SOS Colombie - Les droits humains avant le libre-échange: une question de bon sens pour s'adapter au nouvel ordre mondial !



    MONTREAL, le 10 juin /CNW Telbec/ - Manifestant à la porte de l'Hôtel
Hilton, dans le cadre de la Conférence internationale de Montréal, les
mouvements sociaux et syndicaux du Québec se mobilisent pour dénoncer le
gouvernement canadien qui veut conclure en toute hâte un accord de
libre-échange avec la Colombie, pays des Amériques détenant la pire réputation
en matière de droits humains. "Ratifier un accord commercial avec un régime
meurtrier ce n'est pas la façon de faire valoir la primauté des droits et la
démocratie dans les Amériques. C'est renier les valeurs et les principes
auxquels nous sommes tous si fièrement attachés", rappellent les représentants
de SOS-Colombie.
    SOS-Colombie est un large regroupement d'organismes de la société civile
québécoise(1). Nous invitons la population et les journalistes à venir
rencontrer les manifestants sur le site Forum économique international des
Amériques devant l'Hôtel Hilton Bonaventure, le 10 juin à compter de 9 h pour
mieux s'informer à propos de ces négociations qui sont à l'étape de
ratification au Parlement canadien. Heureusement, un projet de loi a été
récemment freiné grâce à la mobilisation populaire et à l'appui de plusieurs
parlementaires.
    SOS COLOMBIE trouve honteux que le seul chef d'Etat invité à cette
conférence soit le président de la Colombie alors qu'un consensus
international se développe pour condamner ce gouvernement pour la gravité des
constantes violations des droits fondamentaux, des violentes agressions envers
les mouvements sociaux, les journalistes, les autochtones, les
afro-colombiens, les syndicalistes, les étudiants, les défenseurs des droits
de la personne, bref, contre tous ceux et celles qui réclament paix et justice
sociale en Colombie, vérité et réparation pour les victimes des crimes d'Etat.
Une répression grandissante vise justement à adapter le développement
économique de la Colombie aux besoins de ce régime sanguinaire. Malgré toutes
les mises en garde de plusieurs institutions internationales et de nombreux
pays, Alvaro Uribe continue d'attaquer les défenseurs des droits humains en
les étiquetant de terroristes pour justifier ses exactions.
    Même les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont limité leurs échanges avec la
Colombie sur la base de rapports d'observateurs reconnus au niveau
international tel que Human Rights Watch qui a fréquemment condamné la
situation des droits humains en Colombie et même mis en garde contre les
Accords de libre-échange avec ce gouvernement. L'armée colombienne a été
impliquée dans d'innombrables atrocités. Elle a assassiné des milliers de
civils et a déplacé des millions de personnes. Des membres du cercle le plus
proche du président Uribe ont été en collusion avec les escadrons
paramilitaires de la mort, un scandale connu en Colombie comme la "para
politique".
    Le scandale lié à l'horreur de "faux positifs" a attiré plus récemment
l'attention internationale : une pratique de l'armée colombienne consistant à
habiller des civils assassinés comme des membres de la guérilla pour masquer
le méfait et bénéficier des récompenses du régime. Enfin, interpellé par le
Bureau international du travail concernant la persistance de crimes sélectifs
envers les syndicalistes qui demeurent trop souvent impunis, le régime à
développé une nouvelle stratégie ignoble. Plusieurs témoins crédibles nous ont
récemment rapporté que pour réduire les statistiques de violence syndicale,
les tueurs visaient maintenant les proches des syndicalistes : conjointe ou
conjoint, enfants ou amis. La Colombie détient toujours le triste record
mondial du plus grand nombre de syndicalistes tués dans le monde!
    Les membres de SOS-Colombie s'opposent donc fermement à la ratification
de l'Accord de libre-échange Canada-Colombie et rejettent le modèle économique
de pillage proposé, nuisible aux populations des deux pays. Les atrocités
commises en Colombie peuvent et doivent être arrêtées et faire l'objet
d'enquête indépendante. Nous pensons que la position du gouvernement canadien
en matière de commerce ne fera qu'envenimer les choses. Ces pratiques
passeront à l'histoire comme des crimes contre l'humanité, nous souhaitons que
le Canada n'en soit pas complice.

    
    (1) SOS-Colombie est un regroupement composé des organisations
        suivantes : Développement et Paix, CDHAL, PASC, RAJ de Sherbrooke,
        ASOCOLOM, RQIC qui regroupe les centrales syndicales FTQ, CSN, CSQ et
        CSD et des syndicats indépendants tels la FIQ, le SPGQ, le MEPACQ, la
        FFQ, la Ligue des droits et libertés, le RQGE, les fédérations
        étudiantes et plusieurs ONG dont Alternatives et le CISO, regroupés
        au sein de l'AQOCI. Le RQIC est la composante québécoise de
        l'Alliance sociale continentale (ASC).
    




Renseignements :

Renseignements: Marie Dominique Langlois, CDHAL: Comité pour les Droits
Humains en Amérique Latine (CDHAL), (514) 387-5550; Constance Vaudrin,
Développement et paix, (514) 354-1722; Denise Gagnon, FTQ (RQIC), (514)
598-8985; Claude Vaillancourt, ATTAC Québec, (514) 273-1355; Nino Ligia,
ASOCOLOM, asocolom@hotmail.com; Sources: SOS-COLOMBIE

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SOS COLOMBIE

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