Rapport de l'OCDE sur la présence du secteur privé dans la santé au Québec et au Canada : la solution se trouve dans le système public selon la CSN



    MONTREAL, le 14 nov. /CNW Telbec/ - Le dernier rapport de l'OCDE confirme
ce que la CSN dit depuis longtemps : le secteur privé est déjà très présent
dans les systèmes de santé québécois et canadien. "Pourquoi, alors, vouloir
faire plus de place au secteur privé ? C'est précisément un des mandats que le
gouvernement du Québec a donné au groupe de travail dirigé par l'ancien
ministre Claude Castonguay sur le financement de la santé", s'interroge la
vice-présidente de la CSN, Denise Boucher.
    Selon le dernier rapport biennal sur les soins de santé de l'OCDE,
Panorama de la santé 2007, le financement privé occupe 30 % au Québec et au
Canada alors que la contribution publique atteint 70 %. Elle est de 73 % pour
la moyenne des pays de l'OCDE. "Lorsqu'on se compare aux autres, on se rend
compte que le privé pèse plus lourd chez nous qu'ailleurs. Dans certains pays,
c'est un vent contraire à la privatisation qui souffle. Plusieurs ont même
accru la part de leur financement public parce qu'ils se rendent compte qu'un
système public de santé génère des économies appréciables sur les coûts", de
préciser Denise Boucher.

    Le privé coûte plus cher

    Une autre étude de l'OCDE (L'assurance-maladie privée dans les pays de
l'OCDE, novembre 2004) montre qu'un système à deux vitesses n'allège pas la
charge publique mais contribue plutôt à l'augmenter. En plus de refiler les
cas lourds au secteur public (parce qu'ils ne sont pas couverts par les
assurances privées), le secteur privé contribue à l'augmentation des coûts de
santé, notamment parce que les autorités gouvernementales exercent moins de
contrôle sur les activités et les prix du secteur privé. La recherche du
profit et les honoraires plus élevés contribuent à l'augmentation des coûts.
    Lorsqu'on analyse les données sur les dépenses totales de santé par
habitant dans les pays de l'OCDE, on constate que les cinq pays qui ont les
dépenses par habitant les moins élevées sont aussi ceux dont le financement
public occupe près de 75 % ou plus du financement total des dépenses de santé.
A l'autre extrême, les Etats-Unis, avec un financement public de 44 %, est le
pays qui a les dépenses de santé par habitant les plus élevées.

    Le Québec : bon dernier

    En matière de dépenses de santé, le Québec fait figure de cancre et
termine bon dernier de classe avec 2853 $ par habitant, comparativement à
3196 $ par habitant pour la moyenne canadienne. "Il s'agit d'un recul
important. A titre indicatif, en 1984, le Québec occupait le troisième rang",
rappelle la vice-présidente de la CSN.
    Le poids actuel des dépenses de santé dans le budget du Québec sert de
principal argument en faveur du recours au privé. Les dépenses de santé
accaparent 37 % des revenus budgétaires du gouvernement pour l'année
2006-2007. "Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les baisses d'impôts ont
fragilisé la situation. Si aucune baisse d'impôts n'avait été appliquée, les
dépenses de santé auraient évolué au même rythme que les revenus budgétaires,
et la proportion des dépenses de santé par rapport aux revenus serait de 34 %
en 2006-2007. Donc, sans baisse d'impôts, la situation serait bien meilleure",
argue Denise Boucher.
    Du point de vue de la CSN, l'injection d'argent frais dans le système
public de santé et de services sociaux est une condition essentielle pour que
celui-ci assume efficacement sa mission. Il est illusoire de penser que la
solution réside dans un recours accru à des cliniques privées financées par
des assurances maladie privées.

    Ottawa doit faire sa part

    Le gouvernement du Québec doit réclamer du gouvernement fédéral une
hausse des transferts fédéraux correspondant à 25 % des dépenses de santé des
provinces (recommandation du rapport Romanow, 2002). "Le gouvernement fédéral
profite, depuis plusieurs années, de surplus budgétaires en raison du
déséquilibre fiscal. La récente annonce de réduction d'impôts et de taxes de
60 milliards de dollars sur 6 ans est fort éloquente et confirme l'existence
d'une marge de manoeuvre sans commune mesure avec celles des provinces",
dénonce la leader syndicale.

    Non aux baisses d'impôts

    Le gouvernement provincial doit, quant à lui, renoncer aux baisses
d'impôts comme le souhaite 70 % de la population (sondage Léger Marketing, mai
2007), qui leur préfère une amélioration des services de santé et d'éducation.
"Il doit récupérer la baisse de la TPS de 1 % du gouvernement fédéral : une
marge de manoeuvre de 1,1 milliard de dollars", de conclure Denise Boucher.
    La Confédération des syndicats nationaux compte plus de
300 000 travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail,
tant dans le secteur privé que dans le secteur public.




Renseignements :

Renseignements: Michelle Filteau, directrice du Service des
communications de la CSN, bureau, (514) 598-2162, cellulaire: (514) 894-1326


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