Réplique syndicale au lock-out qui dure depuis bientôt 11 mois - Les syndiqués en lock-out du Journal de Québec vont aller chercher des appuis dans toutes les provinces canadiennes



    MONTREAL, le 9 mars /CNW Telbec/ -Réplique syndicale au lock-out du
Journal de Québec qui dure depuis bientôt 11 mois. Dès cette semaine, des
syndiqués du Journal entreprennent une grande tournée de sensibilisation qui
les mènera dans toutes les provinces canadiennes. Pour mieux permettre la
diffusion de leur message, les syndiqués ont même préparé une édition spéciale
en anglais du MédiaMatinQuébec. D'une durée de deux mois, la tournée vise
d'abord les organisations syndicales, mais elle permettra aussi de prendre
contact avec tous les groupes préoccupés par l'avenir des médias, partout au
Canada.
    Le 2 mars, le lock-out au Journal de Québec est devenu le plus long
conflit de travail à toucher un quotidien francophone au Canada.
    "Le conflit au Journal de Québec est exceptionnel. Rien ne justifie ce
conflit de travail. Ce que nous sommes venus vous dire ce matin, c'est que
Quebecor ne fera pas plier les genoux des syndiqués. Dès mercredi, nous
entreprenons une tournée exceptionnelle à travers tout le Canada pour faire
connaître le conflit et les méthodes répugnantes de Quebecor à l'endroit de
ses employés du Journal de Québec." C'est la déclaration faite par Paul Moist,
Claude Généreux, Ken Georgetti et Michel Arsenault lors d'une conférence de
presse tenue à Montréal, ce matin. Les quatre leaders syndicaux sont
respectivement président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)
secrétaire trésorier national du SCFP, président du Congrès du travail du
Canada (CTC) et président de la Fédération des travailleurs et travailleuses
du Québec (FTQ), organisations syndicales qui représentent ensemble trois
millions de membres.
    D'une même voix, les chefs syndicaux ont dénoncé "l'arrogance de
Quebecor/Sun Media qui a décrété le lock-out de ses employés alors que le
Journal de Québec était numéro un dans son marché, que son tirage était en
hausse, qu'il connaissait la plus forte progression au Canada pour un
quotidien, tout en sachant qu'aucune journée n'avait été perdue en raison d'un
conflit de travail en 40 ans. Qui plus est, font-ils valoir, aucun vote de
grève n'avait été pris et aucun moyen de pression n'avait été exercé par les
employés. Et aujourd'hui, ajoutent-ils, onze mois plus tard, quand les médias
demandent à Quebecor de s'expliquer sur la place publique, ils refusent
systématiquement de donner des entrevues."

    Tournée canadienne

    La tournée canadienne débute mercredi à Saskatoon pour se poursuivre à
Calgary le lendemain. Par la suite, les représentants des syndiqués du Journal
passeront par les villes suivantes : Fredericton (Nouveau-Brunswick) du 3 au 5
avril, Wolfville (Nouvelle-Ecosse) du 6 au 9 avril, Vancouver (Colombie
Britannique) du 16 au 19 avril, Brandon (Manitoba) du 23 au 26 avril, St.
John's (Terre-Neuve et Labrador) du 5 au 7 mai, Charlottetown
(Ile-du-Prince-Edouard) les 8 et 9 mai, Niagara Falls (Ontario) du 22 au 24
mai. La tournée se conclura au congrès du CTC à Toronto pendant la dernière
semaine du mois de mai. En plus d'une vaste opération de sensibilisation, la
tournée sera aussi l'occasion pour les syndiqués d'aller chercher des appuis
financiers.

    Neuf lock-out en six ans

    Dans les six dernières années, uniquement au Québec, Quebecor Media a eu
recours au lock-out neuf fois contre ses employés. Voici la liste de ces
lock-out.
    
    Vidéotron Télécomm                   78 jours       112 travailleurs
    30 avril au 16 juillet 2002

    Vidéotron Montréal(*)                360 jours      1800 travailleurs
    8 mai 2002 au 2 mai 2003

    Vidéotron Québec(*)                  360 jours      313 travailleurs
    8 mai 2002 au 2 mai 2003

    Groupe TVA Montréal(*)               7 jours        7 travailleurs
    3 au 9 juillet 2003

    Groupe TVA Estrie                    67 jours       6 travailleurs
    30 janvier au 5 avril 2004

    Journal de Montréal (Vendeurs)       36 jours       44 travailleurs
    9 février au 15 mars 2004

    Journal de Montréal (Pressiers)(xx)  114 jours      Plus de 100
    22 octobre 2006 au 12 février 2007                  travailleurs

    Journal de Québec (Bureau)           ? jours        68 travailleurs
    22 avril 2007 à ce jour

    Journal de Québec (Rédaction)        ? jours        69 travailleurs
    22 avril 2007 à ce jour

    (*)  Lock-out et grève
    (xx) Lock-out déclaré illégal par le tribunal

    Par comparaison, on peut se demander combien de lock-out ont eu lieu du
temps où Pierre Péladeau père vivait encore et dirigeait son entreprise.
Réponse : pendant les dix dernières années de la vie du fondateur de Quebecor,
soit de 1987 à 1997, trois lock-out ont eu lieu. Ils sont tous survenus au
Journal de Montréal en 1993-1994. Qui menait les négociations patronales au
Journal de Montréal à cette époque? Pierre-Karl Péladeau, l'actuel président
de Quebecor.

    Voici un rappel de ces lock-out.

    Journal de Montréal (préparation)
    19 septembre 1993 au 6 février 1994  140 jours      150 travailleurs

    Journal de Montréal (pressiers)
    11 octobre 1993 au 8 mars 1994       148 jours      148 travailleurs

    Journal de Montréal (encarteurs, expédition, deux accréditations)
    11 octobre 1993 au 17 mars 1994(*)   110,5 jours    210 travailleurs
    
    C'est donc dire que dans les 15 dernières années, Quebecor a utilisé le
recours au lock-out à 12 reprises.

    Rappel du conflit au Journal de Québec

    Les employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec sont sous
le coup d'un lock-out décrété par l'employeur le 22 avril 2007. Avant le
déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats n'avait demandé de mandat
de grève à ses membres ni même exercé de moyens de pression. En solidarité
avec leurs collègues jetés sur le trottoir par la décision de
Quebecor/Corporation Sun Media, les employés de l'imprimerie ont voté la grève
à 97 %.
    Aucun conflit de travail n'avait eu lieu depuis la fondation du Journal
de Québec en 1967. Il y a environ deux ans, tous les employés syndiqués du
Journal avaient accepté de reconduire la convention collective pour un an en
partenariat avec l'employeur pour mieux affronter son concurrent, Le Soleil,
qui passait au format tabloid.
    Au moment du déclenchement du conflit, le Journal de Québec dégageait des
profits nets annuels d'environ 25 millions de dollars et était le numéro un
dans son marché.
    Selon les données de l'Audit Bureau of Circulations (ABC) (organisme
spécialisé dans l'évaluation de la distribution des quotidiens partout sur le
continent nord-américain), au moment de l'annonce du lock-out le Journal de
Québec était celui qui avait connu la plus forte progression au Canada (soit
2,5 %, pour la période de six mois se terminant le 31 mars 2007, du lundi au
vendredi pour les quotidiens de plus de 100 000 exemplaires).
    La brutalité de ce lock-out, malgré la très grande profitabilité de
l'entreprise, fait dire aux syndiqués que Quebecor/Sun Media pratique à leur
endroit du "terrorisme économique".
    Aucun piquet de grève n'a été érigé par les syndiqués depuis le début du
lock-out.
    Depuis le 24 avril 2007, les employés en conflit publient et distribuent
cinq jours semaine 40 000 exemplaires du MédiaMatinQuébec, un quotidien
gratuit qu'ils ont créé, pour rappeler leur cause à la population de Québec.
Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris plusieurs recours judiciaires pour
empêcher la publication du MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches ont échoué.
    Malgré le conflit, le Journal de Québec continue d'être publié. Il est
imprimé principalement à Mirabel plutôt qu'à Québec.
    Dans une décision rendue le 23 août 2007, en application de l'article 109
du Code du travail du Québec (dispositions anti-scabs), la Commission des
relations du travail (CRT) du Québec a ordonné à la direction du Journal de
Québec de cesser de recourir aux services de quatre personnes qui
remplissaient les fonctions de salariés en conflit.
    De nouvelles plaintes concernant l'utilisation de travailleurs illégaux
ont été déposées par les syndicats en octobre et novembre 2007. Au total, ces
plaintes visent 17 personnes. Des audiences de la CRT sur ces plaintes ont eu
lieu les 14 et 28 janvier. Elles se poursuivront les 12 et 14 mars. Lors des
premières audiences, le rédacteur en chef du Journal de Québec, Serge
Gosselin, a déclaré sous serment qu'il n'estimait "pas pertinent" de savoir
qui sont les auteurs des articles provenant de Canoe et publiés dans son
quotidien en lockout.
    D'autre part, le 5 février 2008, le Journal de Québec, le portail
Internet Canoe et le journaliste de Canoe Hubert Lapointe ont plaidé non
coupables à des accusations criminelles pour avoir, l'été dernier, divulgué le
nom d'une victime d'agression sexuelle malgré une ordonnance de
non-publication de la Cour. Cette affaire reviendra devant le tribunal le
15 avril. Hubert Lapointe est l'une des 17 personnes visées par les plaintes
sur l'emploi de scabs.




Renseignements :

Renseignements: (français) Claude Généreux, cell. (514) 884-5074;
(anglais) Paul Moist, cell. (613) 558-2873; Robert Bellerose, Information SCFP
(FTQ), cell. (514) 247-9266; Jean Wolff, (CTC), (613) 878-6040; Jean
Laverdière, (FTQ), (514) 893-7809; SOURCES: FTQ, SCFP, CTC


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