Réaction du réseau FADOQ au dépôt du rapport Castonguay: le réseau public aurait-il déclaré forfait?



    MONTREAL, le 20 fév. /CNW Telbec/ - Est-ce que tout a véritablement été
fait pour remettre le système public de santé sur ses rails? On peut en douter
à la lecture du rapport déposé par le Groupe de travail sur le financement du
système de santé présidé par Claude Castonguay, s'inquiète le réseau FADOQ.
"Malgré toutes les précautions dont s'entoure le rapport, il n'est pas certain
que ses propositions garantiront un accès universel et gratuit aux soins de
santé et aux services sociaux, comme nous le recommandons depuis plusieurs
années", déplore le président, Ernest Boyer. Loin de se fermer les yeux sur
les défis de taille que doit relever le système public de santé, la FADOQ
croit nécessaire de revoir certaines choses établies, sans toutefois donner
carte blanche au privé à l'heure où les études sur son efficacité restent
incertaines.
    Même si les réponses au vieillissement et à la perte d'autonomie
proposées ne semblent pas adaptées aux défis actuels, le réseau FADOQ tient
néanmoins à souligner une des avancées originales du rapport. Pour la première
fois, un document charnière sur le financement du système de santé cherche
d'emblée à réfuter certaines idées reçues (et toujours négatives!) sur le
vieillissement de la population. Nous sommes heureux de voir que le groupe de
travail a repris à son compte la conception beaucoup plus réaliste du
vieillissement que nous véhiculons depuis longtemps, qui n'en fait pas le
facteur principal d'augmentation des coûts de la santé.
    L'idée d'engager une réflexion collective sur les impacts du
vieillissement de la population à moyen et à long terme vient reprendre l'une
des recommandations du réseau FADOQ présentées lors de la consultation
présidée par la ministre Blais. Nous recommandions au gouvernement de réaliser
une étude exploratoire sur la mise en place d'un véritable scénario du libre
choix pour les personnes âgées en perte d'autonomie en fonction des
changements démographiques, dans la foulée de la France qui s'est livrée à un
tel exercice avec des résultats fort intéressants.
    A l'heure où l'offre de services de soutien à domicile est déjà
insuffisante, le réseau FADOQ croit, à l'instar du groupe de travail, que le
gouvernement doit réinvestir massivement dans ce secteur que nous considérons
tous aujourd'hui prioritaire. Cependant, nous questionnons l'orientation du
rapport qui donne le choix aux patients des fournisseurs de services à
domicile, à partir d'une liste fournie par leur agence régionale. Cette
proposition fait reposer sur les épaules de l'aîné en perte d'autonomie et de
ses proches aidants la responsabilité de la gestion des services reçus. Nous
avons été témoins de la difficulté des gens déjà fragilisés à remplir de
telles obligations dans l'ancienne version du crédit d'impôt pour maintien à
domicile d'une personne âgée, qui fonctionnait par le biais de "chèques emploi
service". Les proches aidants avouent déjà se sentir dépassés par la
coordination des services requis par leur parent et réclament plutôt la mise
sur pied d'un véritable "guichet unique".
    En matière de financement, le réseau FADOQ réaffirme qu'il est nécessaire
de maintenir le caractère universel des soins sans exiger de contribution ou
de taxation supplémentaire des citoyens, ce qui pourra inciter les aînés
défavorisés à ne pas consulter de médecin et voir leur état de santé se
détériorer. A-t-on fait la preuve que le réseau public ne pourrait pas être
plus efficace en améliorant l'organisation de ses ressources humaines,
financières et matérielles? A-t-on vraiment tout essayé pour faire fonctionner
de manière optimale les salles d'opération du réseau public avant de se
tourner vers d'autres sources de financement? Dans une récente étude sur les
milieux de vie substituts pour les aînés en perte d'autonomie, le Conseil des
aînés observe qu'un glissement est déjà en train de se produire concernant la
responsabilité des coûts de services de soutien à domicile. Les aînés en perte
d'autonomie paient déjà davantage pour les services qu'ils reçoivent, et on
peut penser que la tendance se poursuivra si le gouvernement donne suite à ce
volet du rapport Castonguay.
    De toute manière, nous ne sommes pas convaincus que l'accessibilité des
soins s'est vraiment améliorée depuis l'adoption du projet de loi 33.
D'accord, les listes d'attente "officielles" pour les trois chirurgies
initiales ont diminué. Mais saviez-vous qu'il existe maintenant des listes
d'attente "non officielles" pour les patients qui attendent de faire partie de
la "vraie" liste d'attente? Les mécanismes d'application de cette loi restent
encore à éclaircir.
    Dans la mesure où les études sur la privatisation des services de santé
ici et à l'étranger n'ont pas démontré de résultats probants pour favoriser
des soins universels, gratuits et accessibles, le réseau FADOQ croit que les
efforts doivent viser d'abord et avant tout l'amélioration du système public
de santé et de services sociaux pour en tirer tous les bénéfices possibles.
Revaloriser le réseau public pour assurer le mieux-être collectif, voilà
certainement une responsabilité partagée que tous les acteurs doivent
reconnaître sans tarder!




Renseignements :

Renseignements: Frédérique-Sophie Côté, Réseau FADOQ, (514) 252-3017


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