Un appel à la mobilisation contre l'anglicisation des cégeps français!



    MONTREAL, le 13 juin /CNW Telbec/ - Le Mouvement Montréal français, la
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et Impératif français lancent un appel
à la mobilisation de l'ensemble des intervenants du secteur de l'éducation et
de la promotion du français, pour faire face à une décision du C.A. du cégep
Edouard-Montpetit. Par un vote partagé, le C.A. a décidé le 12 juin de
maintenir sa demande auprès du Ministère de l'Education de pouvoir instaurer
un programme d'entretien des aéronefs entièrement dispensé en anglais.
    La décision du C.A. du cégep a été prise après un processus de
consultation escamoté, malgré l'opposition de la Commission des études du
collège, du Syndicat des professeurs (SPPCEM), de l'Association générale des
étudiants du collège Edouard-Montpetit (AGECEM), du Syndicat du personnel de
soutien (SPSCEM), de la Confédération des Syndicats nationaux (CSN), de la
Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération des enseignantes et
des enseignants du Québec (FNEEQ/CSN), de la Fédération du personnel de
soutien en éducation supérieure (FPSES/CSQ), du Mouvement national des
Québécoises et des Québécois (MNQ) et de la Société nationale des Québécois
Richelieu-Saint-Laurent.
    Cette décision d'un cégep français de dispenser une partie de ses cours
en anglais constitue un précédent dans la région de Montréal. Elle entraîne le
cégep, et éventuellement le secteur français de l'éducation postsecondaire à
Montréal ainsi qu'ailleurs au Québec, sur une pente savonneuse qui pourrait
bien conduire, à plus ou moins long terme, à l'anglicisation graduelle de ce
secteur. Il faut s'opposer dès les premiers signes à toute volonté
d'anglicisation par la bilinguisation des cégeps français, sans attendre que
le combat devienne plus difficile.
    Les arguments invoqués par le directeur du cégep et par l'attaché de
presse de la ministre Courchesne à l'appui de ce début d'anglicisation du
cégep sont irrecevables. On invoque une obligation de remplacer le programme
qui se donnait au cégep John Abbott. Mais n'est-ce pas le rôle des cégeps que
de former des jeunes capables de travailler en français, quelle que soit leur
langue maternelle ? Par ailleurs, on mentionne qu'un effectif de 70 étudiants
suivant leur cours en anglais dans un seul programme ne menacerait aucunement
le caractère français du cégep. Mais comment croire que, après avoir imposé un
premier précédent, on en restera uniquement à cela ? Comment oublier que, dans
un premier temps, le cégep avait demandé la permission d'instaurer non pas un,
mais quatre programmes en anglais, dont un en technique de la santé!
    Il y a fort à parier que le nouveau programme serait essentiellement
fréquenté par des allophones issus de l'école française ("les enfants de la
loi 101") et des francophones, comme c'est déjà en grande partie le cas des
cégeps anglophones. Leur formation en anglais va contribuer à angliciser
davantage les milieux de travail dans la région métropolitaine, à précariser
encore davantage la situation du français à Montréal et, à moyen terme, dans
l'ensemble du Québec.
    Le directeur du cégep a fait valoir, dans une entrevue au quotidien The
Gazette, que son projet était justifié du point de vue des affaires ("would
make good business sense"). Si le sens des affaires doit prévaloir sur la
mission des cégeps français de promouvoir un Québec où l'on travaillera en
français, n'y a-t-il pas lieu de craindre qu'effectivement le précédent
anglicisant d'Edouard-Montpetit ne s'étende à d'autres programmes et à
d'autres institutions ?
    Déjà le gouvernement libéral a démontré un manque de responsabilité
flagrant face à l'avenir du français au Québec, en effectuant des coupures
dans les services de francisation des nouveaux arrivants, en introduisant
l'apprentissage de l'anglais en première année et en tentant d'élargir le
financement public des écoles privées ethniques. Jusqu'où iront les
accommodements linguistiques ?
    Nous demandons au premier ministre du Québec, M. Jean Charest, d'être
conséquent avec son allocution d'ouverture de la session parlementaire, où il
affirmait que le français, au Québec, "est le coeur de notre liberté et de
notre identité. Intégration égale aussi francisation.". Nous exhortons les
partis d'opposition à s'engager clairement en faveur de l'intégrité
linguistique des institutions françaises d'enseignement postsecondaire et
contre l'anglicisation des cégeps français.




Renseignements :

Renseignements: Mario Beaulieu, Mouvement Montréal français, (514)
839-4140, (514) 835-6169; Jean Dorion, Société Saint-Jean-Baptiste de
Montréal, (514) 843-8851, (514) 830-5161; Jean-Paul Perreault, Mouvement
Impératif français, (819) 684-8460, (613) 282-7119

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Mouvement Montréal français

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