Sylviculture - Vaste campagne de la CSN



    MONTREAL, le 10 déc. /CNW Telbec/ - Devant les pitoyables conditions de
travail des quelque 7000 ouvriers sylvicoles du Québec et en raison de leur
apport indispensable à la régénération de nos forêts, la Confédération des
syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs et des travailleuses
du papier et de la forêt (FTPF-CSN) et le Syndicat national de la sylviculture
(SNS-CSN) lancent, aujourd'hui, une vaste offensive afin de faire reconnaître
ce métier à sa juste valeur. Celle-ci s'inscrit dans le cadre de la campagne
plus globale de la CSN, qui vise à revitaliser l'industrie forestière dans son
ensemble et à soutenir les travailleurs.
    Sur le thème "Une ressource à protéger, des emplois à sauvegarder - Les
travailleurs sylvicoles : indispensables !", la campagne mettra en outre
l'accent sur le fait que sans ces ouvriers, la forêt québécoise court à sa
dégénérescence à long terme puisqu'un terrain nouvellement reboisé prend des
décennies avant d'atteindre sa maturité. Les députés de l'Assemblée nationale
ont récemment été invités, par lettre, à appuyer les revendications des
sylviculteurs.
    Lors d'une conférence de presse tenue en présence de nombreux
travailleurs et travailleuses sylvicoles, à Québec, la présidente de la CSN,
Claudette Carbonneau, a rappelé que "la forêt de demain dépend des
sylviculteurs d'aujourd'hui ; des dizaines de milliers d'emplois découlent
directement de cette ressource essentielle". Elle estime donc que des
changements majeurs sont nécessaires dans l'organisation structurelle de
l'aménagement forestier du Québec afin, notamment, de permettre aux ouvriers
sylvicoles, qui se font de plus en plus rares, de bénéficier de conditions de
travail concurrentielles et sécurisantes.
    Quant au vice-président de la FTPF-CSN, Michel Fortin, il a rappelé que
l'aménagement forestier ne peut se concevoir ni se réaliser sans l'apport des
ouvriers sylvicoles. A cet égard, il a relevé des constats du rapport Coulombe
mentionnant, entre autres, les conditions de travail non adaptées aux
contraintes du métier, les nombreux accidents de travail, le logement
déficient, la rémunération nette insuffisante, la rémunération au rendement à
revoir, la pénurie de main-d'oeuvre alarmante, le métier très peu valorisé et
l'absence de reconnaissance.
    La CSN, la FTPF et le SNS revendiquent : un virage majeur dans la
sylviculture québécoise en plaçant le travailleur sylvicole au coeur de
celui-ci ; la création d'une société de l'aménagement forestier dirigée, en
concertation, par un comité représentatif du milieu forestier, qui aurait
comme mandats d'appliquer les orientations du Québec en matière d'aménagement
forestier, d'accroître les rendements et la valeur du capital ligneux afin de
soutenir l'industrie, l'encadrement et le support des entreprises sylvicoles
certifiées à qui les travaux de planification et d'exécution sylvicoles
seraient confiés ; l'abolition du paiement des redevances forestières par des
travaux sylvicoles et le paiement de toutes les redevances en argent ; un mode
de rémunération à l'heure ; ainsi que l'application des propositions les
concernant, contenues dans le rapport Coulombe.

    Des travailleurs délaissés

    Le président du SNS-CSN, Bernard Forest, s'est dit convaincu que l'avenir
de l'aménagement forestier passe par une amélioration des conditions de
travail, une rémunération horaire et des avantages sociaux susceptibles
d'attirer les jeunes. "En 2007, dit-il, nous sommes les seuls travailleurs à
forfait dans l'industrie des produits forestiers au Québec, alors que c'est
nous qui sommes soumis aux plus grandes contraintes de production sur le
terrain."
    Plutôt mal connu, ce métier comporte les volets suivants : la plantation
d'arbres, le débroussaillage et l'abattage manuel. Pour obtenir un salaire
convenable, l'ouvrier sylvicole doit parfois travailler, dans des conditions
extrêmement difficiles, de 12 à 16 heures par jour. Portant ses lourds
instruments, qu'il paye, il doit régulièrement se rendre dans des lieux
inhospitaliers et éloignés, à ses frais. Etant payé à forfait, il doit
travailler vite, manger vite, toujours, de sorte que les accidents sont
fréquents. En plus, le travailleur sylvicole est soumis à un contrôle de
qualité sévère qui entraîne des pénalités monétaires. En été, les moustiques
le harcèlent constamment et le camp où il loge est presque toujours dépourvu
de tout confort, de sorte que le repos nécessaire à sa vitalité devient
difficile. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les jeunes ne
veulent plus suivre leurs aînés dans les bois. La moyenne d'âge des
travailleurs est maintenant de 51 ans.
    Afin de venir en aide à ces travailleurs délaissés, la CSN et la FTPF-CSN
avaient entrepris une campagne de syndicalisation en 1999, qui a donné
naissance, deux ans plus tard, au SNS-CSN ; ce syndicat représente maintenant
plus de 850 ouvriers sylvicoles. Bien que 18 conventions collectives avaient
été conclues à cette époque, ce qui avait permis d'améliorer les conditions et
les relations de travail qui étaient encore plus déplorables auparavant, un
virage crucial reste à faire.




Renseignements :

Renseignements: Benoit Aubry, Service des communications-CSN,
Cellulaire: (514) 704-3297; Source: Confédération des syndicats nationaux


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