Selon la Banque CIBC, des risques d'inflation se profilent à l'horizon alors que l'on fait tourner la planche à billets pour contrer la récession



    La menace est pire aux Etats-Unis qu'au Canada

    TORONTO, le 6 avr. /CNW/ - Banque CIBC (CM aux bourses de Toronto et de
New York) - Le Canada adoptera vraisemblablement une version nettement plus
douce de la stratégie mise en oeuvre par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui
ont ressorti la planche à billets pour combattre la récession, une mesure
délicate qui risque d'entraîner une forte inflation, voire une hyperinflation,
selon un rapport préparé par le secteur des services bancaires de gros de la
Banque CIBC.
    "L'émission de billets de banque semble être un ingrédient clé pour
empêcher qu'une récession mondiale ne se transforme en dépression durable",
souligne Avery Shenfeld, économiste en chef, dans son plus récent rapport.
    "On peut supposer que l'adoption d'une stratégie monétaire plus musclée
aujourd'hui aura pour effet de stimuler une reprise économique et de diminuer
les risques d'une période désinflationniste prolongée. Or, il se pourrait
aussi que les décideurs gèrent mal l'échéancier de dénouement de montants sans
précédent aux fins de relance budgétaire et de stimulation monétaire, ce qui
entraînerait une inflation incontrôlable", prévient M. Shenfeld.
    L'émission de billets de banque, ou assouplissement quantitatif, est une
stratégie selon laquelle les banques centrales se servent de l'argent
nouvellement émis pour acheter des obligations d'Etat servant au financement
de programmes de dépenses. Ces dollars supplémentaires stimulent la croissance
économique, mais peuvent aussi réduire le pouvoir d'achat de chaque dollar, ce
qui correspond à la définition de l'inflation.
    "Une inflation excessive constitue effectivement un risque une fois qu'on
réussit à dompter la déflation", estime M. Shenfeld, qui croit que les risques
d'inflation sont plus importants au sud de la frontière. Les Etats-Unis "étant
aux prises avec une forte augmentation de la dette publique et un secteur des
ménages tout aussi surendetté, l'inflation pourrait être un moyen tentant de
faire se contracter la valeur réelle de ces fardeaux. Et même sans plan
délibéré, il serait facile de se fourvoyer et de trop miser sans le vouloir
sur l'effet d'amorçage de l'argent, ou de renverser celui-ci trop tard."
    Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada, a minimisé les attentes
voulant que la Banque procède à un assouplissement quantitatif en avril,
affirme M. Shenfeld. Toutefois, "compte tenu de la dégradation de la
conjoncture et de la chute prévue de l'inflation de base sous la barre de 1 à
3 % d'ici la fin de l'année, d'autres mesures de stimulation monétaire seront
nécessaires."
    M. Shenfeld croit que, plutôt que d'annoncer une baisse isolée des taux
de financement à un jour, la Banque du Canada ne bougera pas en avril et
lancera une version canadienne du programme d'assouplissement quantitatif ou
d'assouplissement du crédit d'ici trois à six mois. L'approche "plus douce" du
Canada comprendra l'achat d'obligations d'Etat ou d'autres crédits afin
d'abaisser les taux d'intérêt à plus long terme, tout en prenant des mesures
destinées à contrebalancer l'incidence sur la croissance de la masse monétaire
et les taux de financement à un jour.
    "La Banque du Canada tient beaucoup plus à sa cible d'inflation stricte.
De plus, le fardeau de la dette publique canadienne, bien qu'il s'alourdisse
encore, sera quand même nettement moins important que celui de Washington,
d'où la tentation moindre de le faire disparaître en recourant à l'inflation.
Le gouverneur Carney aura quand même fort à faire pour tenter de contenir les
attentes en matière de rendement et d'inflation à long terme, face à une
croissance de la masse monétaire déjà fortement dopée", souligne M. Shenfeld.
    Si la Banque du Canada opte pour un programme d'assouplissement
quantitatif et qu'une reprise s'amorce, la première dose de resserrement
monétaire ne prendra pas la forme d'une hausse du taux de financement à un
jour, mais consistera plus probablement en une conversion inverse des achats
d'actifs par la Banque du Canada en revendant des obligations au marché
secondaire, a dit M. Shenfeld. "En prévision d'une telle réaction, nous avons
repoussé toutes les éventuelles hausses du taux de financement à un jour
au-delà de notre horizon prévisionnel de la fin de 2010."
    M. Shenfeld ajoute que "même si l'inflation n'atteint aucun pic aux
Etats-Unis, le resserrement monétaire s'accompagnera de taux sensiblement plus
élevés d'un bout à l'autre de la courbe, alors que la Réserve fédérale dénoue
les transactions inscrites à son bilan en vendant les obligations qu'elle
avait accumulées dans le cadre d'un mandat de monétisation. Voilà qui nous
incite à demeurer pessimistes par rapport aux obligations à long terme, plus
particulièrement les obligations du Trésor, alors que celles du Canada
devraient surpasser l'indice. Entretemps, dans la mesure où une politique
monétaire mondiale souple, notamment un assouplissement quantitatif, multiplie
les appréhensions par rapport à l'inflation, cette même politique devrait plus
tard constituer un atout pour une monnaie liée aux produits de base comme le
dollar canadien."
    Ailleurs dans le rapport ayant pour thème l'inflation, l'économiste
principal Benjamin Tal écrit qu'une reprise des prix du pétrole après 2010
accentuera l'inflation du prix des denrées alimentaires, déjà en forte
augmentation, et forcera une transformation fondamentale des systèmes
agricoles et alimentaires.
    "Le système agro-alimentaire actuel a reposé jusqu'à présent sur de
l'énergie à bon marché, vu la nécessité de maximiser les rendements face aux
contraintes liées à la superficie de terre arable disponible. Toutefois, une
reprise des prix du pétrole et l'incidence potentielle des politiques
environnementales visant à en limiter l'exploitation chambouleront ce modèle",
dit-il.
    "La disjonction qui existe actuellement entre l'inflation du prix des
aliments et l'inflation en général constitue un signe précurseur des étapes à
venir sur le plan de l'économie au sein de l'industrie alimentaire. Alors que
les prix du combustible demeureront modérés jusqu'en 2010, une reprise
mondiale les fera grimper de nouveau plus fortement par la suite,
particulièrement si l'on impose des taxes sur le carbone ou des droits
d'émission. Afin de réduire l'intensité énergétique, les agriculteurs
accroîtront la production d'aliments biologiques, pendant que le système
alimentaire dans son ensemble réduira sa dépendance à l'égard des importations
et deviendra beaucoup plus localisé."
    Vous pouvez consulter le rapport intégral de Marchés mondiaux CIBC à
l'adresse :
    http://research.cibcwm.com/economic_public/download/sapr09.pdf

    Le secteur des services bancaires de gros de la Banque CIBC offre une
gamme complète de produits de crédit intégré et de marchés des capitaux, de
services bancaires d'investissement et de services de banque d'affaires à des
clients des marchés financiers clés en Amérique du Nord et partout dans le
monde. Nous proposons également des solutions novatrices et des services
consultatifs dans un vaste éventail de secteurs et nous fournissons des études
de premier ordre à notre clientèle d'investisseurs constituée de sociétés, de
gouvernements et d'institutions.





Renseignements :

Renseignements: Avery Shenfeld, économiste en chef, Marchés Mondiaux
CIBC, au (416) 594-7356, avery.shenfeld@cibc.ca; ou avec Tom Wallis,
Communications et affaires publiques, au (416) 980-4048, tom.wallis@cibc.ca


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