Sauver la planète en changeant nos attitudes



    Etre écolo ne veut pas nécessairement dire consommer moins d'énergie

    OTTAWA, le 29 mai /CNW Telbec/ - Frances Moore Lappé, auteure et
militante, affirme que nous possédons déjà les solutions aux grands problèmes
de notre ère - le changement climatique, par exemple. Mais nous somme
paralysés, et donc incapables d'agir, par des idées préconçues qui dominent
notre pensée.
    Dans une communication présentée à l'Université Carleton dans le cadre du
Congrès des sciences humaines qui se tient cette semaine à Ottawa, Lappé a
appelé à une remise en question massive de notre façon de concevoir
gouvernement, économie et démocratie. Si nous parvenons à le faire,
affirme-t-elle, nous sauverons la planète.
    Lappé s'est fait connaître au début des années 1970 pour son livre Diet
for a Small Planet qui vantait les mérites d'un régime végétarien. Depuis,
elle milite contre la faim et en faveur du développement équitable et a fondé
avec sa fille Anna Lappé le Small Planet Institute. Selon Fances Lappé,
plusieurs personnes aujourd'hui ont peur - peur d'un désastre écologique, et
peur parce qu'ils ne voient pas de façon de le prévenir. Elle croit toutefois
que nous pouvons agir si nous arrivons à rejeter cinq idées préconçues.
    La première idée à rejeter, selon elle, c'est qu'être écolo veut
nécessairement dire réduire notre consommation d'énergie. Pas besoin de
réduire, dit-elle - il faut simplement puiser notre énergie dans des sources
renouvelables.
    "Tous les jours, le soleil nous fournit 15 000 fois plus d'énergie que ce
que nous consommons en pétrole," dit-elle. Elle ajoute que si chacun avait une
éolienne ou des panneaux solaires sur son toit, nous serions moins dépendants
des grandes pétrolières - et ainsi nous aurions l'impression d'exercer plus de
contrôle sur notre vie quotidienne.
    La deuxième idée à rejeter, selon elle, est celle qui suppose qu'il
faudra dire au revoir à la croissance économique. On peut être écolo si on
change la définition du mot "croissance." Elle dit que la famille Walton,
propriétaires de Wal-Mart, détient aujourd'hui à elle seule autant de richesse
que les 40 p. cents de la population américaine au bas de l'échelle réunis.
Est-ce de la croissance si seulement les riches s'enrichissent?
    L'économie peut croître si on apprend à être plus efficace. Par exemple,
différentes études montrent qu'entre 25 et 50 p. cent de la nourriture
produite aux Etats-Unis est gaspillée. Et que chaque Américain produit
annuellement environ 135 kilos de matériel d'emballage.
    Troisièmement, elle rejette l'idée que l'être humain est de par sa nature
matérialiste et intéressé seulement par ce qui l'avantage personnellement. Les
études montrent que dans certaines conditions, nous pouvons tous devenir des
monstres. Mais nous ne serions pas 6,8 milliards sur Terre, dit-elle, si nous
n'étions pas aussi capables de faire preuve d'empathie, de coopération et de
justice. Notre société n'a qu'à créer des conditions qui favorisent
l'épanouissement de nos meilleures qualités.
    Et nous aimons être encadrés, dit-elle. Loin d'être rébarbatifs à toute
loi, la race humaine aime vivre selon certaines règles bien précises, surtout
quand ces règles nous semblent raisonnables et ne nous isolent pas. Elle cite
comme exemple la grande popularité d'une loi allemande qui autorise les
individus à vendre au réseau de distribution d'électricité, à un prix
prédéterminé, toute électricité produite par eux à domicile à partir de moyens
renouvelables, comme des éoliennes.
    Finalement, elle veut remettre en cause l'idée que nos problèmes sont
trop difficiles pour une démocratie et que seul un régime autoritaire peut
nous sauver. Il faut, selon elle, faire confiance aux gens et leur donner les
moyens d'agir.
    "Qui décide? Voilà la plus grande question de toutes," dit-elle,
expliquant que si on laisse le pouvoir décisionnel entre les mains des plus
riches, nous allons tous souffrir.
    Lappé ne s'oppose pas au concept d'une économie de marché - mais elle dit
qu'il y a plus d'une façon de faire rouler une économie.
    Si nous voulons progresser, dit-elle, il faut aussi se débarrasser de
l'idée que le changement est impossible. L'histoire récente nous enseigne que
des problèmes qui semblaient insolubles ont pourtant été résolus.  "Il n'est
pas possible de savoir ce qui est possible," dit-elle.

    Organisé par la Fédération canadienne des sciences humaines, le Congrès
des sciences humaines réunit quelque 8,000 chercheurs de partout au Canada et
dans le monde.




Renseignements :

Renseignements: La salle de presse du Congrès, Pièce 118, Paterson Hall,
Université Carleton, (613) 520-3552, ckealey@fedcan.ca, steve_blais@
carleton.ca; Suivez le Congrès en ligne, visitez:  www.fedcan.ca/experience

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