Scandale des aliments contaminés: Lancement de la campagne SOS Aliments



    TORONTO, le 12 sept. /CNW Telbec/ - Dans le cadre d'une campagne
nationale lancée ce matin à Toronto, on demandera aux candidats et candidates
aux élections fédérales de donner leur adhésion au plan d'action pour la
salubrité alimentaire.
    "L'épidémie de listériose causée par des produits alimentaires contaminés
a ébranlé la confiance de la population canadienne dans notre système de
protection des aliments. Le système est défaillant et il faut le remettre sur
pied", déclare Patty Ducharme, vice-présidente exécutive nationale de
l'Alliance de la Fonction publique du Canada.
    La campagne aura un site Web - www.securitealimentaire.ca - qui permettra
aux gens d'envoyer un message pour demander aux candidats et candidates dans
leur circonscription de donner leur adhésion au plan d'action "SOS Aliments"
qui prévoit quatre mesures pour remettre le système en état. Pour faire
connaître la campagne, on diffusera des annonces à la radio, dans les médias
imprimés et en ligne et on tiendra diverses activités un peu partout au pays.
    Selon Michèle Demers, présidente de l'Institut professionnel de la
fonction publique du Canada, "nos syndicats lancent cette campagne parce qu'il
faut agir dès maintenant et obtenir l'engagement des politiciens au sujet de
la salubrité alimentaire avant que d'autres vies ne soient mises en danger."
    Le gouvernement de Stephen Harper a régulièrement réduit le financement
des programmes de salubrité alimentaire et a transféré aux entreprises
alimentaires les responsabilités liées au contrôle de la qualité et de la
salubrité des aliments.
    Selon de récentes prévisions du Conseil du Trésor du Canada, le
financement des programmes de salubrité alimentaire diminuera de près de 30 %
(pour passer de 359 millions de dollars en 2006-2007 à 254 millions en
2010-2011), sous le régime de M. Harper.
    Entre-temps, le gouvernement prévoit favoriser davantage
l'autosurveillance de l'industrie. Selon un document confidentiel du
gouvernement révélé par un employé de l'ACIA et congédié depuis, le
gouvernement entend :

    
    - faire moins d'inspections sur place et davantage de surveillance, ce
      qui permettrait à l'industrie d'adopter des programmes de contrôle de
      la qualité et de gérer les principaux risques.
    - éliminer la prestation de programmes d'inspection des aliments au
      Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique.
    

    "Il n'y a pas assez d'inspectrices et d'inspecteurs, et ils consacrent
trop de temps à examiner les rapports générés par les entreprises elles-mêmes
dans un système qui se fie trop à l'industrie pour s'autodiscipliner en
matière de salubrité", souligne le président du Syndicat de l'Agriculture, Bob
Kingston, lui-même superviseur de l'inspection des aliments en congé de
l'ACIA.
    La campagne vise à obtenir des appuis parmi les candidats et candidates
aux élections et au sein des partis fédéraux en faveur des mesures suivantes
visant l'amélioration de la salubrité alimentaire au Canada.

    Créer 1 000 nouveaux postes d'inspecteurs et de vétérinaires afin
    d'améliorer la réglementation de l'industrie alimentaire

    Il y a, au Canada, quelque 800 usines de transformation de la viande sous
réglementation fédérale, dont beaucoup transforment des milliers d'animaux
quotidiennement, des milliers d'usines de transformation d'autres produits
alimentaires (fromage, fruits et légumes, par exemple) ainsi qu'un grand
nombre de charcuteries et d'autres commerces au détail. Et toutes ces
entreprises sont des sources potentielles de bactéries d'origine alimentaire
pouvant causer la mort. Le territoire est beaucoup trop grand pour les 1 100
inspecteurs et inspectrices des aliments transformés et les 230 vétérinaires
du Programme de l'hygiène des viandes actuellement au service de l'ACIA. Le
problème des maladies d'origine alimentaire est complexe, mais l'une de ses
dimensions est facile à comprendre : le nombre d'inspecteurs et d'inspectrices
est insuffisant. Par exemple, l'inspecteur chargé de l'usine Maple Leaf d'où
venait la viande contaminée qui a causé l'éclosion récente de listériose
s'occupe aussi de six autres usines. Pour que les compagnies respectent la
réglementation sur la salubrité alimentaire, il faut plus de personnel
d'inspection. C'est simple comme bonjour!

    Imposer immédiatement un moratoire sur les politiques d'autosurveillance
    de l'industrie

    Conformément aux changements apportés le 31 mars 2008, notamment à
l'usine de Maple Leaf à Toronto, les inspectrices et inspecteurs de viandes
consacrent seulement 25 % de leur temps à la surveillance directe en usine. Le
reste du temps, ils étudient les rapports préparés par les entreprises. Voilà
qui est loin de l'objectif du nouveau Système de vérification de la conformité
selon lequel les inspectrices et les inspecteurs devraient consacrer la moitié
de leur temps à la surveillance directe.
    Par ailleurs, l'autosurveillance de l'industrie a aussi été étendue au
secteur avicole lorsque la surveillance de la santé des volatiles a été
privatisée.
    Selon des plans que le gouvernement conservateur a approuvés, mais pas
encore pleinement mis en oeuvre, l'industrie aura encore plus de pouvoir
d'autosurveillance en matière de salubrité. Le Système de vérification de la
conformité, le programme de rejet de la volaille et les autres projets
d'autosurveillance doivent être suspendus.

    Eliminer les obstacles qui empêchent les inspectrices, les inspecteurs et
    les vétérinaires de l'ACIA de prendre des mesures immédiates

    A l'heure actuelle, l'ACIA n'encourage guère ces personnes à prendre des
mesures immédiates lorsque de graves problèmes de santé surgissent.
L'employeur leur conseille plutôt d'émettre à une compagnie fautive une
"demande d'action corrective" qui précise la nature du problème et qui donne à
la compagnie 60 jours pour le régler. L'action immédiate est une théorie
difficile à appliquer lorsque le personnel chargé de l'inspection passe, en
vertu du Système de vérification de la conformité, 75 % de son temps en usine
à examiner les rapports préparés par les entreprises et à peine 25 % à
inspecter les installations. Une telle stratégie s'inscrit parfaitement dans
les mesures visant à accroître l'autosurveillance de l'industrie en matière de
salubrité alimentaire.

    Recommencer la divulgation des rapports de vérification, qui a été
    interrompue en réaction aux pressions de l'industrie de la viande

    Pendant 20 ans, les inspectrices et inspecteurs du gouvernement ont
publié des rapports sur leurs inspections et classé les usines de
transformation qu'ils inspectaient. En raison des pressions exercées par le
Conseil des viandes du Canada, qui se plaignait de la mauvaise presse que les
journalistes faisaient à l'industrie de la viande lorsqu'ils obtenaient ces
rapports, le gouvernement fédéral a cessé de publier les rapports d'inspection
peu après l'arrivée au pouvoir de Stephen Harper. Les Canadiens et Canadiennes
doivent savoir quelles compagnies respectent les normes de salubrité. Il faut
donc recommencer à publier les rapports de vérification.




Renseignements :

Renseignements: Jim Thompson, (613) 447-9592 cellulaire; Chatal Lecours,
(613) 864-4368 cellulaire


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