Thailande - La Thailande : nouvel ennemi d'Internet ?



    MONTREAL, le 12 janv. /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières exprime
son inquiétude pour la situation d'Internet en Thailande après que le nouveau
gouvernement, en place depuis le 15 décembre 2008, a décidé de faire de la
surveillance du cyberespace sa priorité, au nom de la lutte contre le crime de
lèse-majesté. Selon Ranongrak Suwanchawee, ministre de l'Information et des
Communications, plus de 2 300 sites ont été bloqués et 400 font l'objet d'une
enquête judiciaire. Le gouvernement consacre désormais près de 2 millions
d'euros (80 millions de baht) au filtrage du Web.
    "Face aux dérives liberticides dont les réformes annoncées sont
porteuses, il est important que le gouvernement accepte de débattre sur
l'activité en ligne des internautes. Ce sujet est subitement devenu une
priorité, alors que l'accès à Internet est loin d'être général en Thailande.
Nous condamnons les mesures qui ont été prises depuis l'accession au pouvoir
de l'Alliance du peuple pour la démocratie (APD), qui constituent des
atteintes graves à la liberté d'expression en ligne au nom d'un crime mal
défini", a déclaré l'oganisation.
    Le 11 janvier 2009, le professeur associé de sciences politiques à la
faculté de Chulalongkorn (Bangkok), Giles Ji Ungpakorn, a été informé qu'il
devrait se présenter au commissariat, le 20 janvier, en raison de la
publication de son livre "Un coup d'Etat pour les Riches" ("A coup for the
Rich"), gratuitement téléchargeable sur son blog
http://www.wdpress.blog.co.uk, qui le rend coupable de "crime de lèse-majesté"
aux yeux des autorités.
    Reporters sans frontières rappelle qu'un citoyen originaire de Melbourne,
Harry Nicolaides, a été arrêté le 31 août 2008 pour le même motif. Professeur
à l'université de Mae Fah Luang à Chiang Rai (nord du pays), il contribuait
également à certaines revues et sites Internet. Ses quatre demandes de mise en
liberté provisoire ont été refusées.
    Le 29 décembre, Ranongrak Suwanchawee, avait déclaré que la priorité de
son ministère était de "bloquer les sites Internet insultant la monarchie".
Elle avait également ajouté que son prédécesseur "croyait par erreur qu'il y
avait peu à faire pour contrôler les sites Internet hébergés à l'étranger".
Deux jours auparavant, les démocrates au pouvoir avaient appelé à un
durcissement de la législation sur le crime. En effet, le commandant en chef
des armées, le général Anupong Paojinda, avait demandé à ses officiers de
veiller à ce qu'aucun geste contraire à la monarchie ne soit commis. Il avait
également ordonné que chacun des huit cents bataillons de l'armée royale
surveillent un à deux sites Internet jugés "sensibles" afin qu'aucun
commentaire susceptible de ternir l'image du roi ne soit posté en ligne.
    La Thailande regroupe 14 millions d'internautes, soit environ 20 % de la
population. Une association de blogueurs, le Thai Netizen, rencontrera le
nouveau Premier ministre, le 13 janvier, afin de lui soumettre une pétition en
faveur de la liberté d'expression en ligne et de lui faire part de
propositions pour trouver un compromis sur la question. Crééé à l'initiative
de l'avocate et spécialiste des médias Supinya Klangnarong, cette association
regroupe des blogueurs et des internautes qui militent pour la liberté
d'expression en ligne dans le royaume.
    Les sites sont bloqués par des requêtes informelles, sans valeur
juridique, de la part des autorités aux fournisseurs d'accès à Internet.
    En vertu de l'article 112 du Code pénal, est coupable de crime de
lèse-majesté, "toute personne ayant diffamé, insulté ou menacé le roi, la
reine, l'héritier présomptif ou le régent". Une peine de trois à quinze ans de
prison peut-être requise à son encontre. La loi relative à la cybercriminalité
(Cybercrime Act), adoptée en 2007, prévoit également que les fournisseurs
d'accès à Internet doivent conserver les informations individuelles des
internautes pendant 90 jours. Les autorités ont le pouvoir de vérifier ces
informations sans aucun contrôle judiciaire. Par ailleurs, cette loi autorise
la police à saisir les ordinateurs si elle suspecte un usage illégal de la
machine.




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières Canada, (514) 521-4111, rsfcanada@rsf.org

Profil de l'entreprise

Actualités - Médias

Renseignements sur cet organisme

REPORTERS SANS FRONTIERES

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.