Repenser la nouvelle, un impératif pour les Québécois



    MONTREAL, le 16 oct. /CNW Telbec/ - Les entreprises de presse et les
journalistes doivent réfléchir sur leurs pratiques professionnelles et
repenser l'information qu'ils offrent au public. Telle est la principale
demande exprimée à l'issue de la tournée des régions du Conseil de presse du
Québec, conclue au printemps dernier. Plus de 200 organismes socioéconomiques
et quelques 250 citoyens sont venus s'exprimer lors de cet exercice de
consultation publique sans précédent.
    Pendant cinq mois, au début de l'année 2008, dans les 17 régions
administratives du Québec, le Conseil a écouté les participants, citoyens,
représentants de groupes socioéconomiques et artisans des médias, venus
présenter leur avis et des idées constructives pour améliorer l'état de
l'information à l'échelle locale, régionale et nationale. Le président du
Conseil de presse, M. Raymond Corriveau, explique : "Ce processus de
consultation a favorisé une expression authentique des citoyens qui,
conscients de la nécessité et du rôle clé des médias dans le processus social
et démocratique, réclament haut et fort davantage d'information et une façon
novatrice de concevoir la nouvelle."
    La notion de nouvelle a été attaquée de toutes parts et un malaise
profond s'est clairement exprimé. Pour les participants, la qualité de
l'information serait particulièrement affectée par le sensationnalisme, la
préséance à couvrir des événements-chocs, spectaculaires et négatifs (au
détriment de nouvelles d'intérêt public et constructives), le manque
d'équilibre et de mise en contexte, l'uniformisation du contenu, l'absence de
suivi, le contenu simpliste et superficiel. On déplore également une
sous-couverture du contenu culturel régional et un manque d'informations
radiophoniques. Plusieurs secteurs semblent particulièrement malmenés par les
médias. C'est le cas des secteurs de l'éducation, de la santé et des Premières
nations, qui n'ont pas l'impression que les enjeux auxquels ils sont
confrontés sont bien compris par la communauté journalistique.
    L'accès à l'information pose également problème. Les municipalités
rurales sont désavantagées par rapport aux grands centres urbains. Des
centaines d'entre elles n'ont toujours pas accès à Internet haute vitesse, ce
qui freine le développement régional, prive les citoyens d'une source
importante d'information, rend difficile la création d'un média régional en
ligne et nuit au travail des journalistes qui peinent à recevoir ou à
transmettre du contenu. De plus, certaines régions, dont le Nord-du-Québec ou
l'Abitibi-Témiscamingue, évoquent un problème d'accès aux médias écrits, alors
qu'elles doivent attendre une, voir plusieurs journées, pour recevoir les
quotidiens en kiosque. Ces derniers deviennent alors désuets. En outre, des
quotidiens tels Le Devoir ne se rendent pas dans toutes les régions. Enfin, la
redistribution satellitaire n'inclut pas toujours les chaînes régionales ou
locales, alors que les participants considèrent que cet accès est essentiel.
    Le public dénonce aussi une sous-représentation des régions dans les
médias québécois. Il considère important que la presse nationale parle des
enjeux régionaux et déplore largement le manque de couverture régionale, tant
factuelle qu'éditoriale. Pour la majorité des participants de la tournée, les
citoyens connaissent mal le Québec.
    Par ailleurs, de manière générale, les gens se sont dits satisfaits des
efforts de couverture locale par la presse hebdomadaire. A plus d'une
occasion, les citoyens ont signalé le dévouement des journalistes qui oeuvrent
dans ce type de journaux. Toutefois, certaines critiques s'expriment plus
particulièrement à l'égard de ces médias dont un ratio trop élevé de publicité
et un rapport de proximité pouvant engendrer des relations conflictuelles
entre les professionnels de l'information et les différents acteurs locaux,
allant même parfois jusqu'au chantage lié à l'achat publicitaire.
    Au-delà des difficultés médiatiques soulevées par le public, le point
central pour tous les participants de la tournée est que l'information demeure
essentielle et que les citoyens veulent s'exprimer sur celle-ci. Ils
souhaitent faire connaître leurs insatisfactions, leurs besoins et cherchent
une voie pour se faire entendre. Ils désirent comprendre davantage l'actualité
et demandent l'instauration de mesures d'éducation et de formation aux médias.
Le public veut voir augmenter sa représentation au sein du Conseil de presse
dont la mission est considérée essentielle et les activités, méconnues. Il
suggère au Conseil d'accroître ses interventions par l'autosaisie de dossiers
et par une plus grande présence en région. Les participants consultés
appellent un renforcement du mandat du Conseil, de son financement et de son
indépendance par le biais, notamment, d'une loi-cadre.
    A l'issue du dévoilement de ces résultats, M. Corriveau indique : "La
tournée a permis de dégager la pensée citoyenne sur les médias québécois.
L'avis du public présenté aujourd'hui dégage de riches pistes de réflexion et
de solutions. Dans les prochaines semaines, le Conseil analysera les résultats
de la tournée avec tous ses membres, les représentants du public, les
journalistes et les entreprises de presse. Dans une volonté de partenariat
avec le monde de l'information, nous comptons adopter un programme d'action,
d'ici le printemps prochain, pour donner suite à plusieurs des idées
recueillies et ainsi continuer à améliorer la qualité de notre information au
Québec. D'ici là, nous invitons les citoyens et les membres de la communauté
journalistique à poursuivre cette réflexion pour repenser tous ensemble
l'information."
    Le document "L'état de la situation médiatique au Québec : l'avis du
public" et tous les renseignements au sujet de cette consultation publique
sont disponibles dans la section consacrée à la tournée du Québec, sur le site
Internet du Conseil de presse, au www.conseildepresse.qc.ca.

    Le Conseil de presse du Québec est un organisme à but non lucratif
composé de représentants des entreprises de presse, de journalistes et de
membres du public. Il agit comme tribunal d'honneur de la presse, en faveur du
respect de la liberté de presse et du droit du public à l'information.




Renseignements :

Renseignements: Guy Amyot, secrétaire général, Conseil de presse du
Québec, (514) 529-2818; Source: Marie-Eve Carignan, responsable des
communications, Conseil de presse du Québec, (514) 529-2818

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