"Un Livre vert sur la forêt aussi ambitieux qu'inquiétant" - Renaud Gagné, vice-président du SCEP-Québec



    MONTREAL, le 14 fév. /CNW Telbec/ - "Le moins que l'on puisse dire, c'est
que plusieurs des changements annoncés méritent réflexion quant à leurs
impacts", a réagi M. Gagné Cependant le fait qu'aucune mesure concrète pour
garantir l'avenir des travailleurs ne soit mentionnée dans le Livre vert
inquiète au plus haut point le dirigeant du SCEP.

    Des mesures urgentes doivent être entreprises en marge du Livre vert

    Malgré que le ministre ait affirmé que les travailleurs et leurs
conditions de travail font partie de ses priorités, le Livre vert déposé ce
matin ne contient aucune mesure qui pourrait garantir l'atteinte de cet
objectif. En fait, les seuls travailleurs dont il est question sont ceux de
l'aménagement et de la sylviculture (et encore aucune proposition concrète
n'est faite), mais quant est-il des travailleurs en usine et en forêt? Des
situations urgentes nécessitent une réaction toute aussi urgente. "On a qu'à
penser à toutes les demandes de transferts de CAAF qui ont été présentées en
raison des fermetures d'usines. Lors du Sommet sur la forêt, l'un des
consensus visait justement à encadrer la manière dont les transferts se
feraient en respect des droits d'ancienneté des travailleurs et au prorata des
volumes de bois transférés. Nous avons écrit au gouvernement afin qu'une
modification à la Loi sur les forêts soit effectuée pour refléter ce consensus
et pourtant rien n'est fait et nos travailleurs attendent", a déploré
M. Gagné.

    Respect du droit à la syndicalisation

    Plus précisément, le SCEP-FTQ a plusieurs interrogations par rapport aux
orientations proposées notamment concernant le sort des travailleurs
sylvicoles. En effet, pour que les travailleurs sylvicoles puissent réellement
se bâtir des conditions de travail décentes, le droit à la syndicalisation est
nécessaire. A l'heure actuelle, les mandataires désignés par les entreprises
pour faire les travaux d'aménagement sont à peu près impossible à syndiquer
car aussitôt qu'une requête en accréditation est déposée, la compagnie est
dissoute et une nouvelle la remplace. "C'est la raison pour laquelle nous
demandions, lors du Sommet, que ce soient les compagnies détentrices des
droits de coupe qui soient automatiquement reconnues comme employeur. Avec le
Livre vert, absolument rien ne nous garantit que ce genre de situation ne se
reproduise pas au niveau des organismes régionaux", a indiqué M. Gagné. De
plus, les coopératives auxquelles le Livre fait référence pour
l'accomplissement des travaux sylvicoles contestent le droit à la
syndicalisation de leurs travailleurs. "L'une d'entre elle est même allée
jusqu'à la Cour Suprême pour tenter de nous contrer", a expliqué M. Gagné. Ces
contrats qui seront donnés via des soumissions publiques devront exiger le
respect des lois du travail et du droit à la syndicalisation de la part des
mandataires.

    Des modifications aux règles de distribution du bois qui ne doivent pas
    fragiliser davantage l'avenir des usines

    Quant aux modifications du système de CAAF, le SCEP attendra l'étude
d'impact que le ministre entend faire afin de mesurer les répercussions de ces
changements sur les industries, les travailleurs et les communautés. Cependant
"nous croyons qu'un tel bouleversement dans le contexte déjà difficile que
l'on connaît ne fera que créer encore plus d'incertitude pour l'avenir de nos
usines et de nos emplois. Les plans de restructuration ne sont même pas encore
complétés dans les différentes régions, comment cette nouvelle organisation de
la gestion de la forêt va-t-elle se répercuter?", s'est inquiété M. Gagné.
D'autant plus que le Livre vert ne prévoit rien pour protéger les travailleurs
et leurs droits dans le processus de réforme tel que proposé.

    Déresponsabilisation du gouvernement

    Le SCEP-FTQ a de vives inquiétudes quant à la régionalisation de certains
des pouvoirs de gestion de la forêt notamment sur l'aménagement des forêts.
"C'est une déresponsabilisation du ministère et du gouvernement que l'on
s'explique mal. C'est clair et évident que les jeux de pouvoirs seront féroces
et nombreux, et ce, pas toujours pour le bien de la forêt. En ce moment, on
assiste déjà à des guerres de clochers et des querelles entre les intervenants
d'une même région", a commenté M. Gagné. De même, il n'est pas clair que tous
auront leur mot à dire car les travailleurs ne sont pas représentés dans les
diverses hypothèses envisagées.

    Le SCEP-FTQ suivra de près les consultations

    "Une chose est certaine, c'est que nous allons suivre de très près les
consultations. Nous avons bien l'intention de faire entendre notre voix car
nous représentons la majorité des travailleurs concernés par ce projet. Nous
veillerons à protéger leurs intérêts", a conclu M. Gagné.




Renseignements :

Renseignements: Marie-Andrée L'Heureux, représentante nationale, (514)
916-7373

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