Réaction du SISP à la fin de session à Québec - Plusieurs mauvaises notes au bulletin du gouvernement Charest



    QUEBEC, le 19 juin /CNW Telbec/ - "Six mois après sa réélection, le
gouvernement libéral de Jean Charest suscite déjà une grande méfiance au sein
de la population québécoise. Après avoir déclenché des élections sous le faux
prétexte de la crise économique alors qu'il craignait plutôt de faire face aux
déboires de la Caisse de dépôt et placement du Québec, il persiste à proposer
des projets en partenariat public-privé malgré la multiplication des voix
opposées à cette approche. De plus, il ne tient pas compte de la situation
économique difficile d'une bonne partie de la population en donnant le feu
vert aux hausses de tarification et de cotisations de plusieurs services
publics."
    Telle est la réaction exprimée par le porte-parole du Secrétariat
intersyndical des services publics (SISP), Réjean Parent, profitant de la fin
de session parlementaire à Québec pour dresser un bilan des six premiers mois
du nouveau gouvernement majoritaire de Jean Charest. Au début de la session
parlementaire, les organisations membres du SISP avaient proposé des
orientations claires et essentielles pour traverser la crise et elles
constatent aujourd'hui que leurs messages n'ont pas été pris en considération.
Force est de constater que le gouvernement Charest n'a pas su profiter de la
crise pour introduire des mesures structurantes, favorisant le développement
durable et un meilleur partage de la richesse.

    La porte toute grande ouverte à la privatisation des services publics

    Les dirigeants syndicaux dénoncent la persistance du gouvernement à
ouvrir encore plus la porte à la privatisation des services à la population,
entre autres avec le projet de loi 34 concernant le recours aux cliniques
médicales spécialisées et aux laboratoires d'imagerie médicale générale. A
l'instar d'autres projets de loi proposés par ce même gouvernement, ce dernier
pave encore et toujours la voie au secteur privé et risque d'altérer le
principe même d'égalité dans l'accès aux services de santé et aux services
sociaux, un principe à l'origine de la mise en place du système de santé
universel et public québécois.
    Le SISP constate que le gouvernement Charest ne réussit pas à garder les
deux mains sur le volant et appuie malgré tout sur l'accélérateur dans la
réduction des services publics. "Nous estimons que le non-remplacement d'un
fonctionnaire sur deux qui part à la retraite atteint, dans un nombre de plus
en plus grand de secteurs de services, un point de rupture qui compromet la
capacité de rendre les services publics en respectant les attentes de la
population", indique Réjean Parent. Rappelons que le gouvernement libéral
entend poursuivre cette baisse d'effectifs puisqu'il a indiqué, lors du budget
présenté en mars, vouloir se départir de 4 200 postes équivalents à temps
complet (ETC) pour les trois prochaines années.
    De plus, le SISP s'interroge sur le fait que le gouvernement mette l'Etat
sous condition en créant des programmes sous forme de PPP sociaux, financés en
grande partie par des fondations privées. C'est le cas notamment avec les
projets de loi instituant les différents fonds pour la promotion de saines
habitudes de vie, le développement des jeunes enfants et le soutien aux
proches aidants.

    La multiplication des signes de laxisme

    Pour les représentantes et les représentants du SISP, le gouvernement
multiplie les signes de laxisme. Entre autres, la masse salariale des cabinets
ministériels, composés du personnel politique, a augmenté de 30 %, passant de
18,9 à 25,4 millions de dollars, et le gouvernement l'a gonflé depuis décembre
2008 avec l'ajout de 8 nouveaux ministères. La multitude de dérapages liés au
fonctionnement des Fonds d'intervention économique régionaux (FIERS), gérés
par Investissement Québec, ressemble fort à des occasions de copinage. "Il
s'agit d'un des rares outils pour aider les régions à s'en sortir et nous
assistons à un détournement de fonds à l'avantage de Montréal", estime Réjean
Parent.
    Sans compter l'attitude du premier ministre qui n'en finit plus de
modifier les directives émanant du Conseil exécutif afin de permettre à ses
ministres de conserver certains intérêts dans une compagnie qui transige avec
le gouvernement. "Avec l'annonce du report de la mise en place de la fonction
de commissaire à l'éthique, nous espérons que ce projet ne tombera pas dans
les oubliettes gouvernementales. Nous voulons que le futur commissaire
obtienne les mandats nécessaires pour faire le travail correctement,
contrairement au Commissaire au lobbyisme dont on connaît les limites
actuellement."
    Pour le porte-parole du SISP, "toute la lumière n'a pas été faite sur la
Caisse de dépôt et placement du Québec et nous réitérons notre demande
d'enquête du Vérificateur général sur les pratiques des dirigeants. Nous
considérons que la commission parlementaire spéciale a laissé plusieurs
questions en suspens pour lesquelles nous sommes en droit d'obtenir des
réponses."

    Des projets de loi dignes de mention

    Les présidentes et les présidents des organisations syndicales soulignent
positivement l'adoption du projet de loi sur l'équité salariale, sur les
poursuites-bâillons, sur le caractère collectif des ressources de l'eau, sur
les responsables de service de garde en milieu familial et les ressources
familiales de type intermédiaire. Le SISP salue le fait que le gouvernement
n'ait pas utilisé le bâillon pour faire adopter les projets de loi litigieux.
    En terminant, le leader syndical rappelle que "les mesures adoptées
durant cette session parlementaire pour contrer la crise financière et
économique n'ont pas suffisamment garanti le financement accru du secteur
public, une fiscalité juste et progressive assurant la redistribution de la
richesse afin de réduire les inégalités et des engagements fermes en faveur de
services publics accessibles et de qualité. En ce sens, elles sont incomplètes
et ne tiennent pas compte de la réalité des milieux".
    Le point de presse d'aujourd'hui s'est déroulé en présence des dirigeants
syndicaux du SISP, soit Réjean Parent (CSQ), Régine Laurent (FIQ), Lucie
Martineau (SFPQ), Dominique Verreault (APTS) et Gilles Dussault (SPGQ).

    Profil du SISP

    Le SISP regroupe 300 000 membres issus de cinq organisations syndicales,
dont plus de 262 000 proviennent des secteurs public, parapublic et
péripublic. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente près de 170
000 membres, dont plus de 120 000 oeuvrent au sein des secteurs de l'éducation
et de la santé. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
regroupe 57 000 membres du secteur de la santé. Le Syndicat de la fonction
publique du Québec (SFPQ) représente 43 000 membres, dont 40 000 sont issus de
la fonction publique québécoise. Quant à l'Alliance du personnel professionnel
et technique de la santé et des services sociaux (APTS), elle représente 26
000 personnes au sein du réseau public de la santé et des services sociaux.
Pour sa part, le Syndicat de professionnelles et professionnels du
gouvernement du Québec (SPGQ) regroupe près de 20 000 personnes de la fonction
publique, des sociétés d'Etat, des réseaux de l'éducation et de la santé du
Québec.




Renseignements :

Renseignements: Marjolaine Perreault, Attachée de presse SISP et
coordonnatrice des communications, (514) 235-5082

Profil de l'entreprise

Secrétariat intersyndical des services publics (SISP)

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