/R E P R I S E/ - Rencontre entre la CSN et le groupe de travail sur le financement de la santé: Les assurances privées ne sont pas la solution



    MONTREAL, le 16 oct. /CNW Telbec/ - "C'est un groupe de travail attentif
et ouvert à questionner nos arguments que nous avons rencontré." C'est ainsi
que la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a résumé l'ambiance qui
prévalait lors de sa rencontre avec le groupe de travail sur le financement de
la santé. "Malheureusement, nous conservons la perception que le mandat de ce
groupe de travail est très restreint et qu'il ne scrute les problèmes qu'à
travers la seule lunette du financement et d'une ouverture accrue au privé.
"Nous croyons, quant à nous, que les seules solutions productives reposent sur
la consolidation du système de santé public."
    Au cours de cette rencontre qui a duré près d'une heure et demie, la CSN
a tenté de mettre en garde le groupe de travail contre un recours accru aux
assurances privées en vue de couvrir des services déjà assurés par le régime
public.
    Pour la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, le recours aux
assurances privées peut apparaître comme solution intéressante pour régler les
problèmes d'accès, mais il s'agit d'un leurre. "Tout le monde n'a pas les
moyens de se payer un régime d'assurance collective", explique
Madame Carbonneau. Par exemple, à la Fédération nationale des communications
de la CSN, 28 syndicats sur 41 qui ont répondu à un bref sondage n'avaient
aucun régime d'assurance collective.
    Le coût des régimes privés d'assurance collective a, en effet, connu une
croissance importante au cours des dix dernières années, due principalement à
l'augmentation du coût des médicaments. Chez l'assureur SSQ, la prime
d'assurance collective moyenne par adhérent, seulement pour la portion
d'assurance maladie comprenant les médicaments, a augmenté de 111 % entre 1996
et 2006, passant de 495 $ en 1996 à 1043 $ en 2006.
    Autre exemple : dans un des contrats d'assurance analysés par la CSN en
2005 (celui d'une municipalité), le coût mensuel de la prime d'assurance
maladie pour une famille est passé de 149 $ en 2001 à 234 $ en 2004, un bond
de 57 % imputable pour l'essentiel au coût des médicaments. Dans un autre cas
(un transporteur scolaire), la prime familiale d'assurance maladie a plus que
doublé au cours de la même période. L'impact de ces augmentations sur les
salarié-es n'est pas négligeable et a conduit certains groupes à réduire les
garanties offertes par leurs assurances collectives (la chambre d'hôpital
semi-privée ou privée n'est plus couverte, la liste des médicaments
admissibles a été réduite, les franchises ont augmenté, le remboursement pour
les soins de physiothérapie a été réduit de moitié).
    Pour les employé-es du secteur de la santé et des services sociaux (FSSS
et FP), de 1999 à 2007, la prime pour le régime de base est passée, dans le
cas d'une personne seule, de 330 $ à 759 $, une augmentation de près de 130 %.
Pour une famille, la prime du régime de base est passée de 765 $ à 1670 $ au
cours de la même période, une augmentation de 118 %. Pour les dix prochaines
années, il est estimé que la prime d'assurance maladie de base pour un
individu augmentera annuellement de 8,4 % (2101 $ en 2017) et la protection
familiale de 7,7 % par année (3509 $ en 2017).
    "De telles augmentations ont exercé une ponction substantielle sur les
revenus de certains travailleurs et ont poussé le coût des primes au-delà de
10 % du salaire dans le cas de salarié-es à faible revenu ou à statut
précaire. On a même vu des groupes de travailleuses et de travailleurs (par
exemple, dans le transport scolaire) être forcés d'abandonner leurs
protections d'assurance collective parce qu'ils ne pouvaient plus faire face à
la hausse des primes", a souligné la présidente de la CSN. "Avec un
désengagement des employeurs qui, de plus en plus, gèlent leur contribution,
c'est une crise de l'assurance collective qui pointe à l'horizon. Comment
pourra-t-on ajouter de nouvelles garanties pour des interventions
chirurgicales, comme celle de la hanche, du genou, des cataractes, et ainsi de
suite ?", se demande Claudette Carbonneau.

    L'expérience des pays de l'OCDE

    Les critiques de la CSN à l'égard d'un recours accru aux assurances
privées se fondent sur des études réalisées par l'Organisation de coopération
et de développement économique (OCDE) portant sur L'assurance-maladie privée
dans les pays de l'OCDE, publiée en novembre 2004. Cette étude reconnaît que
les systèmes de santé parallèles au système public favorisent les personnes
plus riches ainsi que celles qui sont plus jeunes, en meilleure santé ou qui
ont des problèmes de santé moins coûteux à traiter. Cette étude démontre aussi
que le développement de régimes privés d'assurance maladie a pour effet
d'augmenter les dépenses totales de santé, sans toutefois alléger la charge
publique. Selon l'OCDE, plusieurs facteurs contribuent à cette situation,
entre autres :

    - la possession d'assurance maladie privée incite les gens à consommer
    davantage de soins et de services médicaux, augmentant par le fait même
    les coûts;
    - les autorités gouvernementales exercent moins de contrôle sur les
    activités et les prix du secteur privé. Des honoraires plus élevés dans
    le privé et la recherche de profits contribuent à augmenter les coûts;
    - les cas lourds ne sont généralement pas admissibles, et donc non
    couverts par l'assurance maladie privée. Ils demeurent aux frais du
    régime public. C'est ainsi que ce dernier ne se trouve pas soulagé;
    - l'accès aux services dépend de la capacité de payer des personnes, les
    plus riches pouvant obtenir des services plus rapidement;
    - en déplaçant le peu de personnel disponible vers le privé, on ne
    résorbe pas les temps d'attente ni la pénurie de personnel dans le
    secteur public.

    Des pistes de solutions

    La présidente de la CSN a proposé au groupe de travail plusieurs pistes
de solutions. Pour la CSN, il faut investir dans un système moins centré sur
l'hôpital et davantage tourné vers des services de 1re ligne offerts dans la
communauté (groupes de médecine familiale, cliniques externes ambulatoires,
centres de jour, mesures sociales, prévention, soins à domicile). Les
problèmes de financement, de pénurie de personnel, de déficience dans
l'organisation du travail et des services et de gestion des listes d'attente
doivent être corrigés. La CSN croit qu'il faut miser sur les cliniques
publiques spécialisées plutôt que sur celles qui sont privées. "C'est dans la
consolidation des infrastructures publiques qu'il faut investir. Pour
maintenir un financement adéquat les gouvernements doivent arrêter de
continuellement baisser les impôts et plutôt se servir intelligemment de ce
puissant levier qu'est la fiscalité pour garantir un système de santé public
accessible à tout le monde", de conclure la présidente de la CSN.
    La CSN revendique une modernisation et une révision à la hausse des
couvertures publiques pour pallier notamment à des réalités comme la perte
d'autonomie et se déclare prête à ce que soit ouvert un débat sur un
financement équitable de ces nouvelles protections.
    La CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, tous
usagers des services de santé et des services sociaux dont une part importante
de la protection sociale repose sur l'existence d'un régime public et
universel de santé.




Renseignements :

Renseignements: Michelle Filteau, directrice du Service des
communications de la CSN, (514) 598-2162, cellulaire: (514) 894-1326


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