Troisième Note d'intervention de l'IRÉC - Le Québec peut financer son indépendance énergétique

MONTRÉAL, le 17 févr. /CNW Telbec/ - L'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) lance aujourd'hui une troisième Note d'intervention Épargne et investissement : quelques enjeux autour de la reconversion vers une économie verte. Cette note présente quelques réflexions sur les enjeux reliés au financement de la reconversion de l'économie du Québec pour un avenir plus durable. « Le Québec a les moyens d'une reconversion audacieuse de son économie en mobilisant l'épargne collective. Pour cela, il devra reconfigurer les institutions et les orientations qui guident l'utilisation de ses réservoirs de capitaux que constitue l'épargne-retraite », ont déclaré Gilles L. Bourque et Robert Laplante, respectivement chargé de projet et directeur général à l'IRÉC.

L'IRÉC a évalué qu'il en coûterait environ 100 milliards de dollars d'ici 2030 pour affranchir le Québec des énergies fossiles. «Ces sommes sont disponibles dans les caisses de retraite. Mais il faudrait modifier les règles de gestion et le rôle que ces véhicules tiennent dans le système financier. À bien des égards, ces modifications pourraient servir à rénover le système financier tout en servant des objectifs industriels spécifiques. L'actif cumulé de la Régie des rentes du Québec était de 26 milliards $ à la fin de 2008, celui des caisses de retraite complémentaires de 138 milliards $ et celui des REER à 141 milliards $. Au total, c'est 300 milliards $ d'actif en épargne-retraite. En consacrant 10 % de ces actifs dans de nouveaux instruments financiers dédiés au développement durable (des obligations vertes), cela représenterait un fonds de 30 milliards $ rapidement accessible. Sur une période de 20 ans, en considérant une croissance normale de ces actifs, de leur rendement et de leur réinvestissement à échéance, cette seule mesure appliquée dès maintenant permettrait de combler les besoins de 100 milliards $ d'investissements », ont expliqué les chercheurs.

Une réforme institutionnelle est nécessaire

Pour réaliser ces défis, l'IRÉC propose une réforme institutionnelle d'envergure qui permettrait de procéder sur deux fronts simultanément : celui de l'épargne et celui de l'investissement. Pour cela, il faut créer des institutions qui permettraient de concilier les objectifs d'un système de sécurité du revenu à la retraite avec les besoins de reconversion de l'économie. « Cette réforme, disent-ils, n'exige pas d'être très radicale dans sa forme; elle doit, cependant, être assez profonde pour permettre de transformer la donne de façon importante ».

Pour assurer la pérennité du système de retraite, l'IRÉC appuie la proposition d'augmenter la part de la RRQ dans le revenu de remplacement à la retraite à 50 % et d'encourager le développement de régimes à financement salarial (RRFS), idéalement sur une base sectorielle, pour les régimes complémentaires. Ces changements structurels devraient être accompagnés d'une réglementation plus contraignante des fiduciaires visant à adopter des pratiques de placement basées sur la viabilité des rentes plutôt que sur la spéculation financière.

En ce qui a trait à la philosophie de placement, les propositions de l'IRÉC impliquent qu'une part croissante d'actifs serait canalisée vers des institutions importantes - la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDP) et de grandes caisses de retraite -, qui ont la capacité de financer des investissements stratégiques pour l'économie et l'emploi sur un horizon long. « Dans cette optique, il faudra créer de nouveaux instruments financiers qui permettraient de concilier deux conditions économiques essentielles : d'une part, un accès à des capitaux à bas coût - à faible taux d'intérêt - et, d'autre part, des projets d'investissement comportant des bénéfices nets de long terme sur les plans social et environnemental. Par définition, l'existence de ces bénéfices nets de long terme rend tout à fait légitime une contribution financière de l'État à ces nouveaux instruments financiers. Ailleurs dans le monde, le nouveau marché des obligations vertes (« green bonds ») commence déjà à jouer un tel rôle, avec succès », ont souligné les deux chercheurs.

Avant qu'il ne soit trop tard

« Ce qui est sûr, ont conclu Gilles L. Bourque et Robert Laplante, c'est que l'important surplus d'épargne-retraite alimenté par la cohorte des baby-boomers créée des circonstances favorables exceptionnelles pour entreprendre une telle réforme. Ce phénomène est toutefois passager et il devrait s'inverser dans les prochaines années par le décaissement des prestations. Il faut donc agir maintenant, car nous savons comment les marchés financiers sont capables de dilapider l'épargne, les aventures spéculatives qui ont mené à la récente crise l'ont bien illustré. Nous devons changer l'utilisation de cette épargne et la faire servir non pas à la spéculation, mais au financement de besoins sociaux et économiques qui assureront un développement durable ».

Pour connaître les résultats des travaux de l'IRÉC, voir www.irec.net

SOURCE INSTITUT DE RECHERCHE EN ECONOMIE CONTEMPORAINE (IREC)

Renseignements :

André Laplante, IRÉC, (514) 564-7955 ou 514-258-4798 (Cellulaire)

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