Réaction de la CSN au rapport Castonguay : Une intuition porteuse et plusieurs vieilles idées qui accentuent les inégalités à mettre au placard



    QUEBEC, le 19 fév. /CNW Telbec/ - La CSN tient d'abord à saluer l'idée de
la mise en place d'un fonds de stabilisation dédié à la santé. "Nous le disons
depuis longtemps, le réseau public de santé a besoin d'oxygène et donc
d'investissement pour remplir correctement sa mission." Réagissant au
dévoilement des recommandations du rapport Castonguay, la présidente de la
CSN, Claudette Carbonneau, rejette cependant le principe d'utilisateur payeur.
Elle préfère de loin que le gouvernement du Québec récupère la totalité du 1%
de la taxe de vente que vient de délaisser le gouvernement fédéral. "Demandez
aux Québécoises et aux Québécois, s'ils voient une différence dans leurs
poches avec cette baisse de taxe ? Ils vous répondront que non, alors que
cette somme, qui atteint un milliard annuellement, peut faire la différence
dans notre réseau de santé et représente une voie beaucoup plus équitable.
C'est notre argent, l'argent du déséquilibre fiscal, d'autant que les sommes
récupérées par le gouvernement provincial ont été dilapidées dans des baisses
d'impôts, contrairement au souhait de la majorité de la population."

    NON à la contribution des usagers

    La CSN est contre la mise en place d'un ticket modérateur déguisé sous la
forme d'un système de franchise en fonction du nombre de visites chez le
médecin et du revenu de l'utilisateur. Pour la présidente de la CSN, "le
principe de l'utilisateur payeur comporte plusieurs dangers et est
inacceptable dans un secteur aussi névralgique que la santé. Il constitue une
entorse à l'universalité et un bris de solidarité. Il ajoute aux problèmes
d'accès actuels une contrainte supplémentaire reliée au fait de payer un
montant pour un service obtenu. Nous croyons que des conséquences sont à
prévoir sur les efforts de prévention, parce que cela n'encouragera pas les
suivis réguliers. L'administration de la contribution proposée sera, en outre,
excessivement lourde en regard des sommes à recueillir, somme toute, pas si
élevées."

    Ouvrir un grand chantier sur la première ligne

    La CSN tient à saluer l'attention que porte le groupe Castonguay à la
réorganisation des soins de première ligne. "Si nous ne sommes pas d'accord
avec toutes les initiatives proposées, nous croyons, nous aussi, que la
consolidation de la première ligne, constitue un incontournable", de
poursuivre Claudette Carbonneau. La CSN veut d'ailleurs s'inscrire dans ce
débat et croit que le gouvernement doit ouvrir un grand chantier à cet égard
pour mettre en oeuvre un certain nombre de solutions avec tous les acteurs du
réseau de la santé.

    Un rapport dissident sur trois points

    La dissidence d'un des membres du groupe Castonguay ainsi que les
arguments de nombreux intervenants du monde de la santé n'auront toutefois pas
réussi à modifier la trajectoire de son président sur trois aspects majeurs.
"Nous avions dit que le rapport Castonguay était écrit d'avance. Nous ne nous
sommes pas trompés. Recours accru aux assurances privées, décloisonnement des
pratiques médicales, hôpitaux publics gérés par le privé : nous retrouvons les
mêmes positions défendues par M. Castonguay depuis longtemps", estime la
présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Claudette Carbonneau.
Pour la CSN, il s'agit de propositions qui vont faire reculer le Québec.

    Recours accru aux assurances privées

    Pour la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, l'élargissement du
recours aux assurances privées ne constitue pas, non plus, une solution. "Avec
l'explosion du coût des régimes privés d'assurance collective (110 % en
moyenne depuis 10 ans et la tendance semble vouloir se maintenir pour les
prochaines années), comment peut-on penser ajouter de nouvelles garanties pour
de nouvelles interventions chirurgicales ?", se demande Mme Carbonneau.
    L'impact de ces augmentations sur les salarié-es a déjà conduit certains
groupes à carrément abandonner leur régime d'assurance collective alors que
d'autres se sont vus dans l'obligation de réduire les garanties offertes : la
chambre d'hôpital semi-privée ou privée n'est plus couverte, la liste des
médicaments admissibles a été réduite, les franchises ont augmenté, le
remboursement pour les soins de physiothérapie a été réduit de moitié. "Avec
un désengagement des employeurs qui, de plus en plus, gèlent leur
contribution, c'est une crise de l'assurance collective qui pointe à
l'horizon. Et on veut nous faire croire qu'il y a au Québec un marché de
l'assurance duplicative ?", de poursuivre la leader syndicale.

    Mixité de pratique des médecins

    "Dans le contexte de pénurie actuelle, permettre à un médecin de
travailler à la fois dans le privé et le public ne peut qu'accentuer le
phénomène de pénurie, de dénoncer la présidente de la CSN. Si les médecins ne
sont pas en mesure de travailler parce que des salles d'opération sont fermées
dans les hôpitaux, il faut tout faire pour régler ce problème et investir là
les sommes et les énergies nécessaires plutôt que de les donner au privé et
encourager ainsi un autre exode, celui des infirmières et autres
professionnels de la santé. Il faut investir dans les centres ambulatoires
publics, comme celui de Maisonneuve Rosemont, ouvert en 2005, et qui ne
fonctionne toujours pas à pleine capacité."
    "Jusqu'à aujourd'hui, c'est cette étanchéité qui a protégé le système
public. Déjà de plus en plus de médecins profitent du fait qu'ils peuvent
entrer et sortir du système très facilement pour aller faire du temps chaque
mois dans le privé. Cette situation est à la limite du tolérable", soutient
Mme Carbonneau.

    Hôpitaux publics gérés par le privé

    Alors que le gouvernement prévoit accorder des contrats en PPP, pour la
construction et la gestion des bâtisses de nouveaux hôpitaux, le groupe
Castonguay va encore plus loin et veut confier la gestion des hôpitaux au
privé. Pour la présidente de la CSN, "c'est totalement impensable. Où seront
les marges de profit pour ces gestionnaires privés ? Quelle sorte d'arbitrage
feront-ils pour les conserver, s'insurge la présidente de la CSN. Dans le
marché de l'assurance privée aux Etats-Unis, il est démontré que pour réduire
les coûts on établit toute sorte de contrôle sur les traitements. Quels
intérêts auront préséance : la santé des patients ou la rentabilité des
gestionnaires et le rendement aux actionnaires ? Les questions sans réponses
demeurent nombreuses."

    Le ministre doit donner un signal clair

    "Nous demandons maintenant au ministre de la Santé d'indiquer clairement
ses intentions à la suite du dévoilement du rapport Castonguay. Nous lui
demandons de rejeter le recours aux assurances privées, la mixité de pratique
des médecins et la gestion des nouveaux hôpitaux par le privé. Nous attendons
un signal clair de sa volonté de consolider le réseau public et de régler les
problèmes d'accessibilité. Surtout, nous souhaitons qu'il ne profite pas de
l'effet médiatique du rapport pour passer en douce son projet de règlement sur
les centres médicaux spécialisés. Le ministre doit s'engager devant les
Québécoises et les Québécois à colmater une fois pour toutes les zones grises
de sa loi 33 pour mettre fin à la confusion qui règne actuellement."

    La CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, usagères
et usagers des services de santé dont une part importante de la protection
sociale repose sur l'existence d'un régime public et universel de santé. La
CSN compte 110 000 travailleuses et travailleurs dans le secteur de la santé
et des services sociaux, ce qui en fait la centrale la plus représentative
dans ce secteur.




Renseignements :

Renseignements: Michelle Filteau, directrice du Service des
communications de la CSN, cellulaire: (514) 894-1326


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.