Réforme de l'éducation - Rien ne va plus, les enseignants dénoncent la confusion et l'ingérence politique



    MONTREAL, le 7 nov. /CNW Telbec/ - Alors que la confusion règne encore
dans les écoles du Québec au sujet de la mise en oeuvre du bulletin chiffré,
la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération des syndicats de
l'enseignement (FSE-CSQ) et l'Association provinciale des enseignantes et
enseignants du Québec (APEQ) tiennent à exprimer publiquement l'exaspération
et la très grande insatisfaction des enseignantes et des enseignants qu'elles
représentent.
    La confusion qui a cours dans le milieu a trois sources : l'arrivée
tardive de l'Instruction annuelle, les messages ambigus que le ministère de
l'Education, du Loisir et du Sport (MELS) livrait encore tout récemment, de
même que la résistance de certaines autorités locales qui ne veulent tout
simplement pas respecter l'Instruction annuelle et l'autonomie professionnelle
des enseignants en imposant une seule façon de faire pour déterminer la note
apparaissant au bulletin. "Les enseignantes et les enseignants étaient déjà
insatisfaits, car on leur a imposé un bulletin en dépit du choix qu'on aurait
dû leur laisser dans le milieu, sans considération pour les pratiques passées,
sans égard au contexte de la classe ni aux matières enseignées. Il faut
maintenant compter sur un niveau élevé de frustration quand on calcule le
chaos des directives contradictoires relatives à la mise en oeuvre du bulletin
chiffré", a déclaré Mme Johanne Fortier, présidente de la FSE.
    "Il est inconcevable que trois mois après la rentrée scolaire, les
directives soient appliquées de façon aussi disparate d'un milieu à l'autre.
Cela exaspère les enseignantes et les enseignants. Si l'on ajoute à cela que
le MELS n'a pas tenu compte de l'opinion professionnelle des enseignants, on
comprend la grogne qui se vit sur le terrain, particulièrement du primaire,
tant dans les écoles anglophones que les écoles francophones", a soutenu
Mme Maureen Morris, présidente de l'APEQ.

    La dictée

    Comme si ce n'était pas suffisant, le premier ministre a récemment
annoncé solennellement le "retour en force de la dictée dans les écoles du
Québec", alors même que celle-ci est déjà utilisée dans les milieux. "C'est de
l'ingérence politique dans une pratique qui appartient aux enseignantes et aux
enseignants. Nous demandons que l'on respecte les choix pédagogiques qui sont
faits dans les salles de classe. De plus, il ne faut pas se laisser leurrer
par le mirage de la dictée, qui n'est qu'un moyen parmi d'autres pour
apprendre les règles de français", a dit Mme Fortier. Les représentantes
syndicales plaident plutôt en faveur d'un plan global pour améliorer
l'apprentissage du français, élaboré en concertation avec le personnel
enseignant, et qui irait bien au-delà d'une annonce populiste d'une mesure
faite sans réflexion pédagogique.

    Report de la réforme à l'éducation des adultes

    Du côté de l'éducation des adultes (EDA), qui en est cette année à une
implantation facultative de la réforme, le constat est désolant. En effet, les
conditions ne sont vraiment pas réunies pour y permettre l'implantation de la
réforme. "Toutes les dérives que nous avons dénoncées pour la réforme au
primaire et au secondaire sont reproduites pour l'implantation de la réforme à
l'EDA, mais cette fois-ci, le contexte particulier d'organisation scolaire la
rend tout simplement irréalisable. A cet effet, nous avons formellement
demandé à la ministre de l'Education de reporter l'implantation de la réforme
à l'EDA tant et aussi longtemps qu'elle n'aura pas procédé à une réelle
évaluation de sa faisabilité et de sa pertinence et qu'elle n'aura pas, en
conséquence, apporté les changements requis", ont déclaré Mmes Fortier et
Morris. En effet, que ce soit les ratios élevés d'élèves dans les classes, la
diversité des profils d'élèves qui y sont inscrits, la formation quasi
inexistante offerte aux enseignantes et aux enseignants, l'absence de matériel
pédagogique ou le temps de travail requis pour répondre aux nouvelles
exigences des programmes, rien ne permet actuellement d'implanter la réforme à
l'éducation des adultes.

    Une pétition pour exprimer l'exaspération des enseignants et exiger le
    respect

    Les représentants syndicaux ont, par ailleurs, lancé aujourd'hui une
pétition à l'intention des enseignantes et des enseignants pour exprimer à la
ministre du MELS leur exaspération et leur insatisfaction quant aux décisions
qui ont été prises en éducation. Le dépôt de cette pétition est prévu au début
de décembre.
    "Compte tenu du caractère réducteur des annonces partisanes qui ont eu
lieu récemment, les enseignantes et les enseignants se sentent ballottés,
méprisés dans leur expertise professionnelle, en plus d'être très mécontents
du cafouillis qui en résulte. La pétition, on l'espère, fera comprendre à la
ministre que les enseignantes et les enseignants veulent être respectés et
qu'ils ne doivent pas faire les frais de la surenchère politique qui a cours
actuellement. L'éducation est un enjeu de société trop important pour que de
la petite politique se fasse sur le dos de gens qui y oeuvrent", a conclu
M. Réjean Parent, président de la CSQ.

    Profil de la CSQ, la FSE et l'APEQ

    La CSQ représente quelque 155 000 membres, dont plus de 100 000 dans le
secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l'éducation.
La FSE est affiliée à CSQ. Elle est formée de la plupart des syndicats
d'enseignantes et d'enseignants de commissions scolaires du Québec et elle
compte près de 60 000 membres. L'APEQ est composée de quelque
7 000 enseignantes et enseignants des commissions scolaires anglophones du
Québec et négocie en cartel avec la FSE.




Renseignements :

Renseignements: Marjolaine Perreault, Attachée de presse de la CSQ,
cell.:  (514) 235-5082; Sylvie Lemieux, Attachée de presse de la FSE-CSQ,
cell.: (418) 563-7193; Alan Lombard, Directeur général de l'APEQ, cell.: (514)
894-9585


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