Services essentiels dans les transports en commun - La FTQ lance un sérieux avertissement aux élus



    MONTREAL, le 11 juin /CNW Telbec/ - C'est en termes très durs que la FTQ
réagit au dépôt par l'ADQ d'un projet de loi qui forcerait les sociétés de
transport en commun à maintenir 80% des services lors des conflits de travail.
"C'est un projet de loi bâclé, rédigé dans un objectif purement opportuniste
et populiste et qui dénote une méconnaissance grave du dossier", a lancé
Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du
Québec (FTQ).
    "Mario Dumont se berce d'illusions s'il croit régler quoi que ce soit en
s'attaquant à un des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses. Le
chef de l'ADQ joue aux apprentis sorciers. Son projet porte atteinte à la
libre négociation, bouleverserait les relations de travail et s'attaque de
façon insidieuse au droit de grève de milliers de salariés", a poursuivi le
président de la FTQ.

    Aucune grève en 20 ans

    Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), qui représente
près de 7000 employés dans le transport en commun partout au Québec, ne
comprend pas cette initiative de l'ADQ, rien ne justifiant de jeter par terre
un processus qui fonctionne bien.
    "Depuis 20 ans, les chauffeurs d'autobus, opérateurs de métro et
changeurs n'ont fait aucune grève. Zéro, rien. Où est le drame? Où est
l'urgence? On ne peut pas dire que nous avons abusé de nos droits. On ne parle
pas non plus d'une épidémie", soutient Claude Benoît, président du syndicat.

    Une formule gagnante pour les deux parties

    Pour la FTQ, c'est la preuve que le régime actuel fonctionne et qu'une
modification risquerait simplement d'accroître les risques de dérapage. "Dans
les deux dernières décennies, nos membres ont toujours réussi à s'entendre
avec l'employeur. Des conventions négociées, sans conflit, ont toujours été
signées. La formule actuelle est gagnante pour les deux parties", souligne
Henri Massé.
    "Comment voulez-vous régler un conflit avec 80% du service rendu? Cette
mesure ne ferait que prolonger les conflits de travail et pourrir les
relations entre les parties. Il n'y aurait plus de pression sur personne! Pas
d'incitatif à régler ni pour une partie ni pour l'autre. Est-ce que c'est cela
qu'on veut?", s'interroge le président de la FTQ.

    Services essentiels

    La FTQ affirme que Mario Dumont joue sur les mots et oublie
volontairement la définition légale d'un service essentiel. "Au Québec, un
service est jugé essentiel lorsque son absence met en danger la santé ou la
sécurité de la population. Qu'une grève dans les transports en commun provoque
des désagréments, c'est évident et c'est normal. Faire une grève qui ne
dérange personne ne constituerait pas un moyen d'action très efficace pour les
travailleurs. Ceci étant dit, on est loin d'une menace à la santé des
citoyens", plaide Claude Benoît.

    Un système performant à Montréal

    Malgré un sous-financement chronique qui se poursuit depuis le début des
années 1990, le service rendu aux citoyens de Montréal se compare toujours
avantageusement par rapport aux autres grandes villes du monde rappelle la
centrale syndicale. En effet, une étude réalisée en 2004 par le Collège
impérial de Londres concluait que la métropole québécoise se classait parmi
les plus performantes tant en ce qui a trait à la fiabilité du réseau, au
nombre d'heures travaillées par kilomètre parcouru ou à l'utilisation optimale
des actifs en terme de capacité de transport.

    Un appel aux autres partis

    "Ce projet de loi n'apporte rien pour régler les conflits de travail
potentiels et nie à toutes fins pratiques le droit de grève, ce qui pourrait
faire en sorte qu'on se retrouve avec d'autres sortes de conflits larvés qui
vont pourrir les relations du travail. La FTQ n'a jamais réclamé l'arbitrage
parce que nous croyons à la libre négociation mais, encore une fois, mieux
vaudrait l'arbitrage que les solutions amenées dans ce projet de loi".
    La FTQ demande finalement aux autres formations présentes à l'Assemblée
nationale de bloquer ce projet législatif de l'ADQ. "Une pareille loi, une
attaque aussi claire contre les droits des travailleurs, rencontrerait une
vive opposition de la part de la FTQ et, j'en suis sûr, de tout le mouvement
syndical québécois", a conclu Henri Massé.

    La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un
demi-million de membres.

    Ce communiqué et d'autres infos sur les sites ftq.qc.ca et scfp.qc.ca




Renseignements :

Renseignements: Louis Cauchy, Communications FTQ, cell.: (514) 235-3996;
Jean Laverdière, Communications FTQ, cell.: (514) 893-7809; Alexandre
Boulerice, Information SCFP, cell.: (514) 668-7148; Source: Fédération des
travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)


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