/R E P R I S E -- Réussite scolaire des garçons - Pour la CSQ, il faut miser sur les bonnes stratégies et faire fi des incantations vaudou/

MONTRÉAL, le 14 févr. /CNW Telbec/ - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et son président, M. Réjean Parent, déplorent certains discours spectaculaires s'apparentant à des incantations vaudou et rapportés depuis quelques jours dans les médias. Ces propos déplacés n'aident en rien l'amélioration de la réussite scolaire des garçons. Pire, cela ne fait que masquer les véritables enjeux entourant cette question.

« Le décrochage scolaire au Québec est un enjeu trop important pour qu'on le ratatine à des généralités gratuites, notamment que l'école "au féminin" nuit à la réussite des garçons et que, pour faire réussir les garçons, il faut donner plus de pouvoir et d'autonomie aux directions d'école. Nous dénonçons également l'opportunisme de certains universitaires, dont les propos "spectaculaires" ne font qu'attiser les passions sans apporter de contributions utiles à l'amélioration de la situation », indique le président de la CSQ.

Travailler les stratégies pour améliorer la réussite

Pour améliorer la réussite des garçons, la CSQ propose de miser sur l'intervention précoce et de revoir les méthodes d'apprentissage en première année, notamment en ce qui a trait aux stratégies entourant la lecture. Il faut aussi miser sur les ressources professionnelles et leur donner les outils nécessaires pour qu'elles puissent intervenir dès qu'un problème se pose ou est diagnostiqué.

« Certains pays n'hésitent pas à mettre une escouade dès qu'un problème se pointe chez les enfants. Ici, c'est tout le contraire : on attend souvent que la situation soit irrécupérable avant d'intervenir. Cherchez l'erreur. On peut bien se vanter de l'amélioration du taux de diplomation après 20 ans grâce à l'éducation des adultes. Mais pourquoi faut-il se rendre là pour y arriver ? Pourquoi ne pas miser sur la réussite dès le départ et mettre la machine en marche au moindre souci ? », ajoute Réjean Parent.

Les vraies causes du décrochage

Au lieu de traiter de propositions tantôt farfelues tantôt accessoires, il serait plus à propos de cibler les causes les plus déterminantes du décrochage : l'appartenance à un milieu défavorisé (plus de la moitié des décrocheurs) où la valorisation de l'éducation fait particulièrement défaut ainsi que la capacité de lecture et de compréhension de l'écrit sur lesquelles les garçons accusent d'importants déficits (retard de plus d'une année scolaire par rapport aux filles à l'âge de 15ans). « Certes, des interventions appropriées sur ces causes sont plus exigeantes et commandent la participation de tous les acteurs de l'éducation, mais elles seront assurément plus efficaces », ajoute le président de la CSQ.

L'école « au féminin » nuit à la réussite des garçons

Pour la CSQ, il n'y a pas de lien entre le genre du personnel enseignant et la performance scolaire des élèves. Pour certains, l'absence d'hommes à l'école priverait les garçons des modèles d'identification nécessaires à leur réussite scolaire. Pourtant, dans plusieurs pays occidentaux qui partagent sensiblement les mêmes caractéristiques que le Québec en matière de composition du personnel enseignant, les garçons réussissent plus ou sont très près des filles. C'est le cas, notamment, en Suisse (diplomation des garçons : 92 %, des filles : 88 %), aux États-Unis (garçons : 77 %, filles : 76 %) et en Allemagne (garçons : 97 %, filles : 98 %).

Par ailleurs, en formation professionnelle au Québec, là où les enseignants sont majoritaires (59 %) et là où les garçons seraient le plus susceptibles de mieux réussir que les filles, on n'observe aucune différence significative entre les filles et les garçons sur le plan de la réussite scolaire (réussite études temps plein chez les filles : 86,9 %, chez les garçons : 85,9 %). Au Québec toujours, 70 % des professeurs d'université sont des hommes. Pourtant, les garçons y réussissent moins bien que les filles.

Plus de pouvoirs aux directions d'écoles et plus d'autonomie aux écoles

Contrairement à la Fédération québécoise des directions d'établissement (FQDE), la CSQ ne croit pas qu'une plus grande décentralisation des pouvoirs permette d'anticiper une plus grande réussite des garçons. Depuis 1998, il y a eu une forte décentralisation des pouvoirs et des responsabilités vers les écoles augmentant passablement la capacité des directions d'établissement à organiser les interventions dans les écoles. Malgré cette marge de manœuvre supplémentaire, on n'a pas enregistré de diminution marquée du décrochage scolaire, tant chez les garçons que chez les filles, dans la dernière décennie.

« Sans un encadrement des initiatives locales, il y a un risque réel que des projets allant à l'encontre des mesures jugées efficaces pour aider les garçons à réussir soient mis en place dans les écoles. Pensons par exemple aux directions d'établissement qui "suggèrent" fortement de mettre en place des classes non mixtes alors que l'inefficacité de cette mesure a été largement démontrée », ajoute le président de la CSQ.

La tiédeur du ministère de l'Éducation

La CSQ déplore également la tiédeur du ministère de l'Éducation au sujet de la réussite scolaire des garçons. « Ce n'est pas en mettant un site web en ligne et en diffusant des publicités sur les ondes de RDS, sur le câble, qu'on réussira à améliorer la réussite des garçons. Le ministère de l'Éducation doit revoir ses pratiques et investir là où ça rapporte : dès la petite enfance », ajoute Réjean Parent.

La CSQ a d'ailleurs mis sur pied un groupe de travail sur la réussite scolaire des garçons et elle fera des recommandations à la ministre de l'Éducation.

La persévérance scolaire

La CSQ profite de l'occasion pour souligner positivement les nombreuses initiatives en provenance des régions du Québec à l'occasion des Journées de la persévérance scolaire. En matière de persévérance scolaire, il faut tous mettre la main à la pâte. En ce sens, nous ne pouvons qu'adhérer aux nombreuses initiatives mises de l'avant dans les milieux et qui contribuent à mieux accompagner les jeunes ayant des difficultés », conclut le président de la CSQ.

Profil de la CSQ

La CSQ représente près de 180 000 membres, dont près de 100 000 font partie du personnel de l'éducation. Elle est l'organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

csq.qc.net
twitter.com/CSQ_centrale

SOURCE CSQ

Renseignements :

Marjolaine Perreault
Attachée de presse CSQ
Cell. : 514 235-5082
perreault.marjolaine@csq.qc.net

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