/R E P R I S E -- Le lock-out au Journal de Québec dure maintenant depuis 10 mois/



    QUEBEC, le 20 fév. /CNW Telbec/ - Vendredi, le conflit de travail au
Journal de Québec entrera dans son onzième mois. Aucune reprise des
pourparlers entre les parties n'est envisagée pour le moment par le
conciliateur nommé par le ministère du Travail. Le 2 mars, le lock-out au
Journal de Québec deviendra aussi le plus long conflit à survenir dans un
quotidien francophone au Canada, dépassant en durée celui du Soleil en
1977-1978.
    D'autre part, le MédiaMatinQuébec publie aujourd'hui son 200e numéro. Le
quotidien gratuit distribué à 40 000 exemplaires par les syndiqués est le
principal moyen de pression des travailleurs.
    Selon le porte-parole des 252 travailleurs du Journal de Québec, Denis
Bolduc, ce moyen de pression pourrait prendre encore plus d'ampleur. "Nous
examinons présentement plusieurs scénarios. Compte tenu de l'intérêt toujours
grandissant du public pour notre quotidien, je ne vous cache pas que nous
examinons présentement plusieurs possibilités comme l'augmentation du tirage
ou encore l'ajout de nouveaux points de distribution. D'ailleurs, notre
publication régulière est de 24 pages, mais dans les derniers mois, souvent
nous avons eu des éditions de 28, 32 et même 36 pages."
    Les employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec sont sous
le coup d'un lock-out décrété par l'employeur le 22 avril. Avant le
déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats n'avait demandé de mandat
de grève à ses membres ni même exercé de moyens de pression. En solidarité
avec leurs collègues jetés sur le trottoir par la décision de Quebecor/Sun
Media, les employés de l'imprimerie ont voté la grève à 97 %.

    Lock-out par -dessus lock-out

    La méthode forte, celle qui consiste à mettre ses employés à la rue pour
forcer des concessions, est une habitude pour Quebecor Media. Dans les dix
dernières années, soit depuis le décès du fondateur Pierre Péladeau père,
l'entreprise a mis ses employés syndiqués en lock-out à neuf reprises.
    Par comparaison, on peut se demander combien de lock-out ont eu lieu du
temps où le père Péladeau était toujours vivant. Réponse : de 1987 à 1997,
soit pendant les dix dernières années de sa vie, trois lock-out ont été
décrétés et tous au Journal de Montréal en 1993-1994. Qui menait les
négociations patronales au Journal de Montréal à cette époque? Pierre-Karl
Péladeau, l'actuel président de Quebecor.
    Voici la liste des lock-out survenus dans l'empire Quebecor dans les 15
dernières années et qui portent tous la même signature.

    
    Journal de Montréal (Préparation)
    19 septembre au 6 février 1994

    Journal de Montréal (Pressiers)
    11 octobre 1993 au 8 mars 1994

    Journal de Montréal (encarteurs, expédition, deux accréditations)
    11 octobre 1993 au 17 mars 1994(*)

    Vidéotron Télécomm                    78 jours          112 travailleurs
    30 avril au 16 juillet 2002

    Vidéotron Montréal(*)                360 jours         1800 travailleurs
    8 mai 2002 au 2 mai 2003

    Vidéotron Québec(*)                  360 jours          313 travailleurs
    8 mai 2002 au 2 mai 2003

    Groupe TVA Montréal(*)                 7 jours            7 travailleurs
    3 au 9 juillet 2003

    Groupe TVA Estrie                     67 jours            6 travailleurs
    30 janvier au 5 avril 2004

    Journal de Montréal (Vendeurs)        36 jours           44 travailleurs
    9 février au 15 mars 2004

    Journal de Montréal (Pressiers)(xx)  114 jours  Plus de 100 travailleurs
    22 octobre 2006 au 12 février 2007

    Journal de Québec (Bureau)             ? jours           68 travailleurs
    22 avril 2007 à ce jour

    Journal de Québec (Rédaction)          ? jours           69 travailleurs
    22 avril 2007 à ce jour

    - (*)  Lock-out et grève
    - (xx) Lock-out déclaré illégal par le tribunal
    

    La gestion par le conflit

    Cette agressivité administrative ne semble pas viser uniquement les
groupes syndiqués. Le style de direction de Pierre-Karl Péladeau fait
régulièrement l'objet de remarques peu élogieuses dans les médias.
    A titre d'exemple, lors des récents déboires de Quebecor World (QW), on
pouvait lire dans le quotidien financier et économique britannique, Financial
Times (FT), que la façon de gréer de Pierre-Karl Péladeau avait souvent été
citée comme une des sources des problèmes de QW. Le FT rappelait aussi que QW
avait eu six PDG en 10 ans. ("But Mr Peladeau's headstrong management style is
often blamed for contributing to Quebecor World's troubles. The company has
had six chief executives over the past ten years." Financial Times London
Ed1COMPANIES - INTERNATIONAL, Tuesday, January 22, 2008, p. Page 25)
    Dans un autre article, le FT citait un dirigeant d'une compagnie de
câblodistribution qui mentionnait que la devise de Pierre-Karl Péladeau semble
être "Mettez à porte tous ceux qui ont de l'expérience." ("But Pierre-Karl's
tenure has been marked by a succession of upheavals. The respected head of one
cable-TV operator acquired by Quebecor remarked that Pierre-Karl's motto
seemed to be: "Fire all those who have experience." Indeed, the printing group
has run through six chief executives in 10 years." Financial Times Asia Ed1
OBSERVER, Tuesday, January 22, 2008, p. Page 10)
    Plus près de nous, le Toronto Star écrivait que Quebecor est une "porte
tournante pour des PDG de talent qui perdent la faveur de PKP". ("The problems
here are entirely familial. Quebecor is famously a revolving door of talented
executives who have fallen out of favour with "PK" - Pierre Karl Peladeau."
Site Internet Toronto Star, http://www.thestar.com/columnists/article/297934)
    Ces prises de position extrêmes ne surviennent pas uniquement envers ses
employés. On se rappellera que l'an dernier, l'attitude de Quebecor dans le
dossier du Fonds canadien de télévision (ou fonds des câblos) avait soulevé la
colère d'à peu près tous les acteurs du domaine de la production télévisuelle.
A la suite de cette controverse publique, Quebecor a intenté une poursuite de
deux millions de dollars à l'endroit d'un patron de Radio-Canada qui avait
qualifié ce comportement "de voyou".

    Rappel du conflit

    Depuis la fondation du Journal de Québec en 1967, aucun conflit de
travail n'avait eu lieu. Il y a environ deux ans, tous les employés syndiqués
du Journal avaient accepté de reconduire la convention collective pour un an
en partenariat avec l'employeur pour mieux le concurrencer son concurrent, Le
Soleil, qui passait au format tabloid.
    Depuis le 24 avril 2007, les employés en conflit publient et distribuent
cinq jours semaine le MédiaMatinQuébec, un quotidien gratuit, pour rappeler
leur cause à la population de Québec. Quebecor/Corporation Sun Media a
entrepris plusieurs recours judiciaires pour empêcher la publication du
MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches ont échoué.
    Malgré le conflit, le Journal de Québec continue d'être publié. Il est
imprimé principalement à Mirabel. Dans une décision rendue le 23 août 2007, en
application de l'article 109 du Code du travail (dispositions anti-scabs), la
Commission des relations du travail (CRT) du Québec a ordonné à la direction
du Journal de Québec de cesser de recourir aux services de quatre personnes
qui remplissaient les fonctions de salariés en conflit. De nouvelles plaintes
concernant l'utilisation de travailleurs illégaux ont été déposées par les
syndicats en octobre et novembre 2007. Au total, ces plaintes visent
17 personnes. Des audiences de la CRT sur ces plaintes ont eu lieu les 14 et
28 janvier. Elles se poursuivront les 12 et 14 mars. Lors des premières
audiences, le rédacteur en chef du Journal de Québec, Serge Gosselin, a
déclaré sous serment qu'il n'estimait "pas pertinent" pour lui de savoir qui
sont les auteurs des articles provenant de Canoe et qui sont publiés dans son
quotidien en lockout.
    D'autre part, le 5 février, le Journal de Québec, le portail Internet
Canoe et le journaliste de Canoe Hubert Lapointe ont plaidé non-coupables à
des accusations criminelles pour avoir, l'été dernier, divulgué le nom d'une
victime d'agression sexuelle malgré une ordonnance de non-publication de la
Cour. Cette affaire reviendra devant le tribunal le 15 avril. Hubert Lapointe
est l'une des 17 personnes visées par les plaintes sur l'emploi de scabs.




Renseignements :

Renseignements: Denis Bolduc, porte-parole des syndiqués en conflit,
(418) 564-8772; Robert Bellerose, Information SCFP, cell. (514) 247-9266;
SOURCE: SYNDICAT CANADIEN DE LA FONCTION PUBLIQUE

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Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ)

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