Une nouvelle étude du Schulich School of Business rappelle l'importance pour les entreprises de se préparer à une éventuelle pandémie de grippe



    L'auteur de l'étude montre à quel point le manque de planification peut
    avoir des effets néfastes sur le chiffre d'affaires des entreprises.

    MONTREAL, le 17 juin /CNW/ - La Schulich School of Business a rendu
publique une nouvelle étude - la première du genre au Canada - qui fait
l'analyse des effets micro-économiques qu'une pandémie de grippe pourrait
avoir sur les entreprises. Présentée aujourd'hui à la World Conference on
Disaster Management, cette étude intitulée Making a case for investing in
pandemic preparedness porte principalement sur la façon dont le plan
d'affaires d'une entreprise peut justifier un tel investissement.
    Selon les spécialistes des maladies infectieuses, la question n'est pas
de savoir si une nouvelle pandémie de grippe est à craindre, mais plutôt de
savoir quand elle surviendra(1),(2),(3). La probabilité cumulée d'une pandémie
au cours des prochaines années devrait être de 3 à 10 % en 2008, de 14 à 41 %
d'ici 2012 et de 26 à 65 % d'ici 2017(4).
    "La probabilité qu'une pandémie de grippe ait des répercussions négatives
sur les employés d'une entreprise est plus élevée que la probabilité qu'un
incendie vienne endommager ses immeubles", a déclaré le Dr Amin Mawani, auteur
de l'étude et professeur associé au programme de gestion de l'industrie de la
santé de la Schulich School of Business de l'Université York à Toronto. "Les
entreprises n'hésitent pas à souscrire une assurance contre les incendies,
mais sont encore réticentes à investir dans la protection de leurs employés
contre une grippe pandémique. Cette étude montre qu'il est devenu impératif
pour les entreprises de se préparer en vue d'une pandémie de grippe."
    Dans notre société actuelle, caractérisée par la mondialisation, une
pandémie de grippe pourrait entraîner un taux d'absentéisme de 30 à 40 % au
sein d'une entreprise(5). Puisque la réussite d'une entreprise dépend
essentiellement de ses employés, un fort taux d'absentéisme sur une période
prolongée pourrait avoir des effets très néfastes sur le revenu et sur les
profits de l'entreprise. Des études antérieures ont montré que les
interruptions dans la chaîne d'approvisionnement, y compris dans la
disponibilité de la main-d'oeuvre, peuvent être extrêmement coûteuses pour une
entreprise. Dans l'éventualité d'une pandémie et des répercussions néfastes
qu'elle entraînerait, l'étude Schulich montre qu'une bonne préparation, qui
comprend des mesures préventives, comme la constitution de réserves
d'antiviraux (médicaments contre la grippe) pour protéger les employés, est
financièrement justifiée si l'on tient compte des indicateurs de performance
standards au sein des entreprises, comme la valeur actualisée nette (VAN), le
taux de rentabilité interne (TRI) et le rendement.
    "Cette étude met en lumière le fait que les entreprises ne peuvent pas se
permettre de ne pas se préparer en vue d'une pandémie de grippe, surtout si
leurs concurrents l'ont fait, a ajouté Dr Mawani. Les concurrents qui se sont
préparés en vue d'une telle éventualité peuvent profiter d'une pandémie de
grippe pour s'approprier une bonne part de marché et prendre des initiatives
stratégiques difficiles à rattraper plus tard."
    Les fournisseurs prêts à réagir en cas de pandémie pourraient bien
bénéficier du même avantage, même en l'absence de pandémie, puisque les
clients se sentiront en confiance, ayant la certitude que l'approvisionnement
ne sera pas interrompu.

    Comparaison des répercussions macro-économiques et micro-économiques

    La plupart des études effectuées jusqu'à maintenant sur les répercussions
économiques d'une pandémie de grippe portaient surtout sur des mesures
macro-économiques. Par exemple, BMO Nesbitt Burns estime la baisse du PIB
canadien à 2 % (ou 20 milliards de dollars) en cas de pandémie mineure et à
6 % (ou 60 milliards de dollars) si la pandémie est majeure(6).
    Selon le Dr Mawani, les entreprises doivent faire leurs propres calculs
pour évaluer les pertes éventuelles qu'une pandémie de grippe pourrait
entraîner au niveau de leurs ventes et de leurs profits.
    Lors d'une conférence de la Harvard Business School sur la préparation en
vue d'une pandémie, on a cité en exemple le cas d'une petite compagnie
d'assurance dont la valeur de l'action a chuté de presque 15 % - ce qui
représente une perte de 208 millions de dollars, une somme énorme pour une
compagnie dont le chiffre d'affaires est de 1,4 milliard de dollars(7).
L'étude Schulich mentionne également une étude sur la préparation au bogue de
l'an 2000 qui a montré que les entreprises bien préparées ont pu voir la
valeur de leurs actions augmenter.
    La flambée de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qu'a connue le
monde en 2002 et en 2003 (qui n'était pas suffisamment généralisée pour qu'on
la qualifie de pandémie) a permis de constater la rapidité avec laquelle un
nouveau virus respiratoire pouvait se répandre à partir d'un unique cas
signalé en Chine rurale, rendre des milliers de personnes malades et provoquer
774 décès à travers le monde. C'est cependant en raison de l'absentéisme chez
les employés, les clients et les fournisseurs que le SRAS a entraîné
d'importantes pertes économiques de l'équivalent de 2 milliards de dollars au
Canada (ou une chute de 3 % du produit intérieur brut (PIB) pendant ce
trimestre) - même si, au Canada, le nombre de décès s'est limité à 44(8).
    Selon le Dr Mawani, "pour une petite entreprise dont les activités ne
sont pas diversifiées, les répercussions économiques de l'absentéisme au
travail peuvent être bien pires que ses effets macro-économiques. Des effets
indésirables qui peuvent être tolérés par une grande entreprise dont les
activités sont diversifiées, peut cependant représenter une perte
catastrophique pour une autre entreprise."
    L'étude Schulich évalue les coûts potentiels pour pallier les effets
négatifs de l'absentéisme dû à une pandémie de grippe et les compare aux
avantages potentiels qu'en tirerait une entreprise bien préparée en termes de
revenus. Dans le cadre de cette évaluation, l'analyse du rendement a porté sur
une société publique canadienne qui a divulgué les effets du SRAS sur ses
activités dans son rapport de gestion annuel. La plupart des employés de cette
société travaillent en contact étroit avec le public, ce qui accroît le risque
d'infection - la capacité de l'entreprise à poursuivre ses activités, à
générer des revenus et à faire des profits étant, par conséquent, mise en
péril. Utilisant la perte financière encourue pendant l'épidémie de SRAS comme
point de référence, l'étude Schulich montre que tous les indicateurs de
performance d'une entreprise, comme la valeur actualisée nette, le taux de
rentabilité interne et le rendement, justifient une bonne préparation en vue
d'une pandémie. Une telle préparation suppose qu'il faille consentir à
investir dans la constitution de réserves d'antiviraux, dans l'acquisition
d'équipements de protection personnelle et dans la formation.
    "Les mesures de rentabilité généralement reconnues montrent qu'investir
dans la préparation en vue d'une pandémie peut être économiquement et
financièrement viable, précise le Dr Mawani. Un tel investissement pourrait
contribuer favorablement au chiffre d'affaires d'une entreprise, à la valeur
de l'action et à son dynamisme face à la concurrence."

    Comment se préparer à une pandémie?

    Pour bien commencer, il serait judicieux de constituer des réserves
d'antiviraux et d'équipement de protection personnelle. Le virus de la grippe
est infectieux à partir de la veille de l'apparition des symptômes et jusqu'à
sept jours après, ce qui suppose une dissémination rapide du virus, surtout
dans les lieux de grande affluence. Si, d'autres mesures de prévention, telles
que le port d'un masque, d'une blouse et de gants, peuvent assurer une
certaine protection, l'utilisation prophylactique d'agents antiviraux doit
aussi faire partie d'une telle préparation.
    Les spécialistes des maladies infectieuses estiment que les agents
antiviraux sont indispensables pour contrôler une pandémie de grippe puisque
les scientifiques ne peuvent commencer à développer un vaccin protégeant la
population contre une nouvelle souche du virus avant que la maladie se
déclare. Les antiviraux serviraient alors de mesure provisoire afin de
permettre aux scientifiques de développer un nouveau vaccin protégeant contre
la nouvelle souche du virus(9). Les antiviraux s'attaquent au virus de la
grippe et l'empêchent de se disperser dans l'organisme.
    L'Organisation mondiale de la Santé encourage la constitution de réserves
d'antiviraux. Les réserves du gouvernement canadien lui permettraient de
traiter 17 % de la population en cas de pandémie. Le fait que seulement 17 %
de la population sera protégée en cas de pandémie place le Canada à
l'avant-dernier rang des pays du G7 pour ce qui est de la prévention. De plus,
le Canada est le seul pays du G7 ayant des réserves uniquement pour traiter
les personnes atteintes. Le Canada n'a pas adopté de politique officielle sur
l'utilisation des antiviraux comme mesure préventive en cas de pandémie de
grippe.
    Rendue publique ce mois-ci, la version préliminaire des directives du
ministère de la Santé des Etats-Unis, le Health and Human Services (HHS)
Department, laisse entendre que les employeurs jouent un rôle prépondérant
dans la protection de la santé et la sécurité de leurs employés, permettant
ainsi de limiter les effets d'une pandémie éventuelle sur la santé, l'économie
et la société en général. Le HHS précise que des réserves privées, qui
viendraient s'ajouter aux réserves des organismes de santé publique,
élargiraient encore plus cette protection que si le secteur public était le
seul à s'en occuper. Une combinaison de réserves publiques et privées
améliorerait notre capacité à atteindre nos objectifs nationaux en matière de
lutte contre la pandémie, ces objectifs étant de circonscrire l'infection
virale, d'atténuer les souffrances des personnes atteintes et de réduire le
nombre de décès, en plus de réduire au minimum ses répercussions sur notre
économie et sur notre vie sociale(10).
    "Les entreprises canadiennes ne peuvent pas compter sur le gouvernement
pour protéger leurs employés, pas plus que leurs bénéfices d'ailleurs, contre
une pandémie de grippe, souligne le Dr Mawani. Avec tous les problèmes urgents
auxquels elles doivent faire face, se préparer à une pandémie ne figure pas
souvent sur la liste de leurs priorités. Toutefois, ne pas s'y préparer
pourrait avoir des conséquences désastreuses pour elles et pour les autres
maillons de leurs chaînes d'approvisionnement."

    L'étude Schulich

    L'étude Making a case for investing in pandemic preparedness bénéficie
d'une subvention de recherche accordée par Roche Canada. Vous trouverez le
texte de l'étude de la Schulich School of Business à l'adresse
http://www.schulich.yorku.ca/pandemic

    
    Un rouleau-b est également mis à la disposition des médias :

        Date de diffusion : jeudi le 17 juin 2008

        Heure de la diffusion : 12h30 à 13h00 (HNE), diffusion en boucle

        Coordonnées satellite:  F2C/7B
                                6205 horizontal - 3980 vertical
                                Audio : 6.2/6.8

        En cas de problèmes techniques, contactez : 416 332-7066
    

    La Schulich School of Business

    De renommée mondiale (Global Business School(TM)), la Schulich School of
Business se classe parmi les plus grandes écoles de commerce à l'échelle
internationale avec ses deux campus à Toronto, au Canada, et ses satellites à
Beijing et à Shanghai, en Chine, à Mumbai, en Inde, à Séoul, en Corée et à
Moscou, en Russie. Cette école de commerce offre des diplômes de premier, de
deuxième et de troisième cycles à plus de 20 000 étudiants dispersés dans plus
de 80 pays. Elle a offert le premier baccalauréat et la première maîtrise
internationale en administration des affaires et a remis le tout premier
diplôme outre-frontières en administration des affaires, conjointement avec la
Kellogg School of Management de Chicago, Illinois. Chaque année, son centre de
formation des cadres offre des programmes de perfectionnement à quelque
16 000 gestionnaires canadiens et étrangers.

    
    -------------------------------------------
    (1)    Jong-wook, L, Allocation d'ouverture, Réunion sur la grippe
           aviaire et la grippe pandémique humaine, Genève, Suisse, novembre
           2005.
    (2)    Rapport sur la santé dans le monde 2007 - Un avenir plus sûr : la
           sécurité sanitaire mondiale au XXIe siècle. (Organisation mondiale
           de la Santé, Genève, Suisse, août 2007), p. 50.
    (3)    The Blue Ribbon Commission on Mega-Catastrophes - A Call to
           Action, (The Financial Services Roundtable, Washington, D.C.,
           2007), p. 13.
    (4)    Alison McGeer, 2008, présentation PowerPoint d'une conférence sur
           la planification face à une pandémie donnée à Toronto le 23 avril.
    (5)    Cooper, Sherry, 2006. Crise de la grippe aviaire : mise à jour
           économique de BMO Nesbitt Burns, 13 mars.
    (6)    Ibid.
    (7)    Harvard Business School, 2007, Business Preparedness for Pandemic:
           Executive briefing for corporate and government decision-makers,
           Cambridge, MA.
    (8)    Santé Canada (2003). Chiffres pour le SRAS au Canada. Accessible
           en ligne : http://www.phac-aspc.gc.ca/sars-sras/cn-cc/20030903
           _f.html.
    (9)    http://www.World Health
           Organization.int/csr/resources/publications/influenza/WORLD HEALTH
           ORGANIZATION_ CDS_ CSR_ GIP_05_8-EN.pdf.
    (10)   http://aspe.hhs.gov/panflu/stockpiling.html.
    





Renseignements :

Renseignements: Stéphanie Gaucher et Tina Fournier Ouellet,
Capital-Image, (514) 739-1188, poste 236 ou 230, sgaucher@capital-image.com,
tfournier-ouellet@capital-image.com

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SCHULICH SCHOOL OF BUSINESS

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