Rapport du Vérificateur général: l'UQAM tire les leçons et presse le gouvernement d'agir pour assurer l'avenir de l'Université



    MONTREAL, le 5 juin /CNW Telbec/ - La direction de l'UQAM estime que le
deuxième rapport du Vérificateur général jette un éclairage complet sur les
principaux facteurs responsables des pertes financières encourues en raison
d'une gestion déficiente des projets immobiliers des dernières années. Ce
rapport détaillé révèle avec précision que la communauté universitaire et son
Conseil d'administration ont été trompés par les agissements, les omissions et
l'inconduite de l'ancien recteur, son vice-recteur aux ressources humaines et
aux affaires administratives et son directeur des investissements. Les
nombreux manquements aux responsabilités d'administrateurs publics de ces
anciens dirigeants et leur manque de respect pour le Conseil d'administration
dans l'ignorance des faits ont clairement conduit aux dérives immobilières des
projets du Complexe des sciences Pierre-Dansereau et de l'Ilot Voyageur. Ils
ont, ce faisant, plongé l'UQAM dans une crise financière sans précédent. La
direction de l'UQAM précise qu'aucune de ces personnes n'est aujourd'hui à
l'emploi de l'Université.
    Rappelons qu'avant l'intervention du Vérificateur général, au printemps
2007, la direction de l'UQAM avait rendu public un rapport qu'elle avait
commandé à la firme KPMG sur le suivi des coûts et la reddition de comptes
dans le dossier du Complexe des sciences Pierre-Dansereau. Ce rapport
concluait déjà à des failles importantes dans la gestion et le suivi des
travaux de ce complexe ayant conduit à des dépassements de coûts
considérables. A la lumière de ces conclusions, la direction de l'UQAM avait
offert toute sa collaboration au Vérificateur général.
    Par ailleurs, l'UQAM a déjà demandé à ses procureurs d'examiner les
recours possibles contre ces trois anciens gestionnaires de l'Université dans
le cadre d'une analyse plus approfondie des constats et des conclusions du
Vérificateur général.
    La direction de l'Université a toutefois tenu à défendre l'intégrité des
membres du Conseil d'administration au moment des faits, jugeant que ces
derniers ont été tenus dans l'ignorance des dépassements de coûts par des
évaluations trompeuses de la part de trois gestionnaires dont les
responsabilités et les fautes sont clairement établies dans le rapport du
Vérificateur général. Les membres du Conseil d'administration ont agi de façon
responsable et avec célérité dès qu'ils ont été informés des faits à l'automne
2006.

    RECOMMANDATIONS DU VERIFICATEUR GENERAL

    Selon la direction de l'UQAM, ce deuxième rapport du Vérificateur général
permettra tant à l'Université qu'à ses partenaires institutionnels de tirer
les leçons qui s'imposent pour l'avenir afin d'éviter de nouveaux dérapages.
La direction incitera le Conseil d'administration à étudier soigneusement les
recommandations de ce rapport, notamment celles qui concernent directement sa
gouvernance à mettre en oeuvre les actions nécessaires en plus de tout ce qui
a déjà été fait. Elle tient toutefois à rappeler que les recommandations du
Vérificateur général s'accordent parfaitement avec les initiatives de
l'institution en faveur d'un resserrement de son cadre de gestion interne.
C'est ainsi que depuis deux ans, l'UQAM a considérablement renforcé ses
contrôles et amélioré ses règles et ses mécanismes de gouvernance. Parmi les
nouvelles dispositions, il faut noter que le Bureau de vérification interne
relève désormais directement du Comité de vérification du Conseil
d'administration et non plus du recteur, qu'un nouveau directeur de la
vérification interne a été embauché avec le mandat d'établir un plan
quinquennal de vérification et que des ressources additionnelles ont été
assignées à la réalisation de ce plan.
    Par ailleurs, l'UQAM offre toute sa collaboration à l'Université du
Québec et au ministère de l'Education du Loisir et du Sport afin de les
assister dans l'application des recommandations que le Vérificateur général
leur adresse directement et qui auront sans doute une incidence sur l'avenir
de l'Université. L'UQAM est déjà à la disposition du MELS et de l'UQ pour
oeuvrer à la recherche de solutions afin d'assainir la situation financière de
l'Université de façon à assurer sa pérennité et le respect de sa mission, tel
que le stipule expressément la recommandation finale contenue dans le rapport
du Vérificateur général.

    FIN D'UNE TROP LONGUE SAGA

    "Il faut souhaiter que la publication de ce rapport mette également fin à
une période d'instabilité et d'incertitude qui a perturbé l'Université et mis
en péril sa capacité de poursuivre sa mission. La publication de ce rapport
tourne une page de notre histoire mais devrait également être l'occasion de
lever l'hypothèque qui pèse depuis deux ans sur l'avenir de l'UQAM. Nous avons
mis en place des politiques de gouvernance et de vérification plus
transparentes, de manière à éviter la répétition d'une telle situation. Nous
avons implanté un régime d'austérité budgétaire qui se prolongera jusqu'au
retour à l'équilibre et même au-delà. Nous avons surtout compris qu'une
gestion saine et rigoureuse de nos ressources, loin d'être une entrave,
représente une condition incontournable pour la réussite de notre mission",
d'affirmer le recteur de l'UQAM, M. Claude Corbo.
    Le recteur de l'UQAM a tenu à insister sur le fait que la communauté de
l'UQAM ne doit supporter aucune responsabilité collective dans la dérive
immobilière de l'établissement, l'endettement et le fardeau financier qui en
découlent. "La communauté serait traitée totalement injustement si elle devait
être appelée à payer les conséquences de cette dérive. Les représentants des
professeurs, des employés de soutien et de certaines associations étudiantes
ont, notamment en 2005, soulevé des questions sur divers aspects des projets
immobiliers sans pouvoir obtenir de réponse claires. L'obligation commune à
l'ensemble de la collectivité de l'UQAM devrait uniquement être celle qui
incombe à toutes les universités, soit de résorber le déficit attribuable aux
choix de gestion dans l'organisation et le fonctionnement de la vie académique
et à s'assurer d'atteindre un état permanent d'équilibre budgétaire et ce,
dans l'intérêt général de la communauté", de poursuivre M. Corbo.

    URGENCE DE RETABLIR LA SITUATION FINANCIERE DE L'UQAM

    La direction de l'Université estime par ailleurs que la publication des
deux rapports du Vérificateur général relatifs à l'UQAM complète une enquête
exhaustive sur tous les événements et les acteurs reliés à la dérive
immobilière des dernières années. L'Université et ses partenaires doivent
dorénavant passer à l'étape cruciale des solutions à mettre en oeuvre pour
sortir l'UQAM de l'impasse financière, en y consacrant toutes les énergies
possibles.
    Le premier rapport du Vérificateur général publié en novembre 2007
analysait avec pertinence le lourd impact des pertes immobilières sur la
situation financière de l'UQAM et concluait que cette dernière ne pourrait
arriver seule à surmonter la crise financière. Sans ressources additionnelles,
le poids des dettes et des charges qui y sont associées entraverait le
fonctionnement de l'Université et reviendrait à étouffer son développement.
C'est pourquoi la fin de l'enquête conduite par le Vérificateur général doit
déboucher sur une période de mobilisation et de relance dans laquelle tous
ceux qui ont une influence et une responsabilité en regard de l'avenir de
l'UQAM doivent agir sans délai.
    L'UQAM a déjà commencé à faire sa part en instaurant un régime de rigueur
budgétaire qui lui a d'ailleurs permis de devancer son objectif en matière de
déficit d'opération comme en témoignent les résultats de l'an 1 du Plan de
redressement mis en oeuvre en juin 2007 et le budget provisoire d'opération
2008-2009 approuvé par le Conseil d'administration le 20 mai dernier. Si l'on
exclut les frais financiers, l'Université serait en mesure de ramener le
déficit anticipé d'opération de 4,4 millions de dollars à 900 000 dollars au
cours du prochain exercice qui s'amorce le 1er juin 2008.
    L'ensemble des unités académiques et administratives s'est imposé de
lourds sacrifices pour arriver à ce résultat. A titre d'exemple, le
renouvellement de la convention collective avec le Syndicat des chargées,
chargés de cours de l'UQAM (SCCUQ) le 9 mai dernier s'est fait en conformité
avec la politique salariale gouvernementale et prévoit une contribution
significative de ce syndicat au titre du redressement financier de
l'Université d'ici à 2011.
    L'UQAM ne pourra cependant appliquer pleinement toutes les mesures
contenues dans le plan de redressement déposé en mars dernier à la ministre de
l'Education, du Loisir et du Sport tant et aussi longtemps qu'un règlement
global de l'impasse financière provoquée par la dérive immobilière n'aura pas
été proposé par le gouvernement. C'est le cas de mesures qui impliquent des
tiers comme les syndicats, les associations, l'UQ et le MELS.

    APPEL AU GOUVERNEMENT DU QUEBEC

    Selon la direction de l'UQAM, l'engagement du gouvernement de prendre en
charge les frais de l'Ilot Voyageur doit enfin devenir une réalité qui fait
partie du règlement des dettes qu'elle ne peut assumer. C'est le cas notamment
des séquelles financières du Complexe des sciences Pierre-Dansereau. Ces
investissements sont essentiels pour réduire un fardeau financier insoutenable
et poursuivre la tâche d'assainissement des finances de l'Université avec pour
objectif, le retour à l'équilibre financier.
    Le recteur de l'UQAM a tenu à saluer l'ouverture manifestée le 4 juin
2008 par la ministre de l'Education sur ces questions lors de sa réaction
publique au rapport du Vérificateur général. "J'ai noté que la volonté ferme
de la ministre de résoudre l'impasse financière de l'Université coincide avec
la nôtre en plus de viser le même horizon, c'est-à-dire la rentrée de
l'automne 2008. Nous pourrons alors pour citer la ministre, retrouver notre
fierté, rétablir notre réputation et nous employer à faire de l'UQAM un pôle
d'excellence", de préciser M. Corbo.
    Par ailleurs, le recteur Corbo estime que le gouvernement devrait
également verser les subventions conditionnelles de l'ordre de 65 millions de
dollars qu'il retient encore. L'UQAM a fait la preuve qu'elle est engagée
depuis deux ans dans un processus rigoureux de retour à l'équilibre financier
et qu'elle ne mérite plus d'être privée de ces sommes importantes. Le non
versement de ces subventions entraîne des déboursés d'intérêts qui
représentent des montants importants que l'Université pourraient utiliser plus
judicieusement.
    "L'UQAM lance donc un appel non seulement au gouvernement du Québec, mais
également à tous les partis d'opposition et à l'Université du Québec afin
qu'ils mettent leurs efforts en commun dès maintenant pour trouver une
véritable sortie de crise à l'Université. Ils permettront ainsi à l'UQAM de
remplir pleinement sa mission de former les générations futures dans des
conditions qui l 'assurent de réussir et de contribuer au développement du
Québec. Après deux années de turbulences et d'incertitude, notre communauté
universitaire a désormais besoin de stabilité pour poursuivre ce qu'elle fait
de mieux : enseigner, former, chercher et créer", de conclure M. Corbo.

    
    NOTE :    Le texte complet de la réaction de la direction de l'UQAM est
              disponible à l'adresse suivante :
              www.uqam.ca/situationfinanciere/reaction.htm
    




Renseignements :

Renseignements: Daniel Hébert, directeur, Service des communications,
UQAM; ENTREVUES: Francine Jacques, directrice, Relations avec la presse et
événements spéciaux, Service des communications, UQAM, (514) 987-3111

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