Un message de Greenpeace à Stephen Harper: Respectez Kyoto et agissez maintenant



    MONTREAL, le 2 déc. /CNW Telbec/ - A l'occasion de l'ouverture de la
réunion des Nations Unies sur les changements climatiques à Bali en Indonésie,
Greenpeace demande encore une fois au gouvernement de Stephen Harper de
respecter les engagements de Kyoto. Il faut que le gouvernement adopte une
politique vraiment efficace avec des cibles de réduction d'émissions
obligatoires afin de contrer les effets dangereux des changements climatiques
au pays et partout dans le monde.
    "Le Canada a un grand défi à relever, explique Arthur Sandborn,
responsable de la campagne Climat et énergie chez Greenpeace. A l'heure
actuelle, le Canada est l'un des pires pays en matière de changements
climatiques - il faut qu'il devienne rapidement l'un des meilleurs. Le
gouvernement Harper doit arrêter de faire du sabotage en rejetant la
responsabilité d'agir sur les pays en développement qui ne produisent qu'une
fraction des émissions des gaz à effet de serre (GES) par habitant."
    En ratifiant le Protocole de Kyoto, le Canada a accepté de réduire ses
émissions de GES de 6 % par rapport au niveau de 1990 d'ici à la période
d'évaluation de 2008-2012. En 2005, ses émissions annuelles étaient 25 %
supérieures à celles de 1990, ce qui le classe clairement parmi les moins bons
élèves, au 35e rang du groupe des 41 pays industrialisés qui ont accepté des
cibles de réduction spécifiques.
    "Le Canada est le seul pays signataire de Kyoto qui abandonne ouvertement
ses engagements de réduction des émissions, ajoute Sandborn. En refusant de
suivre l'exemple du Québec qui a agit pour aller dans la direction des
objectifs de Kyoto, Harper ne fait que protéger les industries pétrolières des
sables bitumineux en Alberta.".
    Harper et le ministre de l'Environnement, John Baird, ont aussi tenté
d'affaiblir le protocole, lors du forum de Coopération économique
Asie-Pacifique (APEC) et tout récemment encore à la réunion du Commonwealth.
Harper a aussi tenté de remplacer Kyoto par le plan des Etats-Unis et du
partenariat Asie-Pacifique, un plan qui fait la promotion des énergies
non-renouvelables et ne comprend que des mesures volontaires de réduction des
GES.
    Greenpeace soutient qu'il est important que les négociations formelles
sur les cibles de réduction soient terminées en 2009 et qu'elles mènent à
l'imposition de cibles obligatoires pour la seconde période d'engagement de
Kyoto, soit de 2013 à 2017. Greenpeace exige que ces cibles s'appliquent à
tous les pays, y compris les pays en voie de développement comme la Chine et
l'Inde. Certains pays, comme les Etats-Unis, l'Australie et l'Arabie saoudite,
se sont opposés à l'imposition de telles cibles et ils ont tenté de faire
dérailler le processus de négociation. Toutefois, la défaite récente du
gouvernement Howard en Australie, au profit d'un gouvernement pro-Kyoto, vient
de priver l'administration Bush d'un allié de taille.
    La rencontre de Bali est la 13e Conférence des 192 pays de la
Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CDP-13),
de même que la troisième réunion des 176 pays qui ont ratifié le Protocole,
entré en vigueur en février 2005.
    Le samedi 8 décembre, des manifestations auront lieu partout dans le
monde pour pousser les gouvernements à agir dans le dossier des changements
climatiques. Une marche aura lieu à Montréal le samedi 8 décembre à 14h30 au
Square Dorchester.

    Fiche d'information
    -------------------

    
                   A Bali, le Canada doit respecter Kyoto !

    En ratifiant le Protocole de Kyoto en décembre 2002, le Canada s'est
engagé à réduire ses émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) de 6 %
par rapport à leur niveau de 1990 d'ici 2008-2012.(1) Le Canada est très loin
d'avoir respecté ses engagements puisque ses émissions ont continué à
augmenter, à tel point qu'à la fin de 2005, elles étaient 25 % plus élevées
qu'en 1990. Par rapport à l'objectif de réduction de 2008-2012, l'écart est de
près de 33 %. Le Canada est l'un des pays les plus délinquants du monde à cet
égard comme l'a révélé un rapport récent des Nations-Unies. (2)
    En fait, parmi les 41 pays industrialisés qui ont accepté des cibles de
réduction spécifiques dans le cadre du Protocole, le Canada occupe la 35e
position... Si on tient compte aussi des émissions reliées à la foresterie et
à l'usage des sols, l'augmentation des émissions canadiennes entre 1990 et
2005 atteint 54 %. C'est énorme - seulement deux des 41 pays ont fait pire.
Même les Etats-Unis, qui n'ont pourtant pas ratifié le Protocole, ont
enregistré des augmentations plus faibles que le Canada.
    Greenpeace demande au gouvernement de respecter ses engagements et de
réduire ses émissions conformément aux exigences du Protocole de Kyoto.
Concrètement, cela signifie que, toujours par rapport au niveau de 1990, il
faut réduire nos émissions de 30 % d'ici 2020 (soit à 417 Mt) et de 80 % d'ici
2050 (soit à 119 Mt).

    Les politiques du gouvernement Harper mènent tout droit vers la
    catastrophe climatique

    - Des cibles de réduction qui permettent des augmentations... - Au lieu
      de conserver 1990 comme année de référence, le gouvernement Harper veut
      réduire les émissions totales du Canada par rapport à leur niveau de
      2006 : de 20 % d'ici 2020, et de 60 à 70 % d'ici 2050. En pratique,
      cela signifie que les émissions de 2020 seraient encore de 598 Mt par
      année, soit plus que les 563 Mt que l'on pourrait atteindre dès 2008-
      2012 en respectant le Protocole de Kyoto.

    - Les cibles mesurées en intensité des émissions sont trompeuses - Le
      gouvernement Harper a établi des cibles d'intensité pour l'industrie.
      L'intensité des émissions est une mesure relative, qui permet de
      chiffrer les émissions de GES par rapport à l'activité économique. Mais
      cette approche ne permet pas d'évaluer en chiffres absolus les progrès
      réels (ni les reculs...) réalisés. Par exemple, entre 1990 et 2005, on
      a observé une diminution de 18 % de l'énergie utilisée par unité de
      production, mais, comme la production totale a tout de même augmenté,
      les émissions en chiffres absolus ont grimpé de 25 %. Bref, cette
      mesure est trompeuse parce qu'elle reflète essentiellement les
      améliorations réalisées en matière d'efficacité énergétique, et elle
      peut cacher de fortes augmentations en termes absolus.

    - Le gouvernement ignore l'opinion des scientifiques - Le ministre de
      l'Environnement John Baird a déjà déclaré que les conclusions des
      spécialistes des changements climatiques étaient claires. Pourtant, il
      refuse d'agir en conséquence. Il existe un consensus scientifique
      solide à l'effet que pour éviter les conséquences dangereuses des
      changements climatiques, il faut limiter l'augmentation de la
      température moyenne de la Terre à moins de 2 degreesC. Or, pour ce
      faire, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
      climat (GIEC) a récemment déterminé que les pays industrialisés
      devaient réduire leurs émissions de 25 à 40 % d'ici 2020(3). Pourtant,
      la cible actuelle du gouvernement Harper pour 2020 correspond à une
      hausse des émissions par rapport à 1990.

    - Le fonds technologique permet d'acheter l'inaction - Au lieu
      d'engendrer une réduction absolue des émissions, la politique du
      gouvernement Harper permet aux entreprises de verser dans un fonds
      technologique un montant de 15 à 20 $ par tonne de CO(2) produite. Le
      choix de ce montant sous-évalué fait en sorte que les entreprises ne
      contribueront pas dans une juste mesure à la réduction des GES du pays.

    - La nouvelle année de référence pénalise les bons élèves et récompense
      les mauvais -Depuis 1990, certaines entreprises ont réalisé
      d'importantes réductions de leurs émissions alors que d'autres,
      notamment dans le secteur du pétrole et du gaz, ont enregistré des
      hausses spectaculaire. En prenant l'année 2006 au lieu de 1990 comme
      nouvelle année de référence pour déterminer les réductions, on ne
      reconnaît pas les efforts des entreprises avant-gardistes, alors qu'on
      s'engage à reconnaître les réductions à venir des retardataires. De
      plus, les meilleurs élèves seront doublement pénalisés parce que la
      deuxième phase de réduction des émissions coûte habituellement plus
      cher que la première.

    - Les mécanismes de "reconnaissance des mesures hâtives" profiteront aux
      grands producteurs de pétrole, d'électricité et de gaz - Le
      gouvernement Harper accordera - une seule fois - des crédits
      compensatoires aux entreprises qui ont réduit leurs émissions de GES
      entre 1992 et 2006. Malheureusement, ces crédits sont plafonnés à 15 Mt
      alors qu'on estime que l'ampleur des réductions déjà réalisées s'élève
      à 100 Mt. Encore une fois, on se trouve ainsi à endosser l'inaction des
      retardataires et à pénaliser les entreprises avant-gardistes. Les
      crédits accordés doivent correspondre aux réductions absolues, et il
      faut adopter des cibles semblables aux vrais responsables de la crise
      climatique au Canada : les producteurs de pétrole, d'électricité
      produite avec des énergies non-renouvelables et de gaz.

    Vers une (R)évolution énergétique

    Le gouvernement Harper continue d'affirmer qu'il est impossible
d'atteindre la cible de réduction du Canada établie dans le cadre du Protocole
de Kyoto et que le simple fait d'essayer aurait des conséquences économiques
désastreuses. Ces deux affirmations sont fausses. Dans un rapport intitulé 
(R)évolution énergétique(4) Greenpeace indique de façon détaillée comment on
pourrait réduire de moitié nos émissions de GES d'ici 2050 sans avoir recours
à l'énergie nucléaire ni au charbon, et cela tout répondant à l'augmentation
de la demande énergétique et en assurant la croissance économique du pays. Le
Canada pourrait encore atteindre sa cible de Kyoto en agissant de façon
musclée pour favoriser l'implantation de technologies vertes, l'adoption de
mesures d'efficacité énergétique et la diminution du recours aux combustibles
fossiles.

    Non aux sables bitumineux

    Pour produire du pétrole à partir des sables bitumineux, il faut près de
cinq fois plus d'énergie que pour les modes de production conventionnels.
Cette industrie est la principale responsable de l'augmentation des émissions
de GES du Canada. L'exploitation des sables bitumineux a aussi d'autres effets
dévastateurs sur l'environnement :

    - Consommation d'eau douce et rejet des eaux usées - Pour chaque litre de
      pétrole produit à partir des sables bitumineux, il faut compter de
      trois à cinq litres d'eau. Ces eaux usées toxiques sont ensuite
      accumulées dans d'immenses bassins, qui couvrent déjà une superficie de
      plus de 50 kilomètres carrés.
    - Destruction de la forêt boréale - Les concessions accordées pour
      l'exploitation des sables bitumineux pourraient entraîner la
      destruction de 3000 kilomètres carrés de forêt boréale.
    - Pollution de l'air - A cause des sables bitumineux, l'Alberta est
      devenue la capitale canadienne de la pollution industrielle. En 2003,
      ses émissions s'élevaient à un milliard de kilogrammes.
    - Utilisation des ressources - L'exploitation des sables bitumineux
      consomme quotidiennement assez de gaz pour chauffer plus de 3 millions
      de foyers.
    - Remise en état du territoire - Malgré les promesses à cet effet, aucun
      site d'exploitation n'a pu obtenir une certification de remise en état
      satisfaisante.

    A cause des prix élevés du pétrole, l'exploitation des sables bitumineux
est devenue rentable. On estime que la production pourrait augmenter de plus
de 150 % d'ici 2011, et de plus de 300 % d'ici 2020. Cette croissance rapide
va complètement annuler toutes les réductions d'émissions qui pourraient être
obtenues par une augmentation de l'efficacité des procédés d'exploitation.

    Protégeons nos forêts

    La déforestation - la conversion permanente d'une zone forestière en une
zone dédiée à un autre usage - engendre près d'un cinquième des émissions
mondiales de GES. Et le bilan est encore plus lourd quand on ajoute aussi les
émissions provenant des coupes industrielles et des autres formes de
dégradation des forêts. Les forêts tropicales ont fait l'objet d'importantes
négociations internationales dans le cadre des changements climatiques, mais
la forêt boréale joue aussi un rôle essentiel pour contrer les changements
climatiques. En fait, les arbres, le sol et les tourbières de la forêt boréale
contiennent plus de carbone que tout autre écosystème terrestre de la planète.
    Pourtant, on rase la forêt boréale au rythme de 900 000 hectares par
année. En plus de libérer du carbone qui se retrouve ensuite directement dans
l'atmosphère, les coupes réduisent la capacité de récupération et la
résistance des forêts aux incendies, aux invasions d'insectes et à d'autres
événements nuisibles qui, à leur tour, engendrent la libération d'encore plus
de carbone. Les feux de forêt sont déjà plus fréquents et plus intenses dans
la forêt boréale canadienne. Si la tendance actuelle se poursuit, la
dégradation des forêts et l'augmentation des températures pourraient entraîner
la libération de gigantesques quantités de carbone dans l'atmosphère. Au
Canada, moins de 10 % de la forêt boréale est protégée contre l'exploitation
industrielle.

    (C) Greenpeace Canada - novembre 2007

    ---------------------
    (1) La première période du protocole de Kyoto prend fin en 2012.
        Toutefois, pour évaluer la performance des pays, on tiendra compte de
        la moyenne de leurs émissions annuelles entre 2008 et 2012, ce qui
        permet d'éviter qu'une année d'émissions atypique ne vienne fausser
        les résultats. C'est pourquoi, dans la documentation, on réfère
        souvent aux réductions à atteindre "d'ici 2008-2012".

    (2) Rapport annuel 2007-2008 sur le développement humain :
        http://hdr.undp.org/en/reports/global/hdr2007-2008/chapters/french/

    (3) 4e rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
        climat (GIEC) - Novembre 2007 http://www.ipcc.ch/languages/french.htm

    (4) Greenpeace (2007) (R)évolution énergétique
http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/revolution-en
ergetique-resume-francais
    




Renseignements :

Renseignements: Jocelyn Desjardins, Communications, relations publiques,
(514)212-5749; Pour plus de détails: http://www.greenpeace.org/canada/fr


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