/R E P R I S E -- Projets de loi sur la gouvernance des universités et des cégeps - La CSQ et le SPGQ dénoncent un virage inspiré du modèle du privé/



    MONTREAL, le 30 oct. /CNW Telbec/ - A la suite d'un "briefing technique"
convoqué à 24 heures d'avis par le ministère de l'Education, du Loisir et du
Sport (MELS), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations du
secteur collégial, la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep
(FEC-CSQ), la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ),
la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES-CSQ),
de même que le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement
du Québec (SPGQ) tiennent à manifester leur forte désapprobation à l'égard des
projets de loi portant sur la gouvernance des universités et des cégeps,
déposés aujourd'hui par le gouvernement à l'Assemblée nationale.
    Pour la CSQ, il ne fait aucun doute que la ministre Michelle Courchesne
et son gouvernement prennent une mauvaise direction. La vice-présidente de la
Centrale, Mme Diane Charlebois, accuse le gouvernement "d'utiliser la crise
financière survenue à l'UQAM comme prétexte pour imposer un virage inquiétant
et douteux en ce qui a trait à la gouvernance de l'ensemble des universités et
des cégeps au Québec".

    Un chambardement non nécessaire

    Mme Charlebois déplore que les deux projets de loi déposés, l'un pour le
réseau universitaire et l'autre pour les cégeps, viennent chambarder les
règles du jeu touchant la gouvernance des institutions d'enseignement
postsecondaire sans que cela soit nécessaire.
    "Le rapport du Vérificateur général avait clairement identifié les causes
des déboires financiers de l'UQAM, comme étant attribuables principalement à
l'irresponsabilité de certains gestionnaires, au-delà des règles de
fonctionnement en vigueur. Curieusement, plutôt que de s'attaquer à ce
problème, la ministre a préféré proposer des mesures qui accorderont une
emprise plus grande à des administrateurs externes sur nos institutions
publiques, créant un dangereux précédent sur leur indépendance", de dire
Mme Charlebois.

    Des intérêts économiques inquiétants

    Pour sa part, le président de la FEC-CSQ, M. Mario Beauchemin, renchérit
dans le même sens en dénonçant le fait que les nouvelles mesures auront pour
effet de doter les cégeps et universités d'un modèle de gouvernance
ressemblant fort à celui de l'entreprise privée.
    "Non seulement le contrôle de nos institutions publiques est cédé à des
administrateurs provenant de l'externe, mais de plus le gouvernement impose à
nos collèges et universités une culture de la performance qui est totalement
contraire à leur propre mission. C'est donc dire que des intérêts purement
économiques risquent maintenant de primer sur tout autre lié à la formation,
la recherche et la création, ce qui n'a aucun sens", déplore M. Beauchemin.

    Des solutions qui n'ont rien à voir avec le diagnostic

    De son côté, la présidente de la FPSES-CSQ, Mme Marie Racine, se
questionne sur la volonté de la ministre de copier les façons de faire du
secteur privé en matière de gouvernance, alors que ce sont justement ces
façons de faire qui sont responsables de la crise financière mondiale
actuelle.
    "Au moment où la réalité nous démontre que le secteur privé n'a pas de
leçon à donner à quiconque en terme de gestion, la ministre veut maintenant
nous faire croire que nos institutions seront mieux gérées si on fait une plus
grande place aux administrateurs provenant de ce secteur. C'est à se demander
si la ministre a bien lu le rapport du Vérificateur général sur les déboires
de l'UQAM puisque les solutions qu'elle propose n'ont rien à voir avec le
diagnostic qui avait été brossé", constate Mme Racine.

    Des administrateurs internes dignes de confiance

    Dans le même esprit, le président de la FPPC-CSQ, M. Bernard Bérubé, ne
comprend pas que l'on augmente le nombre d'administrateurs externes, alors que
le Vérificateur général n'a jamais reproché aux administrateurs internes
d'avoir failli à leurs devoirs à l'UQAM.
    "C'est le manque total de rigueur de la direction qui a été critiqué et
non pas le travail des administrateurs internes. Au contraire, c'est justement
grâce aux administrateurs internes, représentant les étudiants et le
personnel, que l'alarme a été sonnée concernant la situation financière à
l'UQAM. Pourtant, la ministre choisit maintenant de les remercier en réduisant
leur pouvoir au sein des conseils d'administration et en excluant certaines
catégories de personnel", regrette M. Bérubé.

    Un nouveau modèle de gouvernance douteux

    Par ailleurs, le président du SPGQ, M. Gilles Dussault, soutient que le
nouveau modèle de gouvernance proposé est loin de garantir une meilleure
gestion de nos institutions.
    "Ce n'est pas vrai que nos collèges et universités seront mieux gérés en
les confiant à des administrateurs qui ne connaissent rien aux défis
quotidiens de ces établissements. De même, la transparence ne s'améliorera
certainement pas en laissant, comme on s'apprête à le faire, à la discrétion
des administrateurs la décision de tenir leurs rencontres publiquement ou non.
Pour nous, une gouvernance transparente s'appuie sur la collégialité et
l'ouverture. Il ne fait aucun doute que les membres du personnel et les
étudiants du réseau collégial et universitaire sont les mieux placés pour
intervenir sur le devenir de ces institutions", déclare M. Dussault.

    Un mythe qui ne tient pas la route

    En terminant, la vice-présidente de la CSQ, Mme Diane Charlebois,
questionne le mythe de la prétendue indépendance d'administrateurs externes,
ainsi que la multiplication des mécanismes de contrôle.
    "L'idée voulant que les membres externes soient plus indépendants que les
membres internes repose sur des fondements douteux et un parti pris injustifié
pour le secteur privé. Au contraire, il ne fait aucun doute que les membres
externes peuvent eux aussi être sujets à d'autres types de conflits
d'intérêts. Quant à l'ajout des nouveaux mécanismes de contrôle proposés, il
est loin d'être certain que cela sera la garantie d'une gestion plus saine",
conclut Mme Charlebois.

    Profil de la CSQ et des fédérations

    La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) compte quelque 160 000 membres
et est la plus importante organisation syndicale en éducation. Elle est
composée de ses trois fédérations du collégial, soit la Fédération des
enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), la Fédération du personnel
professionnel des collèges (FPPC-CSQ) et la Fédération du personnel de soutien
de l'enseignement supérieur (FPSES-CSQ) Les syndicats universitaires de la
Centrale sont regroupés au sein de la Table des syndicats universitaires de la
CSQ.

    Profil du SPGQ

    Le SPGQ est le plus grand syndicat de professionnelles et professionnels
du Québec. Il représente plus de 19 000 personnes dont 17 000 de la fonction
publique et 2000 provenant des sociétés d'Etat, des réseaux de l'éducation et
de la santé du Québec, rattachées à 35 unités de négociation.




Renseignements :

Renseignements: Claude Girard, Agent d'information CSQ, (514) 237-4432


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