Vers l'autosuffisance énergétique dans les industries



    SHERBROOKE, QC, le 6 fév. /CNW Telbec/ - Imaginez des fermes laitières,
des supermarchés et d'autres exploitations commerciales qui transforment leurs
rejets thermiques en énergie renouvelable. Voilà une vision que la nouvelle
Chaire du CRSNG en efficacité énergétique industrielle de l'Université de
Sherbrooke cherche à concrétiser.
    Lancée aujourd'hui grâce à un partenariat entre le Conseil de recherches
en sciences naturelles et en génie (CRSNG) du Canada, Hydro-Québec, Ressources
naturelles Canada (RNCan), Rio Tinto Alcan et l'Université de Sherbrooke,
cette chaire de recherche industrielle bénéficiera d'un investissement
financier de quelque 2,1 M$ sur cinq ans ainsi que d'un investissement en
équipements et en services d'une valeur de plus de 2,5 M$.
    Sous la direction du professeur Nicolas Galanis, de la Faculté de génie,
les activités de la chaire seront axées sur trois thèmes qui reflètent la
consommation d'énergie actuelle de l'industrie et ses tendances futures : les
technologies de réfrigération avancée, la récupération des rejets thermiques
industriels et la diminution de l'intensité énergétique des procédés
industriels. Les projets et les prototypes élaborés s'appliqueront à de
nombreux secteurs d'activités.
    "Ces recherches sur la conversion et le transfert d'énergie amélioreront
l'efficacité énergétique dans les industries, en particulier celles qui font
appel à l'énergie thermique, souligne le professeur Jacques Beauvais,
vice-recteur à la recherche de l'Université de Sherbrooke. En plus de former
du personnel hautement qualifié, la chaire fournira également des solutions
visant une meilleure économie d'énergie et la réduction des émissions de gaz à
effet de serre souhaitée par le public, les gouvernements et les industries."
    "Ressources naturelles Canada est heureux de participer à l'établissement
de cette chaire en efficacité énergétique industrielle à l'Université de
Sherbrooke, déclare pour sa part le ministre des Ressources naturelles,
l'honorable Gary Lunn. Notre collaboration à ce projet de recherche complète
le travail déjà entrepris dans le cadre du Programme d'économie d'énergie dans
l'industrie canadienne, un partenariat gouvernement-industrie qui cherche à
améliorer l'efficacité énergétique dans nos industries. Nos initiatives
écoENERGIE, dotées de 3,6 milliards de dollars, aident aussi les Canadiens à
utiliser l'énergie plus efficacement, stimuler l'offre d'énergie renouvelable
et mettre au point des technologies énergétiques plus propres."
    Mme Suzanne Fortier, présidente du CRSNG, a pour sa part souligné les
compétences bien établies du titulaire de la chaire de recherche industrielle.
"M. Galanis jouit d'une renommée internationale pour son expertise en
thermodynamique, en mécanique des fluides et en transfert de chaleur. Celui-ci
est tout à fait désigné pour accroître l'efficacité énergétique dans les
processus industriels. Nous profiterons tous des avantages environnementaux
d'une consommation d'énergie réduite."
    Hydro-Québec verse 750 000 $ à ce projet par l'entremise de la Campagne
Ensemble. "Soutenir les projets de recherche et d'innovation est une priorité
pour l'entreprise et cette chaire constitue un point d'appui important dans le
domaine de l'efficacité énergétique industrielle au Québec", souligne Denis
Faubert, directeur principal de l'Institut de recherche d'Hydro-Québec.
    "Rio Tinto Alcan est fière de s'associer à cette nouvelle chaire, a
déclaré François Tremblay, directeur du Centre de recherche et de
développement Arvida (CRDA) de Rio Tinto Alcan. Il ne fait aucun doute que
cette initiative contribuera à la formation de jeunes scientifiques, au fait
des réalités et des besoins de l'industrie. Pour Rio Tinto Alcan, l'efficacité
énergétique est une priorité depuis de nombreuses années. La création d'une
chaire en efficacité énergétique nous permettra de poursuivre nos efforts en
recherche et développement et ainsi encourager la formation d'une relève
compétente dans le domaine."

    
                     Dans les arénas et les supermarchés

    Selon une estimation de RNCan, environ 10 % de la consommation totale de
l'énergie au Canada sert à produire du froid, incluant la climatisation. Une
amélioration de seulement 1 % de l'efficacité énergétique dans l'ensemble des
systèmes de réfrigération entraînerait une économie d'environ 8500 TJ/an, soit
l'équivalent de 1,3 million de barils de pétrole et une réduction importante
des effets nocifs environnementaux. Comme premier volet de recherche, Nicolas
Galanis et son équipe se pencheront sur les technologies de réfrigération
avancées.
    "Nous travaillons à un prototype de réfrigération magnétique qui pourrait
par exemple remplacer les machines conventionnelles dans les supermarchés,
explique le professeur Galanis. Le bruit ambiant de ces machines, le fait
qu'il faille souvent remplacer les réfrigérants et le tort qu'ils causent à la
couche d'ozone deviendraient chose du passé."
    L'utilisation du CO2 dans les systèmes de réfrigération basse température,
notamment pour la congélation des aliments dans l'industrie ou le maintien des
produits dans les comptoirs réfrigérés basse température des supermarchés,
permettrait de diminuer la taille, la puissance et la consommation d'énergie
de ces installations frigorifiques. La conception intégrée des systèmes de
chauffage-ventilation-climatisation devrait prévoir la récupération et
l'utilisation de la chaleur rejetée par le système de réfrigération pour les
arénas, les supermarchés, les entrepôts frigorifiques et certaines industries
dont l'agroalimentaire. Dans la plupart de ces installations, le système de
réfrigération rejette plus de chaleur que le bâtiment n'en utilise pour ses
besoins de chauffage.

             Récupérer l'énergie provenant des rejets thermiques

    Dans l'industrie, une très grande quantité d'énergie est perdue sous forme
de rejets thermiques, en raison de l'inefficacité des procédés industriels. Un
problème auquel s'attaquera le deuxième volet de la chaire. "Comme l'industrie
consomme 40 % de l'énergie au Canada et qu'environ seulement le quart se
retrouve dans le produit final, le reste se perd dans la nature, souligne
Nicolas Galanis. Pourquoi ne pas récupérer cette énergie avec un caloporteur,
c'est-à-dire avec un fluide qui transporte cette chaleur vers un moteur
thermique pour ensuite la convertir en électricité?" Hydro-Québec et Rio Tinto
Alcan ont d'ailleurs un intérêt marqué pour ce projet.
    Plusieurs secteurs bénéficieraient d'un tel procédé. "Dans les laiteries
par exemple, la récupération de chaleur rejetée lors de la production du lait
en poudre pourrait être valorisée, ajoute le professeur Galanis. Comme les
laiteries ont besoin de chaleur pour la pasteurisation du lait, puis de froid
pour sa conservation, une machine à absorption permettrait de produire du
chaud et du froid selon les besoins à partir des rejets d'autres procédés."

         Transformer des déchets organiques en énergie renouvelable

    Le troisième volet des activités de la chaire vise à améliorer l'intensité
énergétique des procédés, comme la cuisson de produits alimentaires et le
traitement thermique de pièces métalliques. Une approche systémique
s'avérerait fort utile dans les fermes porcines par exemple, comme en témoigne
le professeur Galanis. "Cette industrie produit des déchets organiques qui
pourraient être convertis en biogaz. A leur tour, ces biogaz seraient brûlés
dans un moteur modifié afin de produire de l'électricité, du chaud et/ou du
froid, le tout en réduisant les odeurs. On développe un système intégré qui
utilisera la source de pollution et la transformera en une forme d'énergie
renouvelable. Une vision globale qui vise l'autosuffisance."

                      Les collaborateurs et partenaires

    La chaire réunit des scientifiques de trois universités canadiennes, du
Laboratoire des technologies de l'énergie d'Hydro-Québec et du Centre de la
technologie de l'énergie de Varennes de RNCan. Les objectifs de recherche, de
développement et de formation qui les rassemblent se placent au service de la
société et des intervenants canadiens et québécois.
    




Renseignements :

Renseignements: Caroline Dubois, conseillère en relations médias,
Université de Sherbrooke, (819) 821-8000, poste 63395; cellulaire: (819)
560-2373, Caroline.Dubois4@USherbrooke.ca; www.USherbrooke.ca


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