Venezuela - Une arrestation après l'agression de douze journalistes: "des gages contre l'impunité, mais une polarisation tenace"



    MONTREAL, le 17 août /CNW Telbec/ - Reporters sans frontièrs prend acte
des avancées rapides dans l'enquête sur l'agression, le 13 août 2009 à
Caracas, de douze journalistes du groupe de presse privé Cadena Capriles.
Gabriel Uzcategui Beaumont, 28 ans, employé d'une fondation para-étatique, a
été arrêté dans la soirée du 15 août et le parquet général de la République a
annoncé neuf prochaines interpellations grâce aux témoignages des victimes
ainsi qu'à des enregistrements et clichés des événements.
    "Nous exprimons notre soutien aux rédactions de la Cadena Capriles. Le
gouvernement a donné des gages réels de lutte contre l'impunité dans cette
affaire comme il l'a fait avec l'arrestation de la militante Lina Ron,
aussitôt après un assaut armé contre le siège de la chaîne privée Globovisión,
le 3 août. Il est malheureusement à craindre que dans un contexte de
polarisation médiatique toujours aussi extrême, alimenté par de nouvelles
législations controversées et de récentes fermetures de médias (lire le
communiqué du 2 août 2009), le gouvernement ne soit de plus en plus débordé
par des militants extrémistes se réclamant de lui. La question des médias
appelle plus que jamais un débat national, associant toutes les sensibilités",
a déclaré Reporters sans frontières.
    Employé par la Fondation Simón Rodriguez, Gabriel Uzcategui Beaumont est
soupçonné d'avoir participé à la violente agression de douze journalistes de
la Cadena Capriles, dont huit ont été grièvement blessés. Octavio Hernandez,
Manuel Alejandro alvarez, Gabriela Iribarren, Jesús Hurtado, Marco Ruiz,
Usbaldo Arrieta, Fernando Penalver, Marie Rondón, Greasi Bolanos, Glexis
Pastran, César Batiz et Sergio Moreno Gonzalez manifestaient pacifiquement
contre certaines clauses de la nouvelle loi sur l'éducation lorsqu'ils ont été
attaqués, en plein centre de Caracas, aux cris de "défenseurs de
l'oligarchie". Le groupe Cadena Capriles compte notamment parmi ses titres le
principal quotidien du pays, Ultimas Noticias.
    Dans une allocution télévisée peu après l'arrestation de Gabriel
Uzcategui Beaumont, le président Hugo Chavez a condamné sans réserve cette
attaque. Il avait également condamné les violences commises le 3 août contre
la chaîne Globovisión, nettement critique à son égard et dont il fustige
régulièrement le "terrorisme médiatique" à l'antenne (lire le communiqué du 21
juillet 2009).
    Le nouvel arsenal législatif en matière de presse suscite de très fortes
controverses. L'Assemblée nationale a récemment repoussé le vote d'une loi
contre les délits médiatiques punissant les contrevenants de quatre ans de
prison. Elle a en revanche approuvé, le 13 août, la loi sur l'éducation, qui
reprend certaines dispositions du précédent projet de loi concernant les
atteintes des médias à la "morale publique" ou à la "santé mentale".




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4188, Télécopieur: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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