/R E P R I S E/ - Un PPP à quoi ça sert?



    MONTREAL, le 29 juin /CNW Telbec/ - Le Syndicat canadien la fonction
publique (FTQ), entend démystifier les partenariats public-privé (PPP) et les
vertus qui leur sont trop souvent attribuées. A l'heure où le gouvernement
Charest engage le processus d'appel de qualification pour fixer les conditions
à respecter par les entreprises qui construiront les deux méga-hôpitaux
montréalais, le SCFP pose des questions trop souvent passées sous silence.
    "Nous sommes en train de nous faire embarquer dans une croisade
idéologique, lance Michel Parenteau, directeur-adjoint du SCFP. Ceux qui
pensent que ces méga-hôpitaux vont nous coûter moins chers doivent aussi
croire aux contes de fées. L'expérience vécue ailleurs au Canada ou en Europe
est concluante, ça ne sera pas différent chez nous."

    De mystérieuses économies

    Le plus grand syndicat des services publics au Canada cherche en vain
comment les PPP pourraient nous faire réaliser les économies annoncées. Il met
même au défi Monique Jérôme-Forget de démontrer clairement comment ce mode de
construction et de financement pourrait faire sauver de l'argent aux
contribuables, ce qui nie même Pierre Lefebvre, le président de l'agence des
PPP.
    A cet égard, un petit exercice de question-réponse élaboré par le SCFP
nous démontre bien que les promoteurs des PPP surfent sur le mythe de
l'efficacité du secteur privé versus le secteur public. Malheureusement pour
eux, une telle affirmation ne résiste pas à l'épreuve des faits.

    
    - Est-ce que le consortium privé qui réalise le projet en PPP obtiendra
      des matériaux à plus bas prix? Pas plus que les compagnies privées qui
      travaillent en mode conventionnel, car ce sont les mêmes constructeurs.
    - Est-ce que les ouvriers seront payés moins cher? C'est impossible
      puisque les mêmes conventions collectives du secteur de la construction
      s'appliquent.
    - Est-ce que le consortium obtiendra des taux d'intérêts moins élevés
      pour le financement des projets? Au contraire, les firmes privées
      reconnaissent elles-mêmes qu'aucune organisation ne peut négocier de
      meilleurs taux que l'Etat.
    - Est-ce que l'argent investi ira directement aux infrastructures? Les
      grandes firmes privées qui négocient ces contrats avec l'Etat se
      réservent généralement une marge de profits de 10 à 20 % et souvent
      plus. Des dizaines de millions sont ainsi détournés des services de
      santé au profit de lointains et riches actionnaires.
    - N'est-il pas préférable de voir une partie du risque assumé par le
      consortium privé? Tout d'abord, il est impossible de savoir s'il existe
      un réel partage des risques avant la signature du contrat, dont les
      pourparlers sont toujours secrets. De plus, une compagnie peut faire
      faillite comme cela s'est déjà produit en Grande-Bretagne, et c'est
      alors le gouvernement qui ramasse les pots cassés.
    - Les délais et les coûts seront-ils respectés? Il n'y a pas de
      garanties. A Brampton en Ontario, le coût de l'hôpital construit en PPP
      a presque doublé, il a été livré avec un an de retard et il était plus
      petit que le projet initial. Le même phénomène s'est produit pour le
      Royal Ottawa Hospital. A Londres, le coût de la relocalisation de trois
      hôpitaux sur un site unique est passé de 770 millions à 1,7 milliard de
      dollars.
    - A terme, est-ce que l'entretien des bâtiments sera assumé avec plus de
      soin? Sûrement pas. Tourner les coins ronds permet de hausser les
      profits. De plus, dans les dernières années du contrat, quel intérêt
      aura le consortium d'investir dans l'entretien et la rénovation d'un
      immeuble qu'il devra bientôt céder à l'Etat. Il aura tout au contraire
      tendance à laisser à l'abandon des lieux qui ne seront bientôt plus de
      sa responsabilité.

    Pour le SCFP, il était d'ailleurs assez savoureux d'entendre le ministre
de la Santé, Philippe Couillard, affirmer sans sourciller que l'état parfois
lamentable de nos hôpitaux était le résultat d'un manque d'investissements
publics au cours des dernières années. "Nous partageons parfaitement ce point
de vue! C'est la responsabilité de l'Etat d'assurer des soins décents et
d'investir dans nos infrastructures. Il n'existe pas de raccourcis pour livrer
des services de qualité. Les PPP représentent des fuites en avant qui nous
coûteront plus cher, augmenteront notre dette publique réelle et les bâtiments
hérités par les générations futures réclameront alors des investissements
majeurs pour leur remise aux normes", de conclure Michel Parenteau.

           Ce communiqué et d'autres infos sur le site scfp.qc.ca
    




Renseignements :

Renseignements: Alexandre Boulerice, (514) 384-9681, poste 270, cell.
(514) 668-7148; Source: Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ)


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