Soutenir la musique : un bon investissement pour le Québec - L'ADISQ demande aux partis politiques de se prononcer sur l'avenir du milieu de la musique au Québec



    MONTREAL, le 16 mars /CNW Telbec/ - A deux jours de l'entrée en vigueur
de la Convention internationale de l'UNESCO sur la diversité culturelle,
l'ADISQ a rendu publique, aujourd'hui, son analyse des défis qui attendent le
milieu québécois de la musique et du soutien dont celui-ci a besoin pour y
faire face.
    L'association, qui représente une centaine d'entreprises indépendantes de
production et de commercialisation, demande aux leaders des partis politiques
actuellement en campagne électorale de faire connaître leurs positions à cet
égard.
    De préciser Paul Dupont-Hébert, président de l'association : "Nous avons
la conviction qu'un soutien au milieu de la musique est sensé à tous points de
vue, non seulement pour les artistes et les producteurs, mais aussi pour le
Québec tout entier. Nous invitons donc le prochain gouvernement à aider le
secteur québécois de la musique dans ses efforts pour investir les nouveaux
marchés et, à la fois, investir la scène québécoise."
    Relevant que les questions culturelles n'occupent qu'une place marginale
dans cette période électorale, la vice-présidente aux affaires publiques et
directrice générale de l'ADISQ, Solange Drouin, a rappelé que "parmi tous les
Etats engagés dans la grande bataille de la diversité culturelle, le Québec a
assumé un véritable leadership mondial. Or, il est évident qu'une volonté de
protéger la diversité des expressions culturelles demeure théorique si elle ne
se traduit pas par des politiques culturelles conséquentes."
    Selon l'ADISQ, le secteur québécois de la musique a besoin d'un
renforcement immédiat de son financement public dans ses deux principaux
segments d'activité : l'enregistrement sonore et le spectacle.

    Enregistrement sonore : installer le Québec
    dans la nouvelle économie numérique

    L'ADISQ souligne que le Québec commence à "manquer de potion magique"
pour résister à la chute tendancielle des ventes de CD qui s'observe à
l'échelle mondiale. Il se vend aujourd'hui, annuellement, un million de CD de
moins qu'il y a deux ans, au Québec, malgré la popularité des artistes
québécois dans leur marché et malgré la campagne de promotion et de
sensibilisation menée par l'ADISQ depuis trois ans.
    Le Québec n'est pas, pour autant, en train d'effectuer la transition au
modèle commercial numérique. Alors que les ventes de musique numérique
représentent 11 % du marché dans le monde et même 18 % aux Etats-Unis, elles
ne constituent que moins de 1 % des ventes de pièces musicales au Québec.
"Nous sommes en train d'assister à la naissance d'une nouvelle industrie à
l'échelle internationale, explique Mme Drouin, mais le Québec ne s'est pas
donné les moyens d'y prendre sa place."
    L'ADISQ constate que les entreprises de production et de
commercialisation québécoises, qui sont chroniquement sous-capitalisées, ne
disposent pas des ressources nécessaires pour à la fois se maintenir dans le
marché traditionnel, qui génère encore la majorité de leurs revenus, et se
positionner adéquatement dans le marché en croissance du numérique.
    L'association propose donc l'injection d'une aide publique d'urgence de
3,5 millions $ par année, pendant au moins trois ans, dans le secteur de
l'enregistrement sonore. Cet apport de fonds permettra à l'industrie
d'investir massivement dans la création d'emplois à haut coefficient
technologique, des emplois qui lui font défaut actuellement. Il lui permettra
aussi de ramener la part de marché du numérique, au Québec, près de la moyenne
mondiale et de créer ainsi un marché en pleine croissance d'au moins
25 millions $.
    L'association réclame également une somme ponctuelle de 0,5 million pour
établir les besoins et la stratégie à long terme du secteur québécois de la
musique face à la nouvelle économie numérique de la musique.

    Spectacle : assurer au public de
    toutes les régions un accès à ses artistes

    Traçant le bilan de la situation du spectacle de chanson au Québec,
l'ADISQ constate avec effarement qu'à l'extérieur des grands centres que sont
Montréal et Québec, le public ne dispose que d'un accès fort limité à ses
artistes.
    En 2005, chaque spectacle de chanson francophone n'a été présenté, en
moyenne, qu'à 4,2 reprises, une durée de vie qui coincide dangereusement avec
sa période de rodage. Plus dramatique encore, les chiffres de l'Observatoire
de la culture et des communications du Québec révèlent que pas moins de 60 %
des spectacles de chanson francophone présentés en 2005 ont fait l'objet d'une
seule représentation.
    Selon le président de l'ADISQ, Paul Dupont-Hébert, "c'est là bien plus
qu'un simple problème commercial. C'est un grave problème socio-culturel. Pour
les citoyens de toutes les régions du Québec, la possibilité d'assister à une
prestation "live" de nos artistes demeure une possibilité théorique. En
conséquence, une grande partie du public est privée d'un accès à l'expression
vivante de sa propre culture."
    L'ADISQ souligne qu'à l'inverse, nos artistes de la chanson, eux, sont
privés d'une possibilité de capitaliser pleinement sur les efforts qu'exige la
création d'un spectacle et de se bâtir une véritable carrière artistique. "Les
conséquences d'une telle situation, précise M. Dupont-Hébert, sont graves pour
les artistes. Elles le sont aussi pour l'industrie de la musique, et elles le
sont encore davantage pour la société et la culture québécoises."
    L'association souligne enfin que cette incapacité d'offrir une scène
adéquate à nos artistes se traduit aussi à l'échelle internationale : alors
qu'Internet permet aux artistes québécois d'être connus outre-frontières, des
ressources nettement insuffisantes les empêchent d'aller à la rencontre de
leur nouveau public.
    L'ADISQ propose donc l'injection d'une aide additionnelle de 1 million $
dans le programme d'aide à la tournée nationale et de 1 million $ en soutien à
la tournée internationale. En outre, elle estime essentiel de compléter ces
mesures de bonification de l'offre par une aide de 3 millions $ par année à la
promotion des spectacles. Outre le maintien d'une demande conséquente pour une
offre bonifiée, ce soutien aidera les producteurs québécois à compenser la
force promotionnelle des productions étrangères et à concurrencer l'offre des
autres secteurs de divertissement.
    Selon l'ADISQ, ce programme bonifié de soutien au spectacle aura, en
outre, un impact économique significatif : il portera de 15 000 à plus de
32 000 le nombre de contrats de travail accordés à des artistes et à des
artisans québécois de la chanson chaque année, et de 8,2 à plus de 17 millions
$ le montant des cachets versés.

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    L'ADISQ, l'association québécoise du disque, du spectacle et de la vidéo,
    a été fondée en 1978 pour travailler à la survie et à l'épanouissement,
    au Québec, d'une production musicale indépendante, forte, originale et
    innovatrice. Elle regroupe environ 250 membres.




Renseignements :

Renseignements: Relations de presse: Elisabeth Roy et Martine Laforce,
Roy & Turner Communications, (514) 844-9678; Source: Solange Drouin, ADISQ


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