Six de mois de lock-out au Journal de Québec



    QUEBEC, le 22 oct. /CNW Telbec/ - "Le 22 avril, on a reçu un coup de
batte en pleine face et on n'a pas plié les genoux. On ne le fera pas non
plus." Voilà ce qu'a lancé Pierre Savard, pupitre aux sports depuis 25 ans,
hier.
    Après six mois de conflit, la volonté semble toujours aussi ferme parmi
les 252 employés en grève et en lock-out du Journal de Québec."Avec le
MédiaMatin, on montre qu'on n'est pas réfractaires aux changements. Tout ce
qu'il faut, c'est négocier", poursuit M. Savard.
    L'attitude des patrons semble d'ailleurs frustrer profondément plusieurs
employés. "Je suis déçu de leur attitude et de leur entêtement. C'est sûr
qu'il y a eu une cassure et qu'elle va rester là", affirme Denis Carpentier,
infographiste à l'emploi du Journal depuis 23 ans.
    "Les patrons racontent un tas de mensonges. Le lien de confiance avec eux
est brisé. Je ne pensais pas finir ma carrière comme ça", ajoute Diane Gobeil,
qui travaille au service du crédit depuis 31 ans.

    Epreuves difficiles

    Depuis le 22 avril, plusieurs ont eu à traverser des moments difficiles
qui ont ajouté au stress du conflit de travail. Pour joindre les deux bouts,
nombreux sont ceux qui ont dû se trouver un autre emploi.
    C'est notamment le cas d'Ingrid Cluzeau, de la promotion. "Mon couple
s'est brisé après le conflit parce que mon conjoint n'était pas capable de
supporter toute la pression. Je me suis retrouvé mère célibataire. Je n'avais
pas le choix de retrousser mes manches", explique-t-elle.
    Ainsi, tous les matins, elle se lève aux aurores pour distribuer le
MédiaMatin. Elle fait ensuite sa journée de travail de 9 à 5, avant de
retourner s'occuper de son fils. "Depuis le 22 avril, je n'ai plus de vie",
constate-t-elle.
    Pour Denis Carpentier, l'année a également été particulièrement
difficile. "Depuis le 22 avril, mon père et ma mère sont décédés. Ma femme a
eu un cancer. Disons que ça s'est ajouté à tout le reste. L'année 2007 sera à
oublier", laisse-t-il tomber.
    Le MédiaMatin Malgré les épreuves, les 252 travailleurs en conflit
gardent tout de même le moral. Pour plusieurs, l'arrivée du MédiaMatin a
d'ailleurs été inespérée.
    "Une chance qu'on a ça. On a l'impression de contribuer à quelque chose.
En plus, c'est hallucinant de voir l'appui de la population. Si je n'avais pas
la distribution du MédiaMatin, je crois que je serais partie", signale
Brigitte Saint-Germain, de la promotion.
    Selon Michel Lavoie, pupitre à la section générale, le MédiaMatin prouve
également la qualité du travail de ses artisans. "On n'a plus Montréal dans
les pattes et c'est bien plus intéressant. On parle de notre communauté et les
gens nous le rendent bien", termine-t-il.

    Rappel du conflit

    Le conflit de travail au Journal de Québec passer bientôt le cap des
six mois. En effet, les employés de bureau et de la rédaction du Journal de
Québec sont sous le coup d'un lock-out décrété par l'employeur le 22 avril.
Avant le déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats n'avait même
demandé de mandat de grève à leurs membres. En solidarité avec leurs collègues
jetés sur le trottoir par la décision de Quebecor/Sun Media, les employés de
l'imprimerie ont voté la grève à 97 %.
    Depuis la fondation du Journal de Québec en 1967, aucun conflit de
travail n'avait eu lieu. Il y a un peu plus d'un an et demi, tous les employés
syndiqués du Journal avaient accepté de reconduire la convention collective
pour un an en partenariat avec l'employeur qui faisait face à un concurrent,
Le Soleil, qui passait au format tabloid pour mieux le concurrencer.
    Aucun piquet de grève n'a été érigé par les syndiqués.
    Depuis le 24 avril, les employés en conflit publient et distribuent cinq
jours semaine le MédiaMatinQuébec, un quotidien gratuit, pour rappeler leur
cause à la population de Québec. Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris
plusieurs recours judiciaires pour empêcher la publication du
MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches ont échoué.
    Malgré le conflit, le Journal de Québec continue d'être publié. Dans une
décision rendue le 23 août 2007, en application de l'article 109 du Code du
travail (dispositions anti-scabs), la Commission des relations du travail
(CRT) du Québec a ordonné à la direction du Journal de Québec de cesser de
recourir aux services de quatre personnes qui remplissaient les fonctions de
salariés en conflit. Une nouvelle plainte concernant l'utilisation de
travailleurs illégaux par Quebecor a été déposée par les syndicats en octobre.
Cette plainte vise 15 personnes. Elle sera entendue par la CRT d'ici peu.

    Quelques dates

    20 février 2007 Dépôt par l'employeur des offres qualifiées de globales
    et finales.
    24 février 2007 Rejet massif des offres patronales.
    16 mars 2007 Dépôt par les syndicats d'une contre-proposition globale
    écrite devant le conciliateur. L'employeur n'y a toujours pas répondu.
    22 avril 2007 Quebecor met fin à 40 ans de bonne entente au Journal de
    Québec en décrétant le lock-out.
    24 avril 2007 Parution du premier numéro du MédiaMatinQuébec
    26 avril 2007 Première tentative ratée de Quebecor devant la cour pour
    faire fermer le MédiaMatinQuébec.
    4 mai 2007 Deuxième tentative ratée de Quebecor devant la cour pour faire
    fermer le MédiaMatinQuébec (décision rendue le 10 mai 2007).
    29 mai 2007 Appui unanime aux travailleurs du Journal de Québec du
    Conseil général de la FTQ.
    4 juin 2007 Dépôt, par les syndicats, d'une offre verbale visant à
    relancer les discussions.
    6 juillet 2007 Dépôt, par les syndicats, de la même offre verbale, cette
    fois en présence de l'employeur, devant le conciliateur. L'employeur
    s'est sauvé sans y répondre.
    8 août 2007 Lancement par les syndicats du site Internet
    www.mediamatinquebec.com
    23 août 2007 Le Journal de Québec fait l'objet d'une ordonnance de la
    Commission des relations du travail relativement à l'utilisation de
    quatre travailleurs de remplacement.
    7 septembre 2007 Troisième tentative ratée de Quebecor, cette fois devant
    la Cour d'appel, pour faire fermer le MédiaMatinQuébec. Les trois juges
    rendent une décision unanime, sur le banc.
    30 septembre 2007 Présence de Denis Bolduc à l'émission Tout le monde en
    parle.
    6 octobre 2007 Quebecor est prise une nouvelle fois à tricher. Un comité
    de surveillance indépendant conclut que l'entreprise ne s'est pas
    conformée aux règles lui interdisant de reproduire des images de TVA dans
    le Journal de Québec.
    10 octobre 2007 Dépôt, par les syndicats, d'une nouvelle plainte à la
    Commission des relations du travail concernant l'utilisation, par le
    Journal de Québec, de 15 travailleurs de remplacement (scabs).
    17 octobre 2007 Appui des 560 000 membres du SCFP au Canada.
    22 octobre 2007 Les travailleurs du Journal de Québec sont en lock-out
    depuis six mois.




Renseignements :

Renseignements: Denis Bolduc, porte-parole des syndiqués en conflit,
(418) 564-8772; Robert Bellerose, Information SCFP, cell.: (514) 247-9266;
Source: Syndicat canadien de la fonction publique

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