Tribune (Bande de Gaza) - La vérité ne s'arrête pas aux frontières



    
    Par Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans
    frontières
    

    MONTREAL, le 8 janv. /CNW Telbec/ - Pendant les combats, l'information
est censée s'arrêter aux portes de Gaza. Le blocus - un de plus - imposé à la
presse depuis le lancement de l'opération "Plomb durci", le 27 décembre 2008
contraint les journalistes étrangers et israéliens à la plus absurde des
situations : ne pouvoir s'approcher de ce qui saute aux yeux de tout le monde,
de ce qui se sait déjà partout. Absurde, comme le reconnaît lui-même un
porte-parole de la diplomatie israélienne : "L'exclusivité de la couverture du
conflit est laissée aux journalistes palestiniens". Les images et les
informations des reporters gazaouis échappent au blocus et la communauté
internationale les reçoit. Absurde, inutile et dangereux.
    Le conflit israélo-palestinien n'est pas un conflit comme les autres.
Précisément parce qu'il porte plus que d'autres les interférences de
l'histoire et de sa réinterprétation, surtout pour le pire. Cantonner la
presse internationale et israélienne aux portes de Gaza, c'est laisser la
rumeur enfler, les fantasmes s'installer et bouillir la haine au gré des
manipulations. "Si Tsahal ne veut pas de journalistes, c'est qu'Israel a
quelque chose à cacher." On imagine déjà quelles suites font broder ce genre
de mystères. Personne n'y a intérêt, et Israel encore moins. La Cour suprême
de Jérusalem avait d'ailleurs autorisé, le 30 décembre, le principe d'une
entrée de douze journalistes maximum à chaque ouverture de point de passage
pour raisons humanitaires. Refus "technique" du ministère de la Défense.
Reporters sans frontières pose la question : pourquoi tant d'obstination ?
    Qui pourra restituer le drame humain d'un tel conflit en toute
impartialité, sinon les représentants d'une presse libre qui ne veulent ni
ériger des martyrs, ni encenser des héros, mais comprendre un conflit en
donnant la parole à ses acteurs et ses victimes de chaque bord ? Comment la
société israélienne elle-même, dans sa diversité et ses désaccords, peut-elle
s'exprimer et débattre si sa presse ne peut accéder à ce qui la concerne plus
que jamais, puisque cela engage la vie d'une partie de sa jeunesse ? Le blocus
de l'information ne pourra jamais forcer ne serait-ce qu'un simulacre de
consensus. Alors Reporters sans frontières repose la question : la fin de ce
blocus, pour quand ?




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4188, Télécopieur: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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