Une ressource à protéger, des emplois à sauvegarder - Lancement d'une importante campagne de la CSN dans le secteur forestier



    MONTREAL, le 10 déc. /CNW Telbec/ - La Confédération des syndicats
nationaux (CSN) prépare une importante campagne visant à consolider les
emplois et à soutenir les travailleurs touchés par la crise du secteur
forestier, dans une perspective de préservation et de régénération de la
forêt. De concert avec la Fédération des travailleuses et des travailleurs du
papier et de la forêt (FTPF-CSN), la CSN mobilisera ses ressources au cours
des prochains mois pour intervenir à tous les niveaux afin de consolider les
emplois de ce secteur, pour appuyer concrètement les travailleurs qui ont
perdu leur emploi et pour engager une importante réforme du régime forestier,
au centre de laquelle la sylviculture doit occuper une place prépondérante.
    La CSN, la FTPF-CSN et le Syndicat national de la sylviculture (SNS-CSN)
profitent de la tenue du Sommet sur l'avenir du secteur forestier québécois,
qui débute ce soir à l'hôtel Loews Le Concorde à Québec, pour annoncer les
moyens qu'ils entendent mettre de l'avant pour trouver des solutions à la pire
crise de l'histoire de ce secteur au Québec et des mesures qui doivent être
mises en place pour protéger les emplois et supporter les milliers de
travailleurs qui sont sans travail.
    Depuis quatre ans, plus de 12 000 travailleuses et travailleurs ont perdu
leur emploi, pour une durée temporaire ou définitive, et près de 130 usines de
sciage ou de pâtes et papier sont inactives. Actuellement, 31 municipalités
sont privées de leur principale activité économique, sur les 250 qui
s'appuient sur l'industrie forestière. Les dizaines de milliers de familles
qui habitent dans ces communautés vivent des drames déchirants, espérant que
la situation s'améliore un jour.
    Les récentes annonces du géant AbitibiBowater ont accru les inquiétudes
des travailleurs et leurs familles, car tous risquent d'être touchés dans un
avenir rapproché. En effet, la plus importante industrie du secteur forestier
québécois a indiqué qu'elle procèderait à d'autres fermetures ou
rationalisations dans un proche avenir, alors que les travailleurs qui
demeureront à son emploi seront appelés à réduire leurs conditions de travail.
    "Nous estimons que les travailleurs ont assez écopé et que tout doit être
fait pour les soutenir et sortir cette industrie de la crise, a déclaré la
présidente de la CSN, Claudette Carbonneau. Notre campagne vise trois cibles
et comprend un échéancier à court et à long terme."
    Ainsi, un ensemble de revendications touchant les gouvernements fédéral
et québécois et l'industrie forestière seront mises de l'avant au cours des
prochains mois, alors que les travailleuses et les travailleurs et l'ensemble
des communautés seront invités à développer des liens de solidarité. Le plan
de la CSN prévoit des assemblées syndicales régionales ou locales, des
manifestations, des visites chez les élus de tous les niveaux et, évidemment,
des rencontres avec les employeurs.

    Les revendications au gouvernement fédéral

    Selon la présidente de la CSN, le gouvernement conservateur doit sortir
de son mutisme et agir sans délai. "On prévoit des surplus budgétaires de
l'ordre de 11 milliards de dollars au fédéral et la caisse d'assurance-emploi
compte des surplus de 54 milliards, a-t-elle poursuivi. Ce ne sont pas les
moyens qui manquent, mais la volonté d'intervenir pour soutenir les
travailleurs forestiers et cette industrie. Nous ne manquerons pas de le lui
rappeler."
    Récemment, la CSN a présenté des pistes de solution au Comité permanent
des Finances de la Chambre des communes. La centrale estime que le
gouvernement fédéral doit rapidement faire sa part et instaurer un programme
de prêts et de garanties de prêts avantageux qui permettrait aux entreprises
qui manquent de liquidités d'investir dans la modernisation de leur
entreprise.
    Le gouvernement fédéral doit également soutenir les travailleurs en
difficulté en bonifiant le régime d'assurance-emploi et en mettant en place un
programme de soutien du revenu pour les travailleurs âgés qui ne pourront se
recycler et qui viendrait établir un pont entre les prestations
d'assurance-emploi et celles de la Régie des rentes.

    
    Ainsi, la CSN en appelle au gouvernement fédéral pour qu'il :

    - mette en place un programme de soutien pour les travailleurs âgés ;
    - améliore le régime d'assurance-emploi ;
    - remette sur pied le fonds de diversification des économies forestières
      qu'il a aboli ;
    - institue un programme de prêts et de garanties de prêts pour aider le
      financement des investissements dans le matériel de production ;
    - permette un crédit d'impôt remboursable aux entreprises afin de
      favoriser leurs activités de recherche et de développement dans le but
      d'accroître la deuxième et la troisième transformation ;
    - augmente les budgets du Programme d'aide à la recherche industrielle

    Les revendications au gouvernement québécois

    Le gouvernement Charest doit réformer en profondeur le régime forestier et
placer la sylviculture au centre de celle-ci. La CSN et la FTPF-CSN
poursuivent leur réflexion pour présenter leur vision d'une vaste réforme lors
des consultations annoncées par le ministre Béchard et qui devraient se tenir
au cours de la prochaine année.
    Mais déjà, les organisations estiment qu'une transformation du régime
forestier doit tenir compte des éléments suivants :

    - concilier la préoccupation environnementale de la pérennité de la
      ressource et la préoccupation sociale de maintenir des emplois dans
      tous les secteurs d'activités de l'industrie ;
    - traiter de l'allocation de la ressource, du mode de redevances, des
      opérations sylvicoles, notamment par la reconnaissance du travail des
      ouvriers, et du relèvement de leurs conditions de travail et
      l'aménagement forestier durable ;
    - privilégier la transparence lors de l'octroi des contrats d'aménagement
      forestier, peu importe leur évolution ;
    - placer à l'avant plan les intérêts des Premières Nations et des
      communautés locales dépendantes de la forêt ;
    - privilégier la norme de certification FSC ;
    - supporter le développement d'une industrie des produits forestiers
      moderne, innovatrice et concurrentielle tant au plan de ses activités
      économiques que de ses responsabilités sociales ;
    - soutenir le développement d'une industrie autonome de l'aménagement
      forestier.

    Dans l'immédiat, le gouvernement québécois doit instaurer une charte de la
construction favorisant l'utilisation du bois dans la construction d'édifices
publics, reconduire les mesures de soutien aux travailleuses et aux
travailleurs mises en place en octobre 2006 et instituer un fonds d'aide à
partir de la récupération de 1 % de la TPS, comme le propose le Parti
québécois. Ce fonds permettrait d'utiliser un montant de plus de 1 milliard de
dollars pour soutenir les travailleurs qui ont perdu leur emploi et pour
appuyer la modernisation des entreprises.
    "L'hécatombe est tel dans le secteur forestier et dans l'industrie
manufacturière qu'une grande corvée s'impose, a rappelé Claudette Carbonneau.
Nous lançons un appel à une solidarité agissante envers les régions et les
travailleuses et les travailleurs, frappés de plein fouet par une grave crise
aux conséquences sociales terribles."

    Les revendications à l'industrie forestière

    Selon le vice-président de la FTPF-CSN, Michel Fortin, "les entreprises
forestières ont leur responsabilité dans la crise que traverse ce secteur au
Québec. Ne procédant pas à la modernisation de leurs installations comme elles
auraient dû, elles profitent du désarroi des communautés pour bouleverser les
conditions de travail, couper des emplois, restructurer, rationaliser, en
refusant d'assumer leurs responsabilités sociales et leurs obligations
minimales de transparence."

    La FTPF-CSN revendique donc :

    - l'introduction de la norme de certification FSC :

    - l'implication préalable des travailleuses et des travailleurs dans les
      démarches de consolidation des entreprises ;

    - la présentation de plans de gestion prévisionnelle de main-d'oeuvre
;

    - l'embauche, dans leurs autres branches d'activités, des travailleurs
      qui ont perdu leur emploi.
    

    Mercredi et jeudi, au terme du Sommet sur l'avenir de l'industrie
forestière, les syndicats de la fédération feront le point sur la situation et
discuteront des éléments du plan de campagne de la CSN qui se mettra en branle
dès le début de 2008.

    La CSN représente plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, dont
quelque 13 000 dans le secteur du papier, de la forêt et des imprimeries dans
185 syndicats.




Renseignements :

Renseignements: Louis-Serge Houle, Service de l'information de la CSN,
(514) 792-0795


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