Rapport sur l'état des Océans et la responsabilité des supermarchés - Greenpeace cible huit supermarchés canadiens, dont Loblaw et Metro



    MONTREAL, le 17 juin /CNW Telbec/ - Dans un rapport publié aujourd'hui,
Greenpeace presse les supermarchés du Canada de prendre leurs responsabilités
quant à l'effondrement des stocks de poissons et de fruits de mer et de cesser
de vendre les espèces les plus en danger.
    Loblaw, Sobey's, Metro, Wal-Mart, Costco, Safeway, Overwaitea et
Federated Cooperatives sont tous ciblés par Greenpeace dans ce rapport de
56 pages intitulé Epuisé : Rapport sur les supermarchés et l'avenir des
aliments de la mer. Le rapport dresse un constat accablant de l'état des
stocks de poissons et de fruits de mer, il répertorie les différentes espèces
vendues dans les supermarchés du Canada et il identifie au moyen d'une liste
rouge les espèces à éviter de vendre ou d'acheter.

    Des océans en péril

    De plus en plus de recherches démontrent que des espèces disparaissent à
un rythme alarmant dans nos océans. Près de 75 % des espèces de poissons
commerciales sont exploitées à pleine capacité, surexploitées ou épuisées. Les
grandes espèces les plus prisées sont déjà décimées à 90 %.
    "Le thon rouge de l'Atlantique et la morue font partie des espèces les
plus à risque, fait valoir Beth Hunter, responsable de la campagne Océans chez
Greenpeace. Les supermarchés doivent faire leur part pour réduire la pression
de pêche sur les espèces menacées et acheter uniquement des produits de la mer
exploitées dans le respect des principes du développement durable. Sinon, ils
n'auront tout simplement plus de poissons à vendre."
    Les océans de la planète sont en péril parce que la capacité de pêche à
l'échelle mondiale est 2,5 fois supérieure au seuil maximal de récolte qu'il
faudrait adopter pour une exploitation durable. De plus, les pratiques de
pêche destructrices - comme le chalutage sur le fond et le dragage -
entraînent chaque année la capture accidentelle de près de 27 tonnes d'animaux
marins. La plupart sont ensuite rejetés à l'océan morts ou agonisants.

    La responsabilité des supermarchés

    On estime que 63 % des poissons et fruits de mer consommés au Canada,
dont beaucoup d'espèces vulnérables, sont achetés dans les supermarchés. Un
sondage mené par Greenpeace a révélé que les consommateurs achèteraient
volontiers des produits de la mer durables s'ils étaient identifiés comme tels
dans les supermarchés.
    "Ce sont les supermarchés qui font le lien entre les fournisseurs et les
consommateurs, ajoute Beth Hunter. Les étalages de poisson bien garnis donnent
aux citoyens une impression d'abondance qui est trompeuse. La réalité, c'est
que nous sommes en train de vider les océans. Et les supermarchés ont un rôle
important à jouer pour renverser la vapeur."
    Le rapport de Greenpeace révèle que les politiques d'achat des huit plus
grandes chaînes de supermarchés du Canada sont décevantes. Aucune n'a de
politique d'approvisionnement pour favoriser les produits de la mer durables.
De plus, toutes ces chaînes vendent des espèces qui sont sur la liste rouge de
Greenpeace. Deux d'entre elles vendent tous les groupes d'espèces de la liste
(il s'agit de Loblaw - qui détient 32 % du marché - et de Sobey's - 15 %). En
Europe et aux Etats-Unis, pourtant, plusieurs supermarchés ont adopté des
politiques de non achat des espèces menacées.

    La liste rouge de Greenpeace

    Greenpeace demande aux supermarchés de cesser de vendre les produits de
la mer inscrits sur sa liste rouge et d'adopter des politiques
d'approvisionnement qui respectent les principes du développement durable. "En
agissant de la sorte, explique Beth Hunter, les supermarchés enverront un
message fort aux producteurs et aux fournisseurs".
    Parmi les espèces menacées d'extinction commerciale, on retrouve le thon
rouge de l'Atlantique, le flétan de l'Atlantique, la morue, le requin, la
raie, l'hoplostète orange et le hoki de Nouvelle-Zélande. La crevette
tropicale est l'espèce de la liste que l'on consomme en plus grandes
quantités. Les méthodes de pêche et d'exploitation aquicole de ces crevettes
ont des conséquences dévastatrices sur les écosystèmes et sur la santé de
plusieurs communautés côtières.
    Greenpeace croit que pour protéger la biodiversité des océans et pour
permettre aux habitats et aux stocks de poisson de revenir à des niveaux
acceptables, il faut établir un réseau mondial de réserves marines. Ces
réserves doivent couvrir 40 % de la superficie des océans, et la pêche doit
être gérée en fonction du développement durable dans les zones hors réserves.
Des rapports semblables ont aussi été publiés aujourd'hui par Greenpeace
International ainsi que par les bureaux nationaux de Greenpeace aux Etats-Unis
et en Espagne.

    NOTE : Le rapport, la liste rouge, le sondage, ainsi que des photos et un
    vidéo seront disponibles sur le site de Greenpeace :
    greenpeace.org/canada/fr.




Renseignements :

Renseignements: Jocelyn Desjardins, Relations publiques, (514) 212-5749


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