Une journaliste est arrêtée lors d'une manifestation à Sherbrooke - Violation de la liberté de presse selon la FPJQ



    SHERBROOKE, QC, le 20 nov. /CNW Telbec/ - La Fédération professionnelle
des journalistes du Québec (FPJQ), section Estrie, s'objecte fortement à
l'arrestation d'une journaliste étudiante lors d'une manifestation qui s'est
tenue à Sherbrooke à la fin du mois d'octobre. Lors de cet événement contre la
présence canadienne en Afghanistan les policiers ont également saisi
l'appareil photo appartenant au journal Le Collectif de l'Université de
Sherbrooke.
    La FPJQ s'indigne de ces faits et tient à dénoncer encore plus vivement
les commentaires du représentant du Service de police de Sherbrooke (SPS),
Martin Carrier qui soutient que les journalistes en devoir sur les lieux d'un
attroupement illégal peuvent être arrêtés, détenus et interrogés, au même
titre que les manifestants. Dans une entrevue au Journal de Sherbrooke,
Monsieur Carrier affirme : "Dans ce genre de manifestation, il y a des gens
qui se servent de cartes de presse pour éviter de se faire arrêter. Pour cette
raison, les policiers peuvent décider d'arrêter tout le monde sur les lieux
d'un attroupement illégal, même les véritables journalistes." Le constable
Carrier prétend aussi que les policiers peuvent saisir les caméras de
télévision et les appareils photos sans faire de distinction entre les
photographes et les manifestants.
    L'attitude du SPS est alarmante et complètement inacceptable. La
FPJQ-Estrie ne peut laisser passer sous silence cette violation de la liberté
de presse. "Les journalistes, photographes et cameramen qui couvrent des
événements d'intérêt public doivent pouvoir faire leur travail en toute
liberté et sans peur de se faire arrêter ou de voir leur matériel saisi"
commente la présidente de la FPJQ-Estrie, Rita Legault. "Nous ne sommes pas en
Iran! Au Canada et au Québec, on n'arrête pas les journalistes qui couvrent
les manifestations politiques!".
    Le rédacteur en chef du journal Le Collectif, Alexis Beaudet considère
aussi l'arrestation de la journaliste, Blandine Couillard comme une grave
atteinte à la liberté de presse. La direction du journal évalue la possibilité
d'un recours judiciaire.
    Les conséquences risquent d'être importantes pour la journaliste qui
s'était pourtant dûment identifiée auprès des policiers lors de son
arrestation et pendant son incarcération de plusieurs heures au poste de
police. Madame Couillard doit maintenant répondre d'accusations d'attroupement
illégal et de méfaits de plus de 5 000$, les manifestants ayant aspergé de
peinture rose le char d'assaut devant le manège militaire. Si elle est
reconnue coupable, l'étudiante d'origine française risque l'expulsion du
Canada. Elle a également dû remettre son passeport aux autorités, ce qui
l'empêche de retourner chez elle pour la période des Fêtes.
    Le policier Carrier soutient qu'au moment où les manifestants s'en sont
pris au véhicule de l'armée, il ne s'agissait plus d'une manifestation mais
d'un attroupement illégal. Il prétend que Madame Couillard faisait partie des
manifestants et ajoute que les journalistes ne peuvent porter deux chapeaux.
Monsieur Carrier rapporte que les clichés ont été saisis pour démontrer à la
cour à quel endroit la journaliste se trouvait lors de la commission du crime.
    Blandine Couillard, qui était affectée à la couverture de la
manifestation, soutient qu'elle a accompagné les manifestants, dès le départ,
pour faire des entrevues avec eux. Elle explique qu'elle se tenait au bord de
la scène pour prendre des photos quand les manifestants ont jeté de la
peinture rose sur le char d'assaut.
    La FPJQ réclame l'abandon des accusations contre Blandine Couillard et
l'établissement de directives strictes et claires auprès des policiers
sherbrookois afin d'éviter de telles bavures dans le futur. Les journalistes
doivent être assurés d'avoir la liberté nécessaire à l'accomplissement de leur
travail.
    Quant à l'appareil photographique saisi par les policiers, il a été remis
au journal Le Collectif mais sans la carte mémoire. La rédaction a reçu un CD
comprenant toutes les photos sauf celles prises le 27 octobre. Ceci démontre,
une fois de plus, la nécessité d'une loi qui limiterait l'utilisation du
matériel journalistique comme matière première pour les enquêtes policières.
Depuis des années, les journalistes appuient la création d'une telle loi qui
se fait toujours attendre.




Renseignements :

Renseignements: Rita Legault, présidente FPJQ-Estrie, (819) 569-6345

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