Rapport de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire - "Une vision de développement, mais plusieurs moyens inadéquats qui divisent plutôt que de rassembler" - Le président de l'UPA



    LONGUEUIL, le 12 fév. /CNW Telbec/ - "Si, à certains égards, le rapport
de la Commission présente une vision de développement pour l'agriculture et
l'agroalimentaire, à d'autres égards, il propose souvent des moyens qui ne
seront pas à la hauteur du chantier proposé et qui même, parfois, sont
susceptibles de diviser plutôt que de rassembler."
    C'est le commentaire préliminaire qu'a émis, aujourd'hui, le président de
l'Union des producteurs agricoles (UPA), Christian Lacasse, après avoir pris
sommairement connaissance du rapport rendu public, en après-midi, par la
Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois
(CAAAQ).
    La Commission a retenu plusieurs éléments suggérés par l'UPA, largement
partagés au cours des audiences, dont notamment le concept de souveraineté
alimentaire à titre de canevas pour définir l'avenir de l'agriculture
québécoise. Elle réitère aussi la nécessité de soutenir notre secteur
d'activité et la légitimité de nos systèmes de gestion de l'offre.
    La Commission soutient également la promotion et de l'identification des
produits locaux et régionaux. Aliments du Québec est d'ailleurs présenté comme
pivot du renforcement de cette valorisation des produits d'ici. Dans un même
élan, la CAAAQ reconnaît la nécessité de garantir la réciprocité des exigences
(salubrité, environnement, etc.) à l'égard des produits importés.
    Toutefois, le rapport déçoit quand la Commission, au lieu de s'en tenir à
des orientations générales, propose des moyens particuliers qui,
paradoxalement, pourraient mettre en péril la réalisation de ce chantier
important pour l'avenir de l'agriculture au Québec.
    C'est ainsi qu'elle a beau, d'un côté, soutenir la pertinence de la Loi
sur la mise en marché des produits agricoles, elle n'en propose pas moins des
modifications à celle-ci qui vont à l'encontre de ses principes et de ses
mécanismes. Le tout équivaut à un effritement des pouvoirs de la Loi et
alourdit le processus de négociation entre les producteurs et les acheteurs.
    L'UPA s'interroge par ailleurs sur le réalisme des commissaires quand ils
remettent en question le Programme d'assurance-stabilisation des revenus
agricoles (ASRA). "L'ASRA comporte peut-être des lacunes, mais de là à jeter
le bébé avec l'eau du bain... L'abolir serait une solution extrême qui aurait
des répercussions considérables sur la santé financière de nos fermes", de
mettre en garde Christian Lacasse.
    Le président estime qu'une impression trouble se dégage des commentaires
des commissaires : "En soulignant la force, la solidité et la cohérence du
modèle agricole québécois, c'est comme si on voulait nous faire avaler plus
facilement la pilule, à savoir d'amoindrir le pouvoir et l'influence des
producteurs sur les grands enjeux de société reliés à l'agriculture ne
créerait aucun problème ni ne remettrait en question la viabilité du modèle.
L'UPA ne peut absolument pas souscrire à cette interprétation", affirme
Christian Lacasse.
    Ainsi, l'UPA est inquiète de voir que la CAAAQ envisage des modifications
à Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles qui
pourraient avoir pour effet de transférer certains pouvoirs aux MRC. "Les
terres agricoles représentent moins de 2 % de notre territoire, rappelle le
président de l'UPA; cette fragilité exige la surveillance d'un organisme
neutre et ayant l'expertise appropriée, soit nul autre que la Commission de
protection du territoire agricole."
    Quant à l'interpellation sur l'accréditation syndicale, l'UPA croit que
cette considération n'a tout simplement pas sa place quand plus de 94 % des
agriculteurs adhèrent volontairement à l'organisation. "C'est un non-sens
d'envisager le futur en remettant en question le principal outil qu'ils se
sont donné, historiquement, pour mieux faire face à ce même avenir. Le premier
ministre Jean Charest a d'ailleurs déjà souligné que ce n'était pas un des "
enjeux identifiés" et qu'il y avait des "choses plus préoccupantes "", a
rappelé le président de l'UPA.
    "A l'instar des commissaires, nous croyons que les Québécois bénéficient
d'un système remarquablement cohérent en agriculture. Il n'est certes pas
parfait et on peut l'améliorer. C'est dans cet esprit que nous accueillons ce
rapport et ses recommandations. Ce n'est que le début d'un processus qui doit
nous conduire à une véritable politique sur l'agriculture et l'agroalimentaire
québécois et à un agenda clair du gouvernement pour y parvenir.
    "Les producteurs et productrices agricoles, pour leur part, ne demandent
qu'à y contribuer pour mieux nourrir leurs concitoyens. Toutefois, cette
participation active ne pourra sûrement pas se réaliser dans un contexte
d'affaiblissement de leur pouvoir d'influencer leur propre avenir", de
conclure Christian Lacasse.




Renseignements :

Renseignements: Patrice Juneau, Conseiller aux affaires publiques, Union
des producteurs agricoles, (450) 679-0540, poste 8591; Source: Eliane Hamel,
Directrice des communications, Union des producteurs agricoles, (450)
679-0540, poste 8235


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