour d'objectifs communs,
c'est souvent le début d'une renaissance pour la collectivité". Pour le
Comité, appuyer les efforts des milieux dans la prise en charge locale de la
lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, c'est d'abord soutenir cette
mobilisation, favoriser la "contamination" des acteurs par le "virus" du
travailler ensemble, autour d'objectifs communs et des capacités du milieu.
    Pour que chacune et chacun participe à cet effort, le Comité soutient le
développement de "pactes de solidarité" en faveur des milieux défavorisés
permettant, à chaque palier (national, régional, local), de concrétiser
l'engagement des ministères et des organismes, des partenaires du marché du
travail, du secteur communautaire et des autres acteurs de la société civile.

    
    Source
    Paul Dechêne                         Jeannine Arseneault
    Secrétaire général                   Agente de recherche
    Comité consultatif de lutte contre   Comité consultatif de lutte contre
    la pauvreté et l'exclusion sociale   la pauvreté et l'exclusion sociale
    418 455-3499                         418 473-5819
    
    -%SU: SOC
    -%RE: 42




Renseignements :

Renseignements: Paul Dechêne, Secrétaire général, Comité consultatif de
lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, (418) 455-3499; Jeannine
Arseneault, Agente de recherche, Comité consultatif de lutte contre la
pauvreté et l'exclusion sociale, (418) 473-5819


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