Secteur public québécois - Les salaires toujours en retard



    MONTREAL, le 29 nov. /CNW Telbec/ - Deux après l'adoption des décrets
fixant leurs salaires et leurs conditions de travail (loi 43), l'Institut de
la statistique du Québec (ISQ) a dévoilé aujourd'hui les résultats de son
enquête annuelle sur l'évolution comparée des salaires entre les secteurs
public et privé. La CSN n'est pas étonnée d'y lire que les salaires dans le
secteur public sont toujours à la traîne. Un virage s'impose.
    Selon l'ISQ, le retard des salarié-es du secteur public par rapport à
l'ensemble des autres salarié-es est de 9,4 % au niveau des salaires ; il
s'établit à 5,7 % quand on tient compte des avantages sociaux, soit la
rémunération globale. A ce dernier chapitre, le retard des salarié-es de
l'Etat par rapport aux autres salarié-es syndiqués s'établit à 16,7 %.
    Une rapide comparaison avec les données colligées l'an dernier par l'ISQ
donne l'impression que cet écart se resserre. Toutefois, et ce, malgré les
versements faits dans le cadre de l'équité salariale, ces différences tiennent
davantage à des changement méthodologiques apportés à l'étude qu'à un
rattrapage véritable du secteur public.
    En effet, à la lecture du rapport, on constate que les augmentations de
salaires dans le secteur public ont été plus faibles encore cette année, que
celles versées partout ailleurs. Et ces faibles augmentations faisaient suite
à deux années de gel salarial imposées par le gouvernement Charest en
décembre 2005. Dans les faits, tout indique que la situation se dégrade
d'année en année.
    Il n'est pas étonnant que le secteur public connaisse de tels problèmes
de pénuries de main-d'oeuvre lorsqu'on constate les retards salariaux des
diverses catégories d'emplois avec le secteur privé : 11,2 %, chez les
professionnel-les, 8,5 % pour les techniciennes et techniciens, 7,5 % chez les
employé-es de bureau et pas moins de 32,5 % pour les ouvriers. En maintenant
de tels écarts, le gouvernement risque d'accélérer le glissement de
l'expertise du secteur public vers le secteur privé.

    Changer de cap

    Le vice-président de la CSN, Louis Roy, estime que des années de
laisser-faire ont mis à mal la capacité de l'Etat d'offrir les services que
les citoyens sont en droit d'attendre. "Les citoyennes et les citoyens veulent
que les services publics soient assurés par les personnes les plus compétentes
et les plus motivées possible. Autrefois, l'Etat québécois offrait des
conditions de travail comparables à celles du secteur privé, sinon supérieures
dans certains aspects ce qui lui permettait d'attirer et de retenir une
main-d'oeuvre qualifiée. La détérioration des conditions de travail par
rapport à celles offertes dans le secteur privé n'est pas étrangère aux
problèmes de pénurie de main-d'oeuvre à laquelle les organismes publics font
face aujourd'hui. Nous avons une responsabilité collective d'assurer un
financement adéquat et des conditions de travail décentes. Nous sommes mûrs
pour un virage majeur", croit Louis Roy qui souhaite voir le gouvernement
inviter les organisations syndicales représentatives à entreprendre des
discussions avant l'échéance des conventions collectives, en avril 2010.
    "Ce que nous souhaitons, par-dessus tout, c'est une politique salariale
pour régler les problèmes globalement plutôt que d'y aller avec des ententes à
la pièce pour une catégorie ou l'autre. Le gouvernement ne peut continuer à
justifier ses décrets de 2005 sous prétexte d'un manque d'argent dans les
coffres de l'Etat. En effet, depuis décembre 2005, le gouvernement a choisi de
se priver de plusieurs milliards en revenus de taxes et d'impôts. Une somme
environ deux fois plus élevée que le coût de la demande salariale totale des
500 000 employé-es de l'Etat présentée par le Front commun à l'automne 2005
qui équivalait à un investissement de 2,3 milliards", ajoute Louis Roy.

    Fondée en 1921, la CSN compte 300 000 membres dans tous les secteurs
d'activité dont environ la moitié oeuvrent dans le secteur public.




Renseignements :

Renseignements: Jean-Pierre Larche, Service de l'information de la CSN,
(514) 598-2264


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