Selon les économistes de Desjardins, la reprise économique anticipée sera à l'image du ralentissement : sans trop d'éclat



    Le repli de l'inflation et la crise financière entrouvriraient la porte
    à des assouplissements monétaires

    LEVIS, QC, le 23 sept. /CNW Telbec/ - La plupart des pays industrialisés
vivront une longue période de stagnation économique et le Canada ne fera pas
exception.
    "Avec des prévisions économiques aussi faibles, soit sous le potentiel de
production de long terme, il est évident que nous allons traverser une longue
période de quasi-stagnation, d'autant plus que le contexte est parsemé de
risques baissiers importants. La reprise sera donc lente et graduelle, sans
éclat", a déclaré le vice-président et économiste en chef du Mouvement des
caisses Desjardins, M. François Dupuis, en dévoilant aujourd'hui les plus
récentes prévisions des économistes du Mouvement des caisses Desjardins.
    Malgré que la prévision de croissance de l'économie américaine ait été
révisée à la hausse de 1,5 % à 1,8 % pour 2008, celle du Canada a dû être
ramenée de 1,0 % à 0,6 % pour l'année en cours et de 1,8 % à 1,3 % pour 2009.
Des ajustements à la baisse ont été effectués pour la plupart des provinces.
L'Ontario, qui traverse actuellement sans aucun doute une période de
récession, verra donc son PIB réel diminuer de 0,1 % en 2008 pour remonter de
0,9 % en 2009. Le Québec s'en tire un peu mieux avec une croissance de 0,5 %
en 2008 et de 1,3 % en 2009. Les exportations sont moins touchées que celles
de sa voisine et les investissements en infrastructures amènent de l'eau au
moulin.
    Un an après le début de la crise financière, on constate qu'il y a certes
eu des mouvements violents, voire de panique, mais jusqu'ici les dommages,
quoique très importants, ont été contenus par des interventions musclées des
banques centrales et des gouvernements. Les sauvetages de Bear Stearns, de
Fannie Mae, de Freddie Mac et, tout récemment, d'AIG montrent leur
détermination à déployer les efforts nécessaires pour stabiliser le secteur
financier. Cette crise financière représente un défi sans précédent pour les
autorités gouvernementales depuis le début de l'ère économique moderne et le
plan de rachat des actifs douteux des banques, annoncé récemment par ces mêmes
autorités aux Etats-Unis et exigeant une injection de 700 G$, démontre bien
l'ampleur de ce défi, estiment les économistes de Desjardins.
    Selon eux, la confiance des investisseurs et des consommateurs est
présentement mise à rude épreuve et elle prendra du temps à se remettre. "Même
si la récession en Amérique du Nord aura été évitée, voire de faible amplitude
si elle se réalisait, la convalescence sera longue et il faudra s'armer de
patience avant de retrouver une croissance économique à la hauteur de son
potentiel", a ajouté M. Dupuis.

    Une conjonction de chocs négatifs

    En plus des crises de l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis, des
liquidités et du crédit, la hausse rapide des prix du pétrole, partis
d'environ 95 $ US le baril à la fin de 2007 pour culminer à près de 150 $ US
en juillet, a eu des effets plutôt dépressifs sur l'économie mondiale. Le PIB
réel de la zone euro et du Japon s'est contracté au deuxième trimestre. Au
Canada, la chute s'est fait davantage sentir au premier trimestre, mais la
faible croissance de 0,3 % à rythme annualisé qui a suivi n'était guère plus
réjouissante. Quant au Royaume-Uni, il fait du surplace. Alors que la plupart
des prévisionnistes voyaient les Etats-Unis tomber en récession, c'est
étonnamment le pays qui a enregistré la meilleure performance économique avec
une croissance de 3,3 %. Dans l'ensemble, l'économie mondiale devrait
progresser d'environ 3,7 % en 2008, en baisse d'un point de pourcentage par
rapport à 2007.
    "Le prix de l'énergie n'est pas la seule raison qui explique l'écrasement
de la croissance économique mondiale. Les conditions de crédit se sont encore
resserrées partout dans le monde, et la déconfiture du marché immobilier
dépasse les frontières des Etats-Unis et s'étend en zone euro et au
Royaume-Uni", souligne pour sa part le directeur et économiste en chef adjoint
de Desjardins, M. Yves St-Maurice.

    Le Canada malmené de tout côté

    Malgré la croissance encourageante des Etats-Unis au deuxième trimestre,
la demande intérieure reste faible. La consommation demeure fragile et le
marché de l'habitation est loin de reprendre du tonus. Dans les faits, c'est
le secteur extérieur qui a embelli la situation américaine alors que la
faiblesse du billet vert a stimulé les exportations. En revanche, les
importations de biens et services des Américains se sont fortement réduites au
cours de la même période, causant du tort aux exportations canadiennes.
    Simultanément, la construction résidentielle au Canada s'affaiblit avec
des conditions de crédit plus difficiles et un marché de l'emploi qui se
détériore. "Avec les dépenses gouvernementales, la consommation est le seul
élément qui permette encore à l'économie canadienne d'avoir la tête hors de
l'eau. Mais, avec les consommateurs qui ont une confiance dans les talons, les
espoirs d'éviter la récession ne tiennent pratiquement qu'à un fil", d'ajouter
M. St-Maurice.

    La plupart des futurs mouvements de taux directeurs seront probablement à
    la baisse

    Avec le repli des prix de l'énergie et le ralentissement de la croissance
économique, on s'attend à ce que l'inflation retraite par elle-même au cours
des prochains mois. Cela permettra aux banques centrales de concentrer leurs
actions sur la faiblesse de la croissance économique et sur les difficultés du
secteur financier. Selon les économistes de Desjardins, les prochains
changements dans les taux directeurs devraient se faire vers le bas.
    "Ce n'est probablement pas la Réserve fédérale (Fed) qui amorcera ce
nouveau mouvement baissier, mais plutôt le Royaume-Uni et le Canada vers la
fin de l'automne. La Banque centrale européenne devrait entrer dans la danse
au début de 2009, alors que la Fed, qui a déjà plusieurs longueurs d'avance
dans son processus d'assouplissement monétaire, restera sur les lignes de côté
au moins jusqu'à l'automne de 2009", affirme M. Dupuis. Le dollar canadien ne
bénéficiera plus du support des prix élevés du pétrole, qui sont tombés vers
les 100 $ US le baril et qui devraient se maintenir sous ce niveau jusqu'à la
fin de 2009. Le huard devrait donc perdre de sa force d'ici la fin de l'année,
mais remonter graduellement vers la parité au cours de l'an prochain.

    Rendements à la baisse sur les marchés obligataires et boursiers

    "Les boursicoteurs risquent de vivre des périodes d'instabilité d'ici la
fin de 2008. Ils devront vraisemblablement attendre 2009 pour revoir un
rendement positif de leur portefeuille", a en outre déclaré M. Dupuis.
Conséquence des pertes gigantesques du secteur financier, du ralentissement
économique et de la chute drastique des prix des ressources, les Bourses
nord-américaines enregistreront des rendements négatifs en 2008. "C'est une
importante correction par rapport au scénario précédent", a-t-il ajouté. Il
estime que le S&P 500 devrait terminer l'année autour de 1 320 pour regagner
plus de 7 % en 2009. Durement touché par la chute des prix des matières
premières, le S&P/TSX terminera en baisse de 6 % en 2008, rendement négatif
qu'il effacera entièrement au cours de l'an prochain.
    Les économistes de Desjardins rappellent que le meilleur terme pour
qualifier la période actuelle est plutôt la stagnation que la récession, sans
tendance claire à la baisse ou à la hausse. Dans la plupart des pays, les
signaux sont mixtes quant à l'évolution future de l'économie. Par contre, le
choc brutal de l'envolée des prix du pétrole sur la croissance économique se
résorbant graduellement, il est permis d'être positif, quoique modéré, quant
aux perspectives pour les prochains trimestres. "Les risques à la baisse de
notre scénario demeurent cependant nombreux, notamment en ce qui concerne le
secteur financier. Il n'est donc pas exclu que d'autres événements viennent
perturber davantage l'environnement actuel, ce qui, par conséquent, nous
amènerait à modifier nos prochains scénarios économiques et financiers",
ont-ils conclu.

    A propos de Desjardins

    Plus important groupe financier intégré de nature coopérative au Canada,
avec un actif global de près de 152 milliards de dollars au 30 juin 2008, le
Mouvement des caisses Desjardins regroupe un réseau de caisses, credit unions
et centres financiers aux entreprises au Québec et en Ontario, de même qu'une
vingtaine de sociétés filiales en assurances de personnes et de dommages, en
valeurs mobilières, en capital de risque et en gestion d'actifs, dont
plusieurs sont actives à l'échelle du pays. S'appuyant sur la compétence de
ses 40 000 employés et l'engagement de plus de 6 500 dirigeants élus,
Desjardins met à la disposition de ses 5,8 millions de membres et ses clients,
particuliers et entreprises, une gamme complète de produits et services
financiers. Son réseau de distribution physique est complété par des modes
d'accès virtuel à la fine pointe de la technologie. Pour en savoir plus,
consultez le site www.desjardins.com.




Renseignements :

Renseignements: (à l'intention des journalistes uniquement): Nathalie
Genest, Conseillère Information et Relations de presse, (514) 281-7275, 1
(866) 866-7000, poste 7275; François Dupuis, Vice-président et économiste en
chef, (514) 281-7000, 1 (866) 866-7000, poste 7322; Yves St-Maurice, Directeur
et économiste en chef adjoint, (514) 281-7000, 1 (866) 866-7000, poste 7009


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